‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 51 sur 524 · M. : en voyant qu'elle en sorttul · texte numérisé non relu

M. : en voyant qu'elle en sorttul

2. La Mère Jeanne de Jésus Séguier (1596-1675). Le ma la dit ici su- "ré. et non prieure.

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prévenue pur ses calomnies contre l M. de Saint-Gyran, dont la Mère Geneviève, nouvelle supérieure du Saint-Sacrement, continuait à suivre les avis, que cette carmélite, qui était aussi épouvantée par les faux bruits que ses ennemis publiaient contre lui pour rendre sa doctrine suspecte d'erreur, commença à craindre pour sa nièce, la sœur Magdeleine de Sainte-Agnès. Elle communiqua ses peines à M. l'évêque d'Auxerre*, transféré depuis à l'évêché de Meaux, et à M. le chancelier, ses frères, et cet entretien fit une si forte impression sur leurs esprits qu'ils firent prier M. de Saint-Cyran de s'abstenir de voir leur nièce, jusque-là même que M. le chancelier déclara qu'il en retirerait cette fille s'il continuait d'aller en la maison où elle était.

M. de Saint-Cyran crut que Dieu lui ouvrait par là une voie légitime d'exécuter la pensée qu'il avait eue depuis quelque temps de se retirer, sans manquer à la fidélité qu'il devait aux âmes que Dieu lui avait adressées, ce qui fut sensible au dernier point à la sœur Magdeleine de Sainte- Agnès, quoique M. de Saint-Cyran, qui ne manquait jamais à ce qu'il croyait devoir aux âmes, la fit assister en son absence par M. Singlin, qui était un prêtre de ses intimes amis et un homme de fort grand mérite. Mais la prévention de M. le chancelier était si grande qu'il prit la résolution de faire enlever sa nièce hors du monastère du Saint-Sacrement. M. d'Auxerre, son frère, ayant su de lui un si étrange dessein, ne voulut jamais y consentir, ni souffrir qu'on la traitât de la sorte, se chargeant de ménager plus doucement cette affaire en la portant à se retirer d'elle-même.

Et en effet, il fit ce qu'il put pour lui faire prendre la résolution de sortir de cette maison, et lui promit même d'y laisser entièrement ce que Mrae de Ligny, sa mère, y avait donné; mais il trouva plus de fermeté dans sa nièce qu'il ne s'était imaginé, et elle lui dit sans hésiter, qu'elle ne serait jamais religieuse que dans le monastère du Saint-Sacrement, ou à Port-Royal qui était dans le même esprit, ne s'attachantà ces deux maisons qu'à cause de la bonne conduite qui y régnait, et de la pureté de la doctrine qu'on y enseignait, qui n'était autre que celle de l'Évangile et de tous les Pères de l'Eglise.

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