‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 336 sur 524 · Ma. : Kmiinctorium lucernae · texte numérisé non relu

Ma. : Kmiinctorium lucernae

438 MÉMOIRES DE GODEFROl BERMANl

qu'en injures et en calomnies, et la vérité et La justice donl

il se vantail ae paraissaient que dans le seul titre.

Les docteurs de Louvain étant surpris de cette nouvelle production, qui était la suite de la cabale de ces deux particuliers de Douai avec les Jésuites, se crurent obligés d'y répondre, et ils le firent par un livre intitulé : Lampe de saint Augustin. Ils firent voir par cet écrit combien il y avait de différence entre ces docteurs modernes de la faculté de Douai et leur ancienne Faculté, qui avait autrefois censuré la doctrine des Jésuites, en 1588, en condamnant les propositions du P. Jean Deskerius, disciple de Lessius et de Molina, et afin de leur remettre dans la mémoire ce qui s'était passé en ce temps-là, ils publièrent, à la fin de cet ouvrage, la réponse qu'Estius avait faite à des objections de Deskerius, et celle de Baldninus Rythovius, professeur royal et ordinaire en théologie de la même Faculté à l'Apologétique de ce même Jésuite.

Mais dès que cette « Lampe » parut, ceux de Douai et leurs partisans en firent des railleries; les uns dirent qu'elle fumait, et les autres publièrent qu'elle n'avait qu'un feu follet. Quelques-uns étaient d'avis de mépriser ces injures, étant persuadés qu'elle avait assez de lumière et d'huile pour'se conserver elle-même, mais parce que les hommes sont assez injustes pour croire que c'est la honte et la crainte qui étouffent la voix de leurs adversaires, et non le mépris des injures qui les réduit au silence, l'auteur de cette lampe y ajouta des mouchettes, en publiant un dialogue sous ce nom, dont Fauste et Fulgence étaient les interlocuteurs.

Cependant on pressait toujours dans les Pays-Bas l'exécution de la bulle d'Urbain VIII. M. l'archevêque de Malines s'en étant défendu jusqu'alors, on publia cette année un écrit, imprimé à Bruxelles, contenant les raisons qu'il avait eues d'en user ainsi; et on mit aussi au jour un autre traité, sous le titre de : Complainte de la vérité augustinienne, souffrante dans les Pays-Bas.

Cet écrit, qui était adressé au pape, avait pour but de montrer la conformité que l'on remarquait entre la conduite que les Ariens avaient autrefois tenue pour persécuter saint Athanase, et en sa personne la doctrine de la consubstantialité du verbe, et celle que les Jésuites tenaient

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