‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 258 sur 524 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

écrit au P. Réginald % de l'ordre de Saint-Dominique, qui enseignait alors la théologie dans leur maison de Tolose.

On vit paraître aussi en la même année : Le Concile de la grâce, ou réflexions théologiques sur le second Concile d'Orange et le parfait accord de ses décisions avec celles du Concile de Trente, par André Dabillon, docteur en théologie, et grand vicaire de M. l'évêque d'Amiens; avec approbation et privilège du roi.

La circonstance du temps rendit ce livre d'autant plus considérable qu'il fut publié pendant la plus grande chaleur des disputes d'Amiens, et lorsque l'intrigue des Jésuites avait saisi le conseil privé du roi d'une affaire si importante. Aussi ces Pères ne purent s'empêcher d'en témoigner dès lors leur chagrin, et le P. Labbe 2 ayant répandu la même année un libelle d'une feuille sous le nom d'Errata de l'imprimerie de Port-Royal, employa la dernière page à chicaner sur le privilège de l'édition de ce Concile.

Les instances continuelles que ces Pères faisaient à Rome auprès du pape Innocent X pour presser dès le commencement de son pontificat l'exécution de la bulle de son prédécesseur attirèrent de sa part un très grand nombre de

texte qui figure ici est celui qui était primitivement au ms. de la main d'Hermant. Mais il a été entièrement barré et voici ce qui se lit à la marge, d'une autre main :

Comme la contestation touchant la grâce de J.-G. s'échauffait toujours de plus en plus, il parut plusieurs livres ou écrits sur ce sujet pendant cette année. On avait publié dès l'année précédente un traité en forme de thèse qui portait pour titre : Question théologique, historiqueet du droit ecclésiastique, où Von examine quel a été le sentiment du Concile de Trente touchant la science moyenne et la grâce efficace. Cet écrit était fort curieux, car il contenait beaucoup de choses particulières touchant ce qui s'était passé dans les célèbres congrégations de Auxiliis, sous les papes Clément Vlll et Paul V, dont les savants n'avaieat eu jusqu'ici qu'une connaissance fort confuse, les actes de ces congrégations n'ayant jamais paru. La publication de cet écrit attira une réponse fort aigre pleine d'injures et d'invectives, qu'on attribuait au P. Annat, jésuite, et le théologien qui avait publié ces thèses se crut obligé d'y répliquer par d'autres thèses qu'il intitula : Thèses apologétiques... etc.

1. Antoine Ravaille (1605-1676), dominicain sous le nom de P. Réginald.

2. Philippe Labbe, jésuite célèbre, auteur d'ouvrages considérables (1(107-1661), professa la littérature, la théologie et la philosophie;

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brefs, el ils en marquenl jusqu'à treize, adressés à différentes personneset a plusieurs corps, comme au marquis ,1,. Caste! Rodrigo1, gouverneur d<*s Pays-Bas, à MM. les archevêques de Malines et de Cambrai, à MM . les évéques

d'Anvers, de Gand, de Bruges, d'Ypres, de Ruremonde, de Tournai, de Namur, de Saint- Orner, à tous les docteurs et professeurs de Sorbonne, aux universités de Louvain et de Douai.

Cependant les écrits se multipliaient de jour en jour sur cette matière. Du côté des Jésuites et de leurs partisans on vit paraître dans le cours de cette année un livre des Miséricordes de Dieu, far le P. Yves, capucin; un ouvrage latin du P. Deschamps, jésuite, sous le nom d'Antonius Ricard, intitulé : Défense de la censure de la sacrée Faculté de théologie de Paris du 21 juin de l'année 1 560, ou dispute théologique touchant le libre arbitre. — L'apologétique de la foi en langue latine, par le P. Bagot», jésuite. — Un avis charitable à l'apologiste de Jansenius, pour la défense de dom Pierre de Saint-Joseph, Feuillant, par lui-même ; et une Réponse à l'application de la censure et à l'analyse du livre de la Fréquente communion. Le P. Séguin, jésuite, est reconnu par ses confrères pour auteur de cet écrit.

D'un autre côté, les disciples de saint Augustin, qui étaient attaqués tout à la fois par tant d'adversaires différents, tâchaient de s'acquitter de leur devoir pour ne pas abandonner la vérité à la discrétion de ceux qui avaient conjuré son oppression. Ils mirent au jour en ce temps-là, en notre langue, un recueil de divers ouvrages, touchant la grâce, qui contenait : Un abrégé de la doctrine de saint Augustin, touchant la grâce, par Florent Conrius, archevêque de Tuam en Hybernie. — Les Censures des deux Facultés de Louvain et de Douai, contre les opinions de Lessius, professeur des Jésuites, touchant la grâce. — Un Mémoire présenté au pape et aux cardinaux par les docteurs députés de l'Université de Louvain, pour la défense de M. Jansenius, évêque d'Ipres. — La Réponse à un extrait de quelques propositions

1. Ambassadeur à Rome eu 1636, et gouverneur des Pays-Bas en 1644. Il mourut eu 1651.

2. Jean Bagot, jésuite, (1580-1664) fut théologien du Père Général et censeur des livres à Rome. Outre son Apologeticus fidei, il faut citer Defensio juris episcopalis, qui fut condamné par l'assemblée du clergé

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