LIVRE IV
pour persécuter M. d'Ypres et en sa personne détruire la grâce de J.-G. Et on y demandait à Sa Sainteté qu'en observant ce qui s'était fait en ce temps là, on commençât par l'examen de la foi et de la doctrine, avant que de traiter de la personne.
Les Jésuites répandaient aussi dans les Pays-Bas un Avis donné en ami à un certain ecclésiastique de Louvain, sur le sujet de la bulle d'Urbain VIII, et il était tellement de leur goût qu'ils en avaient fait faire plusieurs différentes éditions pour le distribuer aux seigneurs et aux dames de leur intrigue, et à toutes sortes de personnes. Cela obligea cet ecclésiastique1 d'y répondre, et il le fît d'une manière qui ne leur fut pas fort agréable.
Le grand volume de Ripalda, contre Baïus et ses prétendus disciples, volait aussi de toutes parts. Les théologiens de Louvain y répondirent en peu de mots, par un écrit qui faisait voir les erreurs de ce jésuite, ses injures, les falsifications des textes des Pères, et ses pratiques éloignées de la justice et de la sincérité chrétiennes. Ceux de Douai poursuivaient toujours leur intrigue et ne perdaient nulle occasion de décrier les théologiens de Louvain; François Dubois, qui prenait le nom de Silvius, l'un des principaux émissaires des Jésuites et de leurs plus zélés partisans, avait publié des Antithèses contre les sectateurs de Baïus et de Jansénius. Il voulut encore se signaler, en écrivant, quelque temps avant sa mort, à l'abbé de Sainte- Anastasie, internonce en Flandre : « qu'ils souhaitaient d'apprendre à tout le monde que c'était un grand crime à leurs adversaires d'accuser de pélagianisme les bulles mêmes des papes, et leur Faculté, sous prétexte de ce qu'en établissant l'abondante rédemption de J.-C, ils faisaient rejaillir la grâce suffisante de J.-C. sur leurs adversaires mêmes, afin qu'ils pussent rentrer en eux-mêmes et retourner à l'obéissance du Saint-Siège, et non seulement s'abstenir des calomnies qu'ils publient contre leur réputation, d'une manière pleine de subtilité et de fourberie; et il protestait qu'il n'y aurait jamais ni médisance ni artifice des ouvriers du mensonge qui fût capable de les séparer de l'obéissance qu'ils devaient au vicaire de J.-C, parce qu'ils