‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 6 sur 524 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

fâcheuse la suite d'un récit fort intéressant. Et l'on ajoutera peut-être que ces publications anciennes ne se trouvent pas nécessairement dans toutes les bibliothèques de la France et de l'étranger. Mais de deux maux il fallait choisir le moindre; nous publions llermant, et non pas Saint- Amour ou Arnauld ; les Mémoires ne sont pas un livre de lecture à l'usage des gens du monde ; ils veulent être avant tout un instrument de travail pour les savants qui fréquentent les bibliothèques, ou pour les personnes studieuses qui veulent aller au fond des choses.

L'orthographe du manuscrit n'a pas été conservée, non plus que celle des copies; mais on a respecté scrupuleusement la langue un peu rude et le style parfois archaïque de Godefroi Hermant. Une revision et une collation très attentives ont été faites; elles ont été rendues possibles par le zèle et par la sagacité de collaborateurs aussi modestes que dévoués dont il faut bien respecter l'anonyme.

Une telle publication semblait appeler souvent un commentaire historique, voire même théologique, et Ton pouvait être tenté ou de reprendre en sous-œuvre le travail d'Hermant, ou de renvoyer à tel ou tel passage de Rapin, en montrant, comme Sainte-Beuve l'a fait pour l'affaire Chavigny, que les deux historiens se contredisent de la manière la plus absolue. Mais Hermant n'est pas Saint-Simon, et un commentaire historique analogue à celui du savant M. de Boislisle n'eût pas été de mise ici. D'ailleurs l'esprit de parti risquait, malgré les efforts du commentateur, de tenir une assez grande place dans ce commentaire, et c'est ce qu'il fallait éviter à tout prix. L'annotation est donc d'une sobriété, d'une sécheresse extrêmes; pour rester impartiale, elle se réduit presque toujours à donner quelques dates de naissance ou de mort, avec une nomenclature très brève des fonctions exercées par le personnage dont il est question, et des principaux ouvrages composés par lui. On ne saurait demander autre chose à un éditeur qui ne s'adresse pas au commun des lecteurs, qui tient surtout à donner la parole au seul Hermant, et à lui laisser toute la responsabilité de ses assertions et de ses jugements.

Dans de telles conditions, la publication de ces Mémoires peut être appelée à rendre les services que paraissent en attendre les savants, laïques ou ecclésiastiques, qui l'ont

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