Henri \ .m Gaelen ou Calenus
106 MÉMOIRES DE GODKFROÏ Ï1ERMANT
ennemi des festins et des conversations inutiles, ardent amateur de la vérité, qui était l'objet de sa plus profonde vénération entre tous les divins attributs. Plein de respect pour la doctrine de saint Augustin, qu'il avait lu dix fois d'un bout à l'autre, et trente fois tous les traités de la Grâce que ce saint docteur a faits contre les Pélagiens, il regardait les sentiments de ce Père comme le véritable fondement de l'humilité chrétienne, et en ayant souvent conféré avec des personnes spirituelles, elles l'avaient exhorté d'achever ce grand travail, comme le jugeant nécessaire au bien de l'Église et à l'établissement de la solide piété. Il les considérait aussi comme une chaîne précieuse qui liait les conclusions à leurs principes, et ne croyait pas que l'on eût pu séparer le moindre anneau, sans en rompre toute la suite et la tissure.
Le P. Jean de la Pierre, de l'ordre des Prémontrés, et président de leur collège à Louvain, fit son oraison funèbre, dans laquelle il releva entre autres choses la dévotion de cet évêque envers la Sainte Vierge et saint Joseph son époux, qu'il regardait, avec raison, comme le patron de tous les théologiens, en qualité de ministre du Grand Conseil, et de confident des secrets de Dieu; ayant beaucoup contribué à lui ériger une confrérie et assisté lui-même à la procession qui s'y fit. Il donna aussi de grands éloges au discours qu'il prononça de la réformation de l'homme intérieur, qui a été traduit en notre langue, il y a plus de trente ans, et qui est tout rempli de l'onction d'une piété solide.