LIVRE IV
eux et en leur nom devant Sa Sainteté ' pour y défendre le livre qu'ils avaient approuvé, avec les soumissions dues par tous les fidèles à son autorité apostolique'; qu'il espérait que Sa Sainteté aurait agréables les très profonds respects qu'il venait lui rendre, non plus en son nom seulement, mais au nom de ces personnes très illustres et très doctes3. En disant cela il lui présenta sa lettre, qu'il reçut avec témoignage de joie. Et il ajouta qu'il espérait encore qu'elle les écouterait favorablement en sa personne dans la justification de leur cause, et qu'après en avoir été convaincue par elle-même, elle condamnerait au silence leurs téméraires et injustes accusateurs.
A cela Sa Sainteté répondit, avec une grande bonté, qu'il n'aurait pas dû attendre la procuration des approbateurs pour le venir voir; que sa chambre était ouverte à tous les fidèles, mais que les docteurs de Sorbonne y seraient toujours les très bien venus, et surtout ceux qui, comme lui, y venaient traiter et conférer de matières théologiques et ecclésiastiques pour en apprendre la décision de la bouche même de l'Église romaine, qui est la mère et la maîtresse de toutes les autres ; qu'il avait su qu'il était à Rome, et était bien aise qu'on lui eût donné satisfaction dans le Saint Office, en l'y recevant pour contradicteur, comme en effet cela était de justice. Que puisqu'on lui avait accordé avec tant de facilité d'être entendu au Saint Office, il devait s'assurer que ce serait avec beaucoup de joie qu'il accorderait aux très illustres approbateurs les archevêques et évêques de France ce qu'ils désiraient de lui; que c'était peu de chose au prix de l'affection qu'il avait de les servir et de les obliger, et de la grande estime qu'il avait de leur vertu; qu'il y en avait quelques-uns dont les personnes et le mérite lui étaient connus, ayant demeuré autrefois en France, et conversé familièrement