village du canton de la Tour de France
104 MÉMOIRES DE CaMPION.
d'Hollande', par tant de fameux siéces où il réussit si heureusement, marcha vers le Roussilion et vint se poster près de Perpignan, tandis que notre cavalerie se rafraichissoit. Le lendemain, il s'approcha de nous. Le maréchal de Schomberg, qui n'avoit que soixante chevaux, ne pouvoit se procurer beaucoup de nouvelles des Espagnols. Il apprit néanmoins confusément qu'ils avoient quelques troupes à Perpignan; mais une après-dlnée que la plupart des omciers se promenoient devant le retranchement, l'on découvrit une grande poussière du côté de Perpi^an, et ensuite quantité d'escadrons de cavalerie. On en donna aussi-tôt avis au Maréchal, qui d'abord s'en émut peu. Cette cavalerie s'avançant jusqu'au lieu que nous croyions un marais tremblant, l'on rit beaucoup dans la pensée que force chevaux alldent s'embourber ; mais voyant qu'ils marchoient en escadrons sans enfoncer, et qu'après avoir passé le prétendu marais, il se mettoient en bataille sur le chemin de Salces à Leucate, l'envie de rire cessa incontinent. Le reste de cette cavalerie vint escarmoucher à notre tête jusqu'au soir, que l'on entendit les tambours de l'infanterie qui ^irrivoit, ce qui fit retirer tout le monde dans le retranchement.
Nos généraux, après avoir fait mettre les troupes sous les armes, tinrent conseil. On demeura d'accord du péril où l'on se trouvoit, et l'on ouvrit deux opinions. Les sieurs de