‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 470 sur 524 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Censure de la Faculté de Théologie de Reims, contre le libelle intitulé : Yindicire novx Gothescalci, etc. — Vers ridicules déclamés aux affiches des Jésuites de Reims.

Le mois de juillet ne fut pas plus heureux cette année aux Jésuites de Reims qu'il l'avait été à leurs confrères de Paris. Leur professeur en théologie, nommé le P. Diteau, qui se signalait parmi eux par son aversion extrême contre la doctrine de saint Augustin, s'avisa au commencement du même mois de publier un livre intitule : Vindicte novœ Gothescalci veterum Palrum de cm lis oppressœ, et dès qu'il sortit de la

022 MÉMOIRES DB QODBPROI BBBMANT

presse, les Jésuites de Heims eurent grand soin de le porter eux-mêmes en quantité de maisons des plus considérables de la ville, et se servirent aussi de la main de leurs écoliers pour le faire distribuer partout. Les sieurs Marlot et Colin, qui avaient approuvé ce livre par surprise, crurent qu'ils se trouveraient enveloppés dans la censure que leur Faculté en voulait faire, s'ils ne donnaient quelque éclaircissement à leur approbation. Ils le firent par un acte signé de leur main qui était fort peu différent d'une véritable rétractation, et déclarèrent que l'approbation qu'ils avaient donnée à ce livre ne s'étendait pas jusqu'à soutenir la doctrine qui y était disputée, mais seulement aux témoignages de quelques endroits qui y étaient cités de divers auteurs; qu'ils laissaient avec toute la Faculté cette opinion en problème, et n'approuvaient nullement ce que cette Faculté croyait y avoir été écrit contre elle d'une manière aigre et injurieuse. Outre la censure qui fut résolue dans la première assemblée où Ton fit plainte de ce libelle, il fut ordonné que les docteurs et bacheliers de la Faculté n'assisteraient plus à l'avenir aux disputes des Jésuites; et comme le P. Diteau avait écrit son ouvrage à l'occasion de ce qui avait été soutenu dans la patricienne d'un bachelier, qui est une espèce d'acte à Reims qui répond à la sorbonique de Paris, il fut conclu que ce bachelier prendrait pour sujet de sa mineure ordinaire toute l'histoire de Gothescalc, ce qui fut exécuté dans la suite, la thèse, dont on a l'original, ayant été signée par le doyen de la Faculté, nommé Mogisse, qui avait enseigné quarante ans la théologie, et par le syndic, ancien professeur de la même Faculté. Enfin la censure fut faite le 24 juillet, et elle portait : « Que frère Antoine Le Fébure, religieux de l'ordre des Ermites de Saint-Augustin, ayant défendu dans l'Université de Reims, en sa thèse patricienne, la vérité catholique de Gothescalc, autrefois moine d'Orbais, qui n'avait pas été connue de quelques prélats de son temps, il s'était trouvé une personne qui n'ayant point d'autorité dans l'Église de Dieu, et s'attribuant la qualité déjuge légitime par un désir de reprendre, ne s'était pas contentée seulement d'improuver parmi les siens tout ce que ce bachelier avait fait; mais même l'avait condamné dans un libelle de trois pages qu'elle avait mis en lumière. Cela avait donné occasion à M. Jean Lalbmand, syndic de

Page 1