‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 456 sur 524 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

s'instruire de la vérité, ils le rejetèrent ; ils lui dirent que son provincial le devait mettre en prison; que sa conversaion était dangereuse ; qu'il infecterait beaucoup de personnes si l'on n'y prenait garde. Cela l'obligea de chercher hors de la foule des maisons religieuses ceux qui étaient reconnus parmi les ecclésiastiques de Paris pour être les véritables et sincères disciples de saint Augustin.

Il conféra donc avec M. de Sainte-Beuve, qui lui expliqua ses difficultés avec tant de netteté et avec de si bonnes raisons qu'il en demeura satisfait, aussi bien que le religieux qui l'accompagnait et qui étudiait en théologie Cela lui donna le désir d'entendre quelques-unes de ses leçons, et pour cet effet il alla deux fois en l'école de Sorbonne. La première fois, ce professeur montrait que toutes les œuvres qui ne sont pas faites dans l'esprit de la foi ni référées à Dieu étaient des péchés, et qu'il n'y avait pas de véritables vertus dans les infidèles; la seconde fois, il lui entendit éclaircir une censure qui était dans les actes de Sorbonne, qui n'a pas les conditions d'une véritable censure, et M. de Sainte- Beuve faisait voir que, quand elle aurait été faite dans toutes les formes, elle ne prouverait rien contre la doctrine de saint Augustin, n'ayant été faite que contre Luther et Calvin qui disent que, même avec la grâce, le librearbitre ne peut que pécher, et n'observe point la loi de Dieu.

En attendant l'arrivée de M. de Sainte-Beuve, il eut conférence avec quelques-uns de ses écoliers, qui montèrent sur les bancs pour le venir écouter, et s'étonnèrent de voir un homme de sa profession parler si hautement en faveur de la doctrine de saint Augustin; et la circonstance du lieu, où l'on voit si rarement des gens de sa condition, contribuait beaucoup aie faire considérer davantage.

11 parle aussi de la satisfaction qu'il eut dans la conversation d'un homme qu'il connaissait de réputation et qui était devenu illustre par les persécutions qu'il a souffertes pour la défense de la vérité et la prédication de l'Évangile. C'était le P. Des Mares, dont il ne put se séparer sans douleur. 11 vit aussi particulièrement M. l'abbé Le lloy, et lia avec lui une amitié* fort étroite. Il salua M. Arnauld

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