CHAPITRE XIV
Livres iusoleuts de Labcidie sur le sujet de sou apostasie. M. Arnauld y répond par uue grande lettre à une personne de condition et de pic te.
LorsquelesicurdeLabadie s'était séparé de l'Église et avait fait abjuration de la foi catholique dans le prêche de Montauban, au mois d'octobre de l'année 1650, on douta longtemps de cette nouvelle, et ceux qui avaient eu plus de liaison avec lui dans Amiens ne purent d'abord se persuader qu'un prêtre qui avait augmenté le culte et la vénération du saint et auguste sacrement de nos autels par 1 institution d'une confrérie, et par des livres imprimés qui contenaient l'explication du mystère de la sainte messe, s'en fût déclaré le plus mortel ennemi en embrassant le calvinisme. Mais on commença à n'en plus douter quand on vit la lettre que le P. Sabré, carme, lui en avait écrite de la Graville, et qui ayant été imprimée par l'ordre de M. Martineau, évêque de Bazas, ensuite des informations faites contre cet apostat, le fut encore à Paris, par les soins de ceux qui avaient horreur d'une chute si scandaleuse. Et comme le caractère de l'impudence est inséparable de celui de l'hérésie, ce déserteur avait eu l'insolence d'en faire lui-même un manifeste scandaleux, en faisant paraître, au commencement de l'année 1651 , un livre de sa façon qu'il intitula : Déclamtion de Jean de Labadie, ci-devant prêtre, prédicateur et chanoined' Amiens, contenant les misons qui Vont obligé à quitter la communion de V Église romaine, pour se ranger à celle de l'Eglise réformée. Et le récit de son appel et de son affranchissement par ,/ -C., sa grâce et sa vérité, selon ces mots : Si vous persistez à ma parole, vous serez vraiment mes disciples, et connaîtrez rite, et la vérité vous affranchira. Jean, 8, v. :!l 32, H aval| eu l'insolence de publier dans La môme année un autre ouvrage <iM n'élail pas moins scandaleux <il qui
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avait pour titre : Lettre de Jeande Labadie à ses anus de la
communion romaine Louchant sa déclaration, divisée en deux parties y dont la première leur fournit douze ans ou motifs à ce qu'ils ne jugent pas son action injuste ou mauvaise, mais au contraire légitime et bonne. — La deuxième leur fournit douze autres avis ou moyens de se désabuser de terreur et de rencontrer la vérité.
Il était encore l'auteur d'une Réponse à la lettre adressée et MM. les pasteurs et ministres de Montauban, sur la controverse de la sainte Cène et sur la réception des Eglises protestantes de la confession d'Augsbourg à la communion des Eglises réformées. Avec un éclaircissement des justes raisons de V union avec elles, et de la désunion avec l'Eglise romaine, tant en ce mystère qu' en plusieurs autres fondamentaux à la foi, adressée à MM. du clergé de Montauban.
Enfin il avait aussi mis au jour dans le cours de la même année un quatrième libelle intitulé : Première apologie pour M. de Labadie et pour la justice de sa déclaration, contre la nouvelle Eglise romaine, convaincue par l'examen de Vépltre de saint Paul aux Romains, de n'être ni de la foi, ni de la conduite de l'ancienne, et de n'être ni catholique ni apostolique, comme aussi d'errer en plusieurs points de la religion chrétienne, et principalement en celui du sacrement de l'Eucharistie, soit quant à la prêtrise et sacrificature, dont la nullité lui est prouvée ; soit quant au sacrifice et à la vraie messe qu'il lui est clairement montré qu'elle n'a pas. Sur quoi le point véritable de la réelle et substantielle présence et manducation de J.-C. en la sainte Cène, sans qu'il soit besoin de transsubstantiation et de sacrifice, lui est expliqué, et M. de Labadie justifié en ses vrais sentiments touchant ce mystère par E. Dufeu dit de Blanc-Mont, répondant à la lettre d'Antoine Sabré ermite, sujet affidê de M. S» Martineau, évêque de Bazas.
Pendant que cet apostat exerçait ainsi aux dépens de sa conscience et de sa réputation la malheureuse fécondité de son esprit plein d'illusions et la facilité qu'il avait à faire de méchants livres, les Jésuites, qui avaient plus d'intérêt que les autres de gémir de la chute funeste de ce déserteur, qui avait porté quinze ans leur habit, ne se mettaient en peine que de tirer avantage de ce funeste événement contre les disciples de saint Augustin, qui en gémissaient devant