LIVRE V
nablement choquer personne, ne s'y étant proposé d'autre fin que l'édification des âmes. Après quoi les nouvelles protestations de respect, de soumission parfaite, et de révérence pour ses ordres, étaient la clôture de cette lettre, qui fut envoyée à Angers le 1er octobre.
M. l'archevêque de Paris en reçut une autre de M. de Liancourt sur le même sujet, et on en a encore la réponse. Mgl l'évêque d'Angers lui en ayant aussi écrit, il remit l'affaire à son conseil, et quoique l'on eût envenimé les plus innocentes et les plus saines expressions de M. Singlin, qui n'avait rien dit dans cette prédication que de très orthodoxe et de très utile, les mauvaises impressions qu'on avait données à ce prélat s'effacèrent après quelque temps, de sorte qu'étant édifié de l'humilité et de la sagesse de sa conduite, qui lavaient tenu dans le silence pendant trois mois, il le rétablit dans le ministère évangélique, et honora luimême de sa présence la première prédication qu'il fît après cela le jour de la Circoncision de Tannée 1650. Ses adversaires ont voulu faire passer pour une rétractation honteuse l'éclaircissement qu'il fit de quelques points de son sermon précédent. Mais ceux qui voudront examiner de bonne foi les paroles mêmes qu'ils en ont fait imprimer, et en juger par rapport avec ce sermon de saint Augustin et avec sa lettre, seront convaincus que n'ayant rien avancé que de très innocent et de très solide, il ne s'est nullement rétracté, en mettant ces vérités dans un plus grand jour.