‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 325 sur 524 · Jean-Baptiste Ragon, jésuite · texte numérisé non relu

Jean-Baptiste Ragon, jésuite

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apporterait les informations, afin que les brouillons fussent punis. Mais comme il était prêt de faire cette information,

la reine le pria d'en demeurer là, et de ne pousser plus

avant.

Après toutes ces violences, les Jésuites lui firent promettre les premières dignités de L'Église, pourvu qu'il voulût changer de méthode, et ne plus alléguer si souvent qu'il faisait les Pères; mais le voyant si ferme et si intlexible, ils mirent tout en usage pour décrier sa doctrine, soit par la voix de leurs prédicateurs, soit par des billets qu'ils faisaient tomber du haut des voûtes des églises où il prêchait, dans le temps même où il ravissait actuellement l'esprit de ses auditeurs. On avait prévenu contre lui la reine régente, mère du roi, et elle l'avait en aversion, depuis que l'ayant été entendre à Saint- Eustache, il avait parlé contre les plaisirs des sens, et particulièrement contre les parfums. Les intrigues de ses ennemis avaient même porté M. le comte de Brienne1 à lui ôter l'instruction de Messieurs ses enfants, et à le faire sortir honnêtement de sa maison. Mais les plus violents efforts de la cabale n'avaient servi jusqu'à ce temps-là qu'à relever son mérite et accroître sa réputation, et ceux mêmes qui voulaient bien servir d'émissaires aux Jésuites en écoutant ses prédications pour l'observer et pour en tirer occasion de le noircir de calomnies, en sortaient souvent pleins d'étonnement pour ses rares et excellentes qualités.

11 avait été retenu pour prêcher le carême dans l'église de Saint-Merry en 1648, et tout le monde se préparait à entendre de sa bouche de nouvelles marques de la solidité de sa doctrine et de l'ardeur de son zèle; mais un sermon qu'il avait fait à Saint-Gervais pour la fête du Nom de Jésus ayant choqué le P. Castillon», jésuite, qui prêchait les dominicales, il l'avait déchiré le dimanche suivant, dans son sermon, d'une manière si scandaleuse et si cruelle que M. l'archevêque de Paris s'était trouvé obligé de l'interdire; et comme les Jésuites en étaient piqués jusqu'au

1. Henri-Auguste de Loméuie, comte de Hrieuue (1595-1666), secrétaire d'Etat aux affaires étrangères eu 1643.

2. Audré Castillou, jésuite (1599-1611), n'est guère connu que par sou animosité contre le P. Des Mares.

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