LIVRE IV
du Concile de Trente et de Jansénius, où est prouvée la conformité de la doctrine de ce concile avec celle de ce prélat. — La Réponse à François Irénée, touchant la grâce et la pénitence. — La Censure d'un livre publié par le P. Sirmond, intitulé : Prœdestinatus. — Des Considérations sur une censure prétendue de la Faculté de Paris louchant des propositions de la grâce et de la liberté. Quelques-unes de ces pièces avaient déjà été imprimées; mais comme quelques-unes étaient latines, on en fit la traduction en faveur de ceux qui n'avaient pas l'intelligence de cette langue.
On donna aussi une seconde édition de Y Apologie de M. de Saint-Cyran, augmentée de deux parties, pour répondre au mémoire de M. de Langres que les Jésuites produisaient sans cesse, pour ternir la réputation et déshonorer la mémoire de ce savant et vertueux abbé.
Mais le plus célèbre de tous les ouvrages de cette année fut la Seconde Apologie de Jansénius, que M. Arnauld avait dictée dans sa solitude, lorsque le feu de la persécution était allumé contre lui avec plus de chaleur et de violence. Il ruina, par ce livre plein de lumière et de doctrine, la réponse que M. Habert, théologal de Paris, avait faite à la première apologie, dans sa Défense de la Foi de l'Eglise; et on trouve à la fin de cet ouvrage en latin et en français, un écrit du Pape Clément VJJ1, présenté à la congrégation de Auxiliis, dans lequel les principales maximes de la doctrine de saint Augustin touchant la grâce de J.-C. sont proposées et confirmées par un grand nombre de témoignages de ce saint docteur.
Comme on n'avait publié que la première partie de cette seconde apologie, tous ceux qui croyaient que la suite pouvait être d'une grande utilité la demandaient avec instance. Mais M. Arnauld fut bien aise que le silence involontaire de M. Habert lui donnai lieu de se taire volontairement, et lui permit d'adorer plutôt la vérité souveraine et éternelle de Dieu dans le repos et la paix du cœur, que de combattre dans des livres les pensées trompeuses et les vaines imaginations des hommes. De sorte que, comme l'on jouit durant quelque temps d'un assez grand calme, il ne publia aucun écrit sur ces matières contestées jusqu'en l'an 1649.