‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 330 sur 524 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

de Vincentius Lenis; et feignant qu'il y avait de nouveaux manichéens qui combattaient la loi et Moïse, il fit en latin un ouvrage De la Loi et de laGrâce qu'il dédia à M. Habert, élevé depuis peu au siège épiscopal de Vabres, ne lui épargnant pas les éloges de ses travaux, dans un temps où il méritait plutôt la consolation de ses amis, pour avoir sacrifié sa réputation aux intérêts des Jésuites. Il publia aussi la réfutation de la Thériaque du même auteur.

Cependant le docteur contre lequel ils écrivaient ne leur paraissait pas un adversaire si peu considérable qu'ils crussent se devoir contenter d'une seule réponse. Le P. Deschamps se mit aussi sur les rangs pour seconder le P. Petau, son confrère, et publia deux ouvrages, dont l'un était intitulé : Réponses aux objections Vincentiennes, par lesquelles on montre que la Thériaque de Vincentius Lents, c'està-dire, de Libert Fromond, est un venin très mortel, et il répondit aussi à la lettre de ce docteur dans une seconde édition de ce livre.

Le P. Jacques Sirmond publia aussi vers ce même temps son Histoire prédestinatienne, et le P. de la Porte, carme, Les conduites de la grâce sur les âmes pécheresses.

Mais les ouvrages qui firent le plus de bruit en cette année furent un écrit du Père Véron1 intitulé : La condamnation de la doctrine des Jansénistes par cinq conciles, ou Jansenii Gothescalcus* haereticus,et Le bâillon des Jansénistes, présenté à la reine, par le P. Véron.

Ce dernier libelle était rempli non seulement d'injures et de calomnies, mais même de maximes scandaleuses préjudiciables au salut des fidèles, et capables de troubler la tranquillité publique. M. le lieutenant civil se crut obligé de le faire supprimer, et ayant mandé pour cet effet le syndic et les jurés des libraires, il leur ht défense de le vendre, et donna ordre que sa sentence fût imprimée et affichée.

Mais au lieu que le libelle du P. Véron avait paru jus-

{. François Vérou, jésuite (1575-1649).

2. Gothescalc, surnommé Kulgence, bénédictin du i*e siècle, en* teignait que Dieu nécessite les hommes à se sauver ou à se perdre. Il fut [tour cela anathématisé par Raban Maur, ai.-dievêque de Mayeuce, puis enfermé par ordre d'Ilinemar, archevêque de Reims, dans l'abbaye d'Orbaifl où il mourut vers 868.

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qu'alors sans approbation, il en fit venir une de Troyes, qui lui fut donnée par le I*. Chameau, docteur cordelier, et upposa une fausse d'un autre docteur, aussi cordelier, qui était à Chartres, et ajoutant ces deux approbation- à son libelle, il le fit débitera Paris, après Pâques.

Le deuxième jour de mai, M. Guillebert, docteur di bonne, se plaignit dans l'assemblée de la Faculté de ce libelle. [Voyez le reste dans le Journal de Saint-Amour, lre partie, ch. m, p. 5-6.]

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