CHAPITRE XXI
M. l'archevêque de Malines et les docteurs de Louvain sont sur le point de recevoir le décret de l'Iuquisition contre les deux catéchismes. On leur écrit de Paris, et cette lettre les fait changer de résolution.
Quelque zèle que les disciples de saint Augustin eussent en Flandre pour la défense de cet incomparable docteur de la grâce de J.-C, néanmoins le tribunal de l'Inquisition de Rome était si universellement établi parmi eux, qu'ils se trouvaientdans ladispositionderecevoiravecune obéissance aveugle tout ce qui leur était envoyé de la part de ce tribunal. Ainsi le décret de l'Inquisition contre les deux Catéchismes de la grâce fut publié par tous les évêques des Pays-Bas, à la réserve de l'archevêque de Malines, et peu s'en fallut qu'il n'en fit d'abord autant que les autres, puisqu'il cherchait déjà des raisons pour justifier sa faiblesse, et pour chercher dans le catéchisme de Paris des prétextes pour le condamner, quoiqu'il n'y eât point de véritable cause d'une conduite si surprenante, que la crainte de son cœur, et le fantôme qui la faisait naître. Car il se persuadait qu'il était de son intérêt de donner cette satisfaction à Rome de peur de nuire à l'affaire principale qu'il y poursuivait, et qui était celle de la publication de la bulle de Jansénius dont il s'était défendu jusqu'alors, do sorte que pour se disculper à l'égard de ceux qui défendaient en France la doctrine de saint Augustin, il tâchait de se persuader à lui-même que le catéchisme de Paris méritait quelque flétrissure, tant pour s'être éloigné des expressions ordinaires de l'école dans l'explication de ces grandes vérités, que pour avoir exposé à la connaissance