LIVRE I
Cette raison leur donna occasion d'entrer en matière ; et sur ce que M. d'Auxerre lui fit entendre que M. le chancelier se portait à la retirer parce qu'on lui avait rendu M. de Saint-Cyran suspect, particulièrement sur le sujet de la communion dont on l'accusait de détourner les âmes, elle lui rendit un si bon compte de la conduite qu'on avait tenue sur elle, des avis que cet abbé leur avait donnés pour se disposer à communier souvent, des cas dans lesquels il leur conseillait de s'en priver quelquefois, et de ce qui se pratiquait sur ce sujet dans leur maison où l'on communiait toutes les fêtes et les dimanches, le jeudi et quelquefois le samedi quand il n'y avait point eu de fête, que cet évêque en demeura pleinement satisfait après une longue conférence, approuva toute la conduite de M. de Saint- Cyran, consentit que sa nièce demeurât dans cette maison, et la conjura avec tendresse de l'aimer toujours et de se souvenir de lui dans ses prières.