‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 91 sur 524 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

adressées à l'infante Isabelle1, gouvernante des Pays-Bas, par lesquelles Sa Majesté Catholique mandait à sa tante de ne point permettre que les religieux de la Compagnie de Jésus ouvrissent des écoles publiques des arts ni de théologie en leur maison de Louvain, ni que l'on introduisît aucune nouveauté en ce fait particulier, sans son ordre exprès, donné par sa propre personne, après avoir été dûment informée du droit de Tune et de l'autre partie.

Ainsi M. Jansénius revint victorieux de Madrid, mais il reconnut par expérience dans toute la suite de sa vie, et nous le remarquons encore après sa mort, que l'on ne résiste pas impunément aux jésuites, et que c'est un crime irrémissible que de les troubler dans leurs desseins.

Tous ces emplois Fayant fait connaître à la cour du roi d'Espagne, il fut nommé à l'évêché d'Ypres, à l'âge de cinquante et un ans, et dans le peu de temps qu'a duré son ministère, on a vu reluire en lui toutes les qualités d'un grand évêque; mais il n'en fit les fonctions que pendant l'espace de dix-huit mois, étant mort de [la] peste au mois de mai 1638, après avoir fait à son chapelain une confession générale, avec une grande abondance de larmes, et donné des marques sensibles du regret et de la componction de ses fautes.

Il achevait son grand ouvrage de la grâce lorsque Dieu l'appela à lui ; il le confia à son chapelain, par son testament qu'il signa d'une main mourante, priant MM. Fromond*, docteur et professeur à Louvain, et Calenus3, chanoine de Malines, de prendre le soin de l'édition qui s'en ferait, se soumettant néanmoins, avec beaucoup d'humilité et d'obéissance, au jugement que l'Église romaine en prononcerait.

Il fut regretté de tout son peuple, et de toute la Flandre, qui chercha sa consolation dans son portrait, que l'on y conserve avec respect. Aussi était-ce un homme dont la piété était égale à la science, mais d'une dévotion mâle et sans scrupules, qui vivait dans une très grande sobriété, pour avoir de quoi assister les pauvres avec profusion,

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