‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 333 sur 524 · Ms. : « par écrit · texte numérisé non relu

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des livres de saint Augustin, et que ces petites étincelles ne causassent de très grands embrasements, si elles n'étaient éteintes dès leur naissance par la puissance de l'archiduc; qu'au reste ils déclaraient et protestaient, que ni dans le temps présent, ni à l'avenir, ils ne s'écarteraient jamais le moins du monde des bulles et des mandements des papes, ni des lettres du roi, mais qu'ils leur rendraient toujours une fidèle obéissance, comme Son Altesse Sérénissime, à qui la Faculté de théologie de Douai souhaitait, de tout son cœur, toute sorte de prospérité et de bonheur, comme lui étant entièrement dévouée, pourrait apprendre du vénérable religieux, porteur de leur lettre, auquel cette même Faculté témoignait avoir de grandes obligations. A Douai ce 27 juillet 1648. Signé Georges Coivenerius, François Dubois, Valentin Randoux.

Les Jésuites, qui avaient mendié ce témoignage, et qui disposaient de l'archiduc Léopold, n'eurent pas de peine à le porter à leur répondre avec éloges, en les appelant des hommes honorables, et qu'il aimait très sincèrement. Il leur dit « qu'il avait appris avec beaucoup de satisfaction et de plaisir la force et le courage qu'ils avaient fait paraître, et la grande réputation qu'ils avaient acquise, en combattant contre la pernicieuse doctrine de Jansénius, qui se couvrait du nom de saint Augustin comme d'un voile et d'un manteau, et qui était comme un poison détrempé de miel, pour surprendre les esprits simples et imprudents à qui on le présentait ; qu'ils s'étaient conduits en cela d'une manière digne de véritables théologiens de l'Église romaine, et comme devaient faire de véritables sujets du roi catholique, en combattant par ce moyen, tant pour l'obéissance due au Saint-Siège, que pour l'autorité de la majesté royale. Qu'ils avaient mérité par ce moyen d'être estimés dignes de recevoir les louanges du souverain vicaire de J.-C, tant pour leur saine doctrine que pour leur obéissance envers le Saint-Siège, et d'être honorés du bref spécial qu'il avait adressé à leur Faculté, et que d'autant qu'il prévoyait de combien de maux cette méchante doctrine de Jansénius menaçait l'Église, et particulièrement celle des Pays-Bas, à moins qu'on ne les prévint prompt* ment par <l<is remèdes convenables, et que des hommes doctes, el dont La foi serait connue, du nombre desquels

il s'assurait qu'ils étaient, ne prissent !<■ soin de les appliquer, le désir qu'il avait pour conserver en tous Lieux la

pureté de la doctrine et de la foi catholique le portait à rechercher leur entremise, désirant apprendre d'eux de qu<;ls moyens principalement ils croyaient être à propos de se servir pour prévenir ce mal, qui se communique et se répand peu à peu d'une telle manière qu'il avait déjà infecté comme une peste contagieuse, non seulement l'Université de Louvain, mais même quelques prélats de l'Eglise et quelques familles religieuses. Que les conseils qu'il attendait d'eux dans cette affaire lui seront d'autant plus agréables qu'ils seront plus prompts et plus excellents, vu principalement qu'il était pressé par des lettres du roi réitérées de satisiaire au Saint-Siège apostolique par la publication et l'exécution de la bulle d'Urbain VIII contre la doctrine de Jansénius, et que la considération de son devoir exigeait de lui qu'il n'usât d'aucun retardement dans une chose de cette importance; que par ces lettres qu'il leur adressait il les recommandait à la garde et à la protection de Dieu, comme des personnes honorables qu'il aimait sincèrement, et demeurait porté d'inclination de faire ressentir à toute la Faculté les effets de sa grâce et de sa faveur. Donné à Tournai, le 3 septembre 1648. Signé, Léopold Guillaume; et plus bas, contre-signe Verreyken. L'adresse de cette lettre était : A honorables et sincèrement aimés de nous, les docteurs et professeurs de la Faculté de théologie dans l'Université de Douai. » Elle était scellée du sceau du roi, en cire rouge.

Les moins éclairés n'eurent pas de peine à remarquer en cette rencontre que cet artifice des Jésuites ne tendait qu'à attribuer à toute la Faculté de théologie de Douai ce qui n'était que l'effet de leur intrigue avec deux particuliers de ce corps, dont l'un, savoir le sieur Dubois, avait passé par leurs suggestions de la Faculté de droit à celle de la théologie pour en remplir les premières places. Car le sieur Colvenerius, dont ils faisaient le troisième, était si faible et si malade en ce temps-là, qu'on ne le jugeait nullement capable d'avoir pris part à un acte de cette nature.

La Faculté de théologie de Louvain, qui était sensiblement offensée par cette protestation et par la réponse de M. l'archiduc Léopold, députa un de ses docteurs, nommé le

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