‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 49 sur 524 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

M. de Langres rompt avec M. de Saint-Cyran et se sépare de la maison du Saint-Sacremeut. Nouvelle persécution de ce monastère.

On n'a rapporté toutes ces choses dans un si grand détail que pour préparer les esprits à l'admiration de la rupture de M. de Langres qui, n'ayant eu d'abord qu'une extraordi-

1. Pierre Séguier (1588-1612), garde des sceaux eu 1033 et chancelier

en 16!

2. Ms. -.qu'étant sage, elle laissât... (le reste barré à la sauguiue sur

le ms.).

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aaire admiration pour le mérite de M. de Saint-Cyran qu'il considérail comme un homme en qui la sagesse habitait! se

déclara peu de temps après l'un de ses plus grands persécuteurs ; mais ce ne fut que par degrés qu'il en vint à une extrémité si surprenante.

Lorsqu'il fut revenu de son diocèse, il apprit avec douleur le triste état où était la sœur Anne de Jésus, et quel effet avait produit dans son esprit le consentement que la Mère Angélique avait donné au désir qu'elle avait témoigné de se démettre d'un emploi qui ne convenait nullement à son état de postulante. Il n'eut pas de peine à reconnaître par lui-même ce que cette Mère lui dit de la disposition de cette fille à qui sa déposition paraissait insupportable, et comme il était encore uni avec M. de Saint-Cyran, il fut affligé d'être convaincu par ses discours et par ses plaintes de l'injuste mécontentement qu'elle avait de la conduite que l'on avait tenue sur elle. Mais il ne conserva pas longtemps ces sentiments si équitables, car l'ayant demandée un jour, elle le gagna tellement après trois heures d'entretien, qu'au sortir de cette conversation la Mère Angélique trouva que ce n'était plus lui-même ; il lui témoigna qu'il était touché pour elle d'une compassion très sensible, que c'était une âme peinée, mais qui ne laissait pas au fond d'avoir beaucoup de choses de Dieu, et il entreprit ainsi d'excuser ses emportements et ses excès.

Étant tombé fort malade quelque temps après, il pria M. de Saint-Cyran de lui dire ses sentiments touchant une affaire très importante pour sa conscience, et reçut de très bonne part et avec de grandes actions de grâces ce que ce fidèle ami, qui était incapable de déguisement et de flatterie, lui dit avec sa sincérité ordinaire sur quatre chefs, dont l'un était la résignation de son évêché. Mais il ne fut pas sitôt guéri que cette liberté chrétienne commença à le choquer, et le porta à s'éloigner insensiblement de sa conversation, et à regarder avec peine celui dont l'amitié lui avait paru une acquisition si rare et si précieuse. Au lieu de bénir Dieu du succès qu'il avait donné à la charité et au zèle de cet abbé dans la maison du Saint-Sacrement, qui était toute renouvelée depuis qu'il l'avait obligé d'en prendre soin, ce grand respect que les religieuses avaient pour celui qui avait été le canal de tant de grâces lui blessait les yeux,

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