Le 18 août 1638 à Wirthenwiel
6. L'investissement eut lieu le ler juin; et le siège fut continué le 12 août, après la bataille.
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milieu de son camp, et rencontra le sieur de Guébrianti, commandant les troupes françoises jointes à son armée, auquel il dit à l'oreille que tes choses étoient quasi désespérées, mais qu'il Moit mourir de bonne grâce. L'autre lui ayant répondu que les sixrégimens du duc de Longueville passoient le pont et entroient dans le camp, il lui ordonna de les faire avancer en diligence; et allant lui-même rassembler ce qui lui restoit de monde , plein d'espérance et de résolution , il chargea les ennemis, qui s'avançoient droit à Brisach. Ils soutinrent le premier choc fort courageusement, tuèrent beaucoup d'hommes et en perdirent encore plus; mais, dans la chaleur du combat, l'infanterie françoise nouvellement arrivée donna si hardiment sur celle des Allemands, qu'à la première décharge cette dernière se mit «n déroute, et repassa les retranchemens pour se rallier derrière les troupes restées au-delà. La cavalerie fit la même chose , et le duc de Weimar, les voyant hors de ses lignes , ne jugea pas à propos de les pousser plus loin , se contentant de tes avoir chassés avec perte de deux mille de leurs meilleurs soldats. Cet échec mit Goetz hors d'état de rien entreprendre avant l'arrivée d'un grand renfort.
Cependant le duc de Lorraine s'avançoit avec ses .troupe* pour attaquer les retranchemens du duc de Weimar sur la rive gauche du Rhin , et qui étoient gardés par peu de monde; mais le
I. Jean-Baptiste de Budes, comte de Guébriant, depuis maréchal de France, tué en 1643. 1^ ^^^^^ ^^^^^ maréchal de camp du ler avril 1637.
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dernier n'eut pas plutôt avis de cette marche ^ que , passant le fleuve sur son pont avec la plupart ae sa cavalerie, il alla rencontrer les Lorrains à une journée de Brisach *, chargea leur cavalerie et la mit en déroute. Le duc de Lorraine, après essayé inutilement de la rallier, courut à son in&nterie qui étoit un peu derrière, mit pié à terre en disant qu'il vouloit mourir avec eux, prit une pique et s^ plaça à leur tète ; ce qui les anima de sorte que, quoiqu'ils fussent dans une plaine rase sans cavalerie , ils soutinrent si courageusement le choc des Weimariens, qu'ils les repoussèrent avec |)erte. Le duc de Weimar ramena une seconde fois à la charge sa cavalerie, qui fut encore repoussée : il voulut tenter une troisième attaque, mais sans pouvoir ]r résoudre ses troupes, ce qui le contraignit de liusser retirer les Lorrains sains et saufs. Il avoua que leur action et celle de leur Duc étoient des plus belles qu'il eût jamais vues, et regagna son camp. Sacnant que l'armée de Goetz se fortifioit tous les Jours, et qu'il annonçoit l'intention de périr ou de secourir Brisach, que le défaut de vivres incommodoit extrêmement, le duc de Weimar demanda un nouveau secours au Roi , qui envoya ordre au duc de Longueville de marcher de ce côté avec toutes ses troupes. Ce commandement le fâcha, sachant que tout ce qui se feroit de bien seroit attribué au duc de Weimar et non à lui. Il nous avoit fait repasser la Saône, pour
I . Près de Thanes. Il y a ici un peu de confusion dans le récit de Campien. Cette affaire eut lieu non' après , mais avant l'attaque des lignes , c'est-à-dire le 1 5 octobre.
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nous rafraîchir quelques jours dans le duché de Bourgogne.
Pendant ce repos, j'avois mes livres, qui faisoient une partie de la charge de ma charrette , auxquels je m'occupois assez souvent, tantftt seul, et la plupart du temps avec trois de mes amis du régiment, cens spirituels et fort stu^ dieux. Le chevalier de Sévigné ', Breton, etcaptaine du corps , en étoit un ; homme d'un esprit studieux, qui avoit beaucoup de lecture, et qui, depuis son enfance, avoit toujours été dans la guerre ou à la Cour. Le Breuil-Marcillac, Gascon, frère du lieutenant-colonel*, et mon capitsdne, étoit le tiers de notre société. Il avoit étudié jusqu'à vin^-huit ans, ses parens l'ayant destiné pour l'éghse, qu'il quitta pour prendra Pépée, après avoir très-bien employé le temps au collège, et ensuite en Sorbonne. C'étoit un esprit doux, accommodant, et qui n'avoit rien de la rudesse des gens de guerre. D'Alvimar, de Paris, lieutenant, mon intime ami, faisoit le quatrième de notre commerce studieux; il avoit l'esprit poli, agréable en toutes conversations, et le caractère tout-à-fait sociable. C'étoient-^ les trois hommes avec lesquels je passois mes heures de loisir. Après avoir raisonné ensemble sur les sujets qui se présentoient, sans dispute
1. Renand-René , chevalier de Sévigné, capitaine de Normandie dés 1630, sergent de bataille en 1 642, maréchal de bataille en 164$, maréchal de camp en 1646. C'est lui qui commandoit le ré^ment de Corinthe pendant la Fronde et qui eut, à la fin de janvier 1649, cette petite affaire qu'on appela plaisamment la première aux Corinthiens.