LIVRE I
l'ayant fait tenter par toutes sortes de moyens, il le trouva inflexible, parce qu'il n'était pas capable de rien faire ni par espérance ni par crainte contre le témoignage de sa propre conscience ; et comme il était persuadé que ce mariage était fort bon, il demeura ferme dans ce sentiment qui, par l'événement, s'est trouvé le plus raisonnable lorsque le crédit du cardinal de Richelieu n'a plus ôté aux théologiens la liberté de dire ce qu'ils en pensaient après sa mort. Mais la fermeté de M. de Saint-Cyran, qui lui faisait acquérir un nouveau mérite devant Dieu, commençait à le ruiner dans l'esprit d'un premier ministre qui ne pouvait souffrir de résistance dans le royaume, et qui n'avait nul scrupule d'employer toute son autorité pour perdre ceux qu'il n'avait pu gagner en les engageant dans ses intérêts.