‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 346 sur 524 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

grand nombre de passages incontestables de saint Augustin, qu'il fut obligé de céder à la puissance invincible de la vérité, et de concevoir un zèle ardent pour des maximes dont jusqu'alors il avait été ennemi.

La persécution publique que M. Cornet faisait à la grâce de J.-C. dans l'affaire des cinq propositions lui parut une obligation pressante de soutenir une doctrine si outrageusement combattue, et dans laquelle il ne voyait rien que de sain et d'orthodoxe. Il publia donc dans ce même mois de juillet un écrit qui commence par ces mots : Innomme Domini nostri, et Dei Salvatoris Christi, et qui a pour titre : Propositiones de gratia in Sor bonne facultate propediem examinandae. Et quoique d'abord il affectât une espèce de neutralité, sans vouloir passer ni pour janséniste, ni pour moliniste ; néanmoins ce premier écrit fut suivi d'un très grand nombre d'autres ouvrages qui le commirent avec ses anciens amis et qui lui donnèrent occasion de se signaler parmi les défenseurs de la grâce, jusqu'à ce que de nouveaux engagements avec M. le cardinal Mazarin se fussent enfin terminés à lui faire changer, non de sentiments, mais de conduite, par des motifs fort différents de ceux qui lui avaient inspiré du zèle pour la doctrine de saint Augustin. Mais ces sortes de révolutions doivent moins surprendre les disciples de ce saint docteur que les autres, et puisqu'ils font profession de soutenir, avec lui et avec le saint Concile de Trente, que la persévérance est une grâce particulière, les changements et les chutes des plus grands hommes peuvent bien les humilier, mais ne les doivent jamais surprendre.

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