‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 279 sur 524 · Ms. « Le Saint Siège · texte numérisé non relu

Ms. « Le Saint Siège

2. Ce passage, depuis avec les soumissions est barré au ms. de telle façon qu'on ne peut lire ce qui a été raturé et remplacé.

3. Au m*, après doctes : se promettant de sa bonté qu'il les écouterait favorablement en sa personne dans la justification de leur cause, et qu'après en avoir été informée par elle-même, elle condamnerait au silence leurs téméraires et injustes accusateurs. Sa Sainteté ayant reçu avec de grands témoignages de joie la lettre qu'il lui présenta, lui dit avec une grande bonté qu'il n'aurail pas dû, etc.

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avec eux; qu'il les assurât de sa bienveillance, non senlemcul dans la présente occasion, mais en toute autre ren-

!°n "étendit ensuite sur les louanges de l'Église gallicane, sur le grand nombre d'évêques doctes, saints et exemplaires qu'elle avait produits et quelle produit tous les jours De la il passa avec une éloquence facile et naturelle (ma,s toujours dans son langage italien, quoique M. Bourgeois lu, parlât latin), au bel ordre qu'il avait remarqué en France dans les paroisses, et particulièrement dans celles de Pans ou il avait demeuré plus longtemps, regrettant que la même chose ne se pratiquât pas dans Borne. 11 lui témoigna que c'était avec plaisir qu'il rappelait dans sa mémoire et racontait de temps en temps ce qu'il avait vu dans ég .se Saint-Eustache, un jour d'une simple fêle toute 1 église pleine de monde, dont la modestie, le silence et la dévotion l'avaient tout à fait édifié; ajoutant qu'il autoriserait toujours, autant qu'il serait en lui, tout ce qui favoriserait un si bel ordre, le plus juste, le plus naturel et le plus ancien

11 finiTen lui disant qu'il regardait l'affaire qui lui était recommandée comme très importante, non seulement puisqu'ils'y agissait de l'usage du sacrement de pénitence, le plus ordinaire et le plus nécessaire de tous, mais aussi par la qualité de l'auteur et des approbateurs; qu'il y procéderait avec toute la maturité possible; qu'il se donnerait de garde des surprises et s'en instruirait par soi-même, ne pouvant croire que tant de personnes de la première qualité du royaume, et de la plus haute réputation pour la science et pour la prudence, eussent pu s'engager mal à propos en une approbation de cette nature; qu'il assurât 1 auteur du livre et les illustrissimes approbateurs qu .1 ne portait a cet examen qu'une très grande estime pour eux et une affection très sincère de les servir; que pour uni donnerait ordre qu'on lui accordât les audiences qu il demanderait- qu'il en usât avec toute liberté, et qu'il serait bien aise de le voir de temps en temps, pour apprendre l'état de son affaire et conférer avec lui.

M Bourgeois ayant très humblement remercie Sa M"'teté'de toutes ces marques de sa bienveillance, lu. avoua qu'il ne pouvait arrêter les témoignages de la joie qu U

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ressentait de se voir en assurance contre ce qui avait été jusqu'alors le plus grand sujet de sa crainte et de tous ceux qui s'intéressaient en cette cause, savoir que leurs parties, qui se vantent d'être toutes puissantes à la cour de Rome, n'obtinssent quelque censure par surprise avant qu'il eût pu se faire entendre; qu'il commençait à croire qu'ellesn'étaient pas si puissantes qu'elles se vantaient de l'être ; qu'il les connaissait comme des personnes très dangereuses en matière d'accusations et de calomnies, subtiles à les inventer, hardies à les publier et à les répandre de toutes parts, et habiles à les colorer de mille prétextes spécieux, pour leur donner quelque vraisemblance. Que la crainte qu'il avait eue de quelque surprise par leurs intrigues et par celles de leurs amis l'avait obligé de se présenter seul au Saint Office et d'y demander audience, comme approbateur, avant l'arrivée de la procuration des évêques et des docteurs approbateurs; qu'il savait que leurs partisans pressaient très vivement les rapports des officiers et des théologiens nommés à l'examen et à la censure de ce livre; que les fers en étaient au feu, et que le seigneur Albizzi, dans la crainte que son intervention n'en arrêtât le jugement, ne lui avait vou'u donner que huit jours pour répondre aux objections des adversaires, ajoutant en même temps que le jugement de ce livre n'en serait pas retardé d'un seul moment ; mais que puisque Sa Sainteté avait la bonté de l'assurer que rien ne se ferait par surprise, ni avec précipitation, que tout se passerait dans les formes, et qu'elle voudrait bien prendre le temps et se donner la peine de s'en instruire par elle-même, il croyait tout en sûreté, et que si au commencement de son audience, il lui avait dit, avec sa sincérité ordinaire, qu'il espérait, étant fondé sur la justice de Sa Sainteté et sur le mérite de sa cause, il pouvait lui dire présentement qu'il ne craignait plus, n'étant pas possible que les grands témoignages qu'il lui donnait d'une bonté et d'une charité égales à sa justice ne fussent le Fondement solide de sa confiance. Il finit en disant à Sa Sainteté qu'il serait toujours prêt et tiendrait à un très grand honneur de lui donner les éclaircissements qu'elle lui demanderait sur les difficultés du livre dont il s'agissait : qu'il espérail lui donner nue pleine et entière satisfaction, et lui faire voir que la bonne opinion qu'elle lui avait té

moignée de la doctrine et de la prudence des approbateurs de cet ouvrage élail très conforme à la vérité, ne doutant pas que Sa Sainteté n'en eût de la joie. Le pape l'en assura tout de nouveau, lui donna sa bénédiction, et lui ordonna d'aller voir son secrétaire, le cardinal Pancirole'.

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