‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 401 sur 524 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

faiblement ce qu'il avait toujours résolu de ne point faire et se condamna lui-même, par un long narré contenu dans son mandement du 29, se contentant de mettre à couvert pour toute exception l'autorité de saint Augustin.

Cependant, le 31 du même mois, sur la requête présentée à l'archiduc Léopold par les trois états de Brabant au sujet de la publication de cette bulle où il y avait des clauses tout à fait contraires à leurs privilèges, Son Altesse accorda de leur en donner un extrait authentique, pour s'en servir aux occasions, et de ce que l'intention de Sa Majesté n'était pas que cette publication donnât aucune atteinte aux privilèges du Brabant et des autres provinces du Pays-Bas.

L'abbé de Sainte-Anastasie, internonce en Flandre, n'étant nullement satisfait de ces exceptions, et les regardant comme peu favorables aux prétentions de Rome, publia, le 20 du mois d'avril suivant, une protestation qu'il avait faite à Bruxelles, par laquelle il cassait, irritait et annulait sous les peines des censures contenues dans les conciles œcuméniques, sacrés canons et constitutions apostoliques, toutes les choses qui se trouveraient, dans ce placard, être préjudiciables au Saint-Siège apostolique et à sa juridiction, et à la liberté et immunité ecclésiastique. Mais l'archiduc Léopold cassa cet acte de l'internonce, par une lettre écrite en son conseil du 23 juin de la même année, ordonna que les exemplaires de cette protestation seraient apportés au greffe, et mis entre les mains du procureur général ; qu'il serait informé contre l'imprimeur, et que celui qui le dénoncerait aurait mille tlorins pour sa récompense, payables par le receveur des finances de Sa Majesté.

Voilà de quelle manière la publication de cette bulle, qui avait été poursuivie depuis tant d'années par les Jésuites avec une si grande chaleur, excita du trouble dans l'État aussi bien que dans l'Église.

Ce fut pendant cette dispute que l'on imprima deux petits traités, l'un sans date sous ce titre : Jus Belgarum circa receptionem bullarum; et l'autre au mois d'avril, qui était intitulé : Vertumnus dialogus. Ce dernier était écrit contre le P. M. Paludanus, à qui on reprochait son changement et son inconstance, dont il avait donné des marques par un livre qu'il publia vers le carême, et qu'il nomm.i : Apologia constilutinnis Urhmu.

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(in ,i\;ni aussi écril contre La Molinomachie de M. Sinnich. 11 réfuta cet écrit par un autre *j ni fut imprimé en cette année 1651 et qu'il intitula : Notarum Molinomachia Aurelii Avili per anonymum oppretsarum spongia, sive Responsio dispunctoria ad libellum cui tilulm Appendix ad Vitaiem BuUœ Urbaniame '/evionstralcun, etc.

CHAPIUK XI

Sermons injurieux du P. Lauglois, jésuite, dans l'église de Maotei et du P. Brisacier dans Saint-Solenne de Blois, contre M. Callaghau. On répond par écrit à ce dernier.

Le P. Langlois, jésuite, prêchant cette année le carême à Mantes, s'emporta par de grandes invectives contre les disciples de saint Augustin, dans le dessein de décrier M. Louïstre, curé de la même ville. Il fit valoir autant qu'il put la chute de Labadie contre des personnes qui en gémissaient, et qui en étaient très innocentes, et se trouvant autorisé par le doyen du chapitre et quelques chanoines, et par les officiers de la justice et du corps de la ville, il ne donna point d'autres bornes à sa passion que celles que sa maladie lui fit prendre malgré lui en l'arrêtant au lit le jeudi saint, et l'empêchant d'achever ce qu'il avait commencé avec tant d'aigreur et de scandale. Un capucin qui prit la place ne fut pas plus modéré, tant la conspiration contre la grâce de J.-C. était générale.

M. Callaghan, hibernois de naissance et docteur de la Faculté de Paris, venait d'être établi prieur- curé de Cour- Chevernv^dans le voisinage de Blois. Pour satisfaire d'abord aux obligations d'une charge redoutable aux anges mêmes, il commença par instruire ses paroissiens d'un chrétien qui a violé l'innocence de son baptême, employant ses premières prédications à leur inspirer [l'horreur de ce; qui leur avait fait perdre un si grand bien, pour leur découvrir ensuite le souverain et l'unique remède que J.-C. a laissé à l'Église pour la guérison de toutes nos maladies.

Les Jésuites, ne pouvant souffrir ni ce langage si opposé à leur doctrine relâchée,, ni le voisinage d'un homme qui ne leur était importun que par sa piété et son zèle, entreprirent aussitôt de le perdre d'honneur dans la province, et

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