‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 351 sur 524 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Divers écrits des disciples de saint Augustin et de leura adversairei sur la matière de la grâce.

On publia dans les derniers mois de cette année quantité décrits pour la défense de la grâce, étant bien juste qu'elle ne manquât point de protecteurs dans le temps qu'elle avait tant d'ennemis déclarés. 11 parut dès le mois d'août, la Lettre d'un abbé à un abbé, touchant la possibilité des commandements de Dieu dont M. de Bourzeis était l'auteur.

On composa aussi dans ce même temps un écritdans lequel on montre : 1° que la première proposition, prise au sens des disciples de saint Augustin, est de saint Augustin même; 2° que c'est aussi la doctrine des autres Pères, même des Grecs; 3° que c'est aussi le sentiment du saint concile de Trente; 4° dans quelles absurdités effroyables tombent ceux qui la combattent. Ce traité n'a pas été imprimé.

Le zèle de M. l'abbé de Bourzeis lui fît encore mettre au jour un nouveau livre vers le mois deseptembreou d'octobre, sous le nom d'une Lettre d'un abbé à un président, et il y explique la manière dont les justes peuvent délaisser Dieu.

Les prélats de Prémontré présentèrent aussi deux requêtes au roi d'Espagne, Tune en leur nom, et l'autre en s'unissant à l'Université de Louvain, sur le sujet de la publication de la bulle contre Jansénius, et ils lui demandèrent de ne rien ordonner sur ce sujet, avant que le docteur Recht qui avait été envoyé sur ce sujet, eût eu audience de Sa Majesté catholique.

M. du Chevreuil, qui était un professeur célèbre de l'Université de Paris, où il avait enseigné longtemps la philosophie dans le collège d'Harcourt, et qui était encore professeur royal dans le collège de Cambrai, voulut encore donner dans sa vieillesse des marques de son amour pour la vérité. Ceux qui l'ont connu dans les dernières années de sa vie, lui ont souvent entendu déplorer ses premiers engagements, et comme il était l'un des professeurs de son temps, qui avait eu plus de réputation et plus de suite1, il ressentait

1. C'est-à-dire un de ceux dont le cours était le plus suivi.

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