‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 471 sur 524 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

la Faculté, d'exposer le 17me jour du mois de juillet l'an 1652, après la célébration de la mess9 solennelle, à M. le doyen et à tous les maîtres et docteurs qu'on distribuait ce libelle par toute la ville, au grand préjudice de la vérité et de l'honneur de la Faculté. Qu'on avait reçu la plainte de ce syndic et trouvé sa demande très juste. Que la Faculté l'en avait remercié, et avait commis la discusion de cette affaire à quelques docteurs députés pour cet effet; afin qu'après avoir examiné très soigneusement le libelle de cet auteur, et l'avoir très diligemment considéré, ils fissent le rapport de tout ce qu'ils y auraient trouvé digne de censure. Que pour ce sujet, la même Faculté étant solennellement assemblée dans la salle patricienne, le même jour du même mois, après que la messe avait été célébrée selon la coutume, elle avait déclaré, sur le rapport des mêmes docteurs députés, que ce libelle, qui avait pour titre : La nouvelle défense de Gothescalc détruite par les sentiments des anciens Pères, avait été publié à dessein de détourner les sectateurs de la doctrine de saint Augustin, et de soustraire les écoliers de l'Université. Qu'il était rempli d'un grand nombre d'injures contre l'honneur des saints Pères, et de plusieurs docteurs de ce temps et même de la Faculté qu'il ose mettre, par une calomnie insupportable, au rang des hérétiques ; que la vérité y était maltraitée en beaucoup d'endroits, et qu'il y avait plusieurs fautes d'ignorance. Que la même Faculté avait aussi voulu qu'on ôtât quelques unes de ces erreurs, sans toutefois approuver les autres, afin qu'on donnât au public quelques marques particulières du jugement qu'elle avait fait de ce livre. »

Les propositions y étaient ensuite rapportées par le détail et qualifiées de fausseté, d'injure, de médisance et d'ignorance. L'Escaillon, scribe de la Faculté, la distribua au chapitre de la cathédrale, au présidial, à toutes les communautés, à tous les savants qui se rencontrèrent alors dans la ville de Reims. Et comme M. l'abbé de Bourzeis accompagnait alors M. le cardinal Mazarin dans sa retraite à Sedan, il se rencontra assez à propos pour en avoir une expédition. Les Jésuites ressentirent un dépit secret de la manière avec laquelle cette censure fut reçue agréablement de tout le monde. Mais comme le succès de La grande affaire qui se traitait à (tome était encore incertain, la

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politique leur (il garder pendant quelque terni)-, un profond silence sur cette censure.

C'était la détruire1 que de la donner au public; tout le monde en eut la satisfaction par un petit écrit intitulé : Lettre d'un ecclésiastique de Reims, ami des Jésuites, au /t. P. Dom de Saint-Joseph, Feuillant, sur le sujet de quelques vers ridicules qu'il lui envoie, qui ont été prononcés cette année en l'action publique des affiches de leur collège de Reims, à dessein de déshonorer la doctrine de saint Augustin touchant la divine grâce, qui est celle de l'Eglise, et d'exposer aux bouffonneries des libertins la pénitence chrétienne.

Dans la préface de cette lettre, qui était datée du 6 août 1652a, on promettait un amas de tapisseries dans lesquelles on devait représenter toutes les victoires que les Pères de la société avaient remportées depuis que M. Habert, évêque de Vabres, autrefois théologal de l'église de Paris, et l'un des meilleurs amis qu'ils eussent, eut levé l'étendard contre les disciples de saint Augustin; la sainte procession que les Jésuites de Mâcon avaient faite un jour de mardi gras en l'honneur de la grâce suffisante, pour la relever au dessus de saint Augustin; l'assemblée du conseil dans laquelle fut prise, en présence des Pères les plus vénérables de leur 'compagnie, la résolution de composer les cinq propositions à dessein de ruiner malicieusement la doctrine de ce saintdocteur, dont M. Cornet demanda la discussion et l'examen en l'assemblée de la Faculté de théologie, qui se tint le premier

1. Ici l'examen du ins. présente une véritable difficulté; ou y lisait les vers ridicules des Jésuites de Reims dont il sera question ci-dessous. Cette citation a été barrée ensuite, niais les mots « c'était la détruire » semblent se rapporter à la pièce de vers transcrite puis barrée

2. Cette lettre, attribuée par les Jésuites, sur l'exemplaire qui provient de leur maison professe de Paris, au « R. P. Desmares, de l'Oratoire, » a été imprimée en 1652. Voici le début de la pièce de vers qui en fut l'occasion :

Dans un cercle de damoiselles, Du temps de l'éclipsé, un savant Janséniste mit eu avant Ce qu'il en pensait avec elles.

Atteutat, dit-il, sans pareil, La lune vole le soleil Et lui dérobe sa lumière...

Ces vers, transcrits par Hermant, ne lui ont pas paru digues d'être transmis à la postérité. (Voir la note ci-dessus.)

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