‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 329 sur 524 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Quelques écrits publiés en cette année pour et contre la doctrine de saint Augustin.

L'un des plus considérables ouvrages qui fut publié cette année pour l'éclaircissement de la doctrine de la grâce fut un recueil de plusieurs passages de saint Augustin, de saint Prosper et de saint Fulgence, liés ensemble pour former une chaîne précieuse qui représentait les principales vérités :e mystère si profond. M. Sinnich, qui en était l'auteur, n'y avait contribué du sien que le titre des chapitres, et l'enchaînement des passages; mais comme il avait lu avec une très grande exactitude ces trois saints docteurs de l'Eglise, il on avait ramassé avec un grand soin toutes les

l. Philippe-Emmanuel de Gondi (1581-1662), général des galères frère archevêque de Paris et père du cardinal de Ketz, entra à l'Oratoire après la mort de sa femme.

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principales preuves, et tiré de Leurs écrits les réponses aux objections que Ton peut former contre leur doctrine, comme en effet on a remarqué par expérience, que les nouveaux théologiens qui L'ont combattue, n'ont rien proposé qui n'eût déjà

été produit autrefois parles Pélagiens et les Semipélagiens, ennemis déclarés de la grâce de J.-C. Ce livre d'une fort juste étendue a pour titre Trias S. S. Patrum.

M. Fromond, qui avait sur les bras les Pères Pétau et Deschamps, jésuites, écrivit aussi cette même année une lettre qui n'était que comme l'essai d'un très grand ouvrage. Elle parut en public sous le nom d'Epistola prodroma.

On imprima aussi en Flandre la Vie de saint Augustin, composée par un docteur de son ordre, nommé Rivius1 et une lettre de Lupus Servatus, écrivain du ixe siècle, sur trois questions importantes de cette matière.

On mit aussi en lumière un dialogue en rimes, touchant la captivité et la rédemption du genre humain, imprimé à Padoue, et qui était attribué à Adeodatus Roborinus, théologien de cette université. On y faisait parler saint Ambroise et saint Augustin, et l'on peut dire que cette pièce, qui était du style des proses de l'Eglise, était d'une structure assez extraordinaire.

M. Arnauld publia aussi la traduction du Traité de saint Augustin, de la foi, de l'espérance et de la charité, que Ton peut considérer comme l'un des plus savants catéchismes de toute l'antiquité, et qui, dans une petite étendue, renferme un excellent abrégé des sentiments de ce saint docteur de la grâce.

D'un autre côté les Jésuites avaient la plume à la main pour soutenir les sentiments de leur Molina. J. Martinez de Ripalda, premier professeur en l'Université de Salamanque et censeur dans le souverain conseil de l'Inquisition générale de la foi, fit imprimer à Cologne un grand volume contre les articles condamnés autrefois par Pie V et Grégoire XIII, et depuis peu par Urbain VIII, c'est-à-dire contre les propositions de Baïus.

Le P. Pétau entreprit aussi de répondre à la Thériaque

1. Jean Rivius, de Tordre des Augustins, docteur de Louvain, mort vers 1659.

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