I. Leduc d'Enghien prit congé du roi !e 13 avril
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jour toutes les puissances se trouvèrent contre lui, à la réserve de la Reine, près de laquelle ils commencèrent à chercher les moyens de le mettre mal.
Le cardinal, par son adresse et sa libéralité, gagna d'abord plusieurs des femmes de cette princesse, à laquelle elles dirent que le duc de Beaufort, tout en tirant vanité d'être bien avec Sa Majesté, ne se soucioit réellement que de madame de Montbason, avec laquelle il avoit une intelligence si entière, qu'il ne s'attachoit qu'à lui plaire et faisoit gloire de tout mépriser
Î)our elle. Ces discours touchèrent sensiblement a Reine, et quoiqu'ils ne lui ôtassent pas la confiance qu'elle avoit au Duc, ils eurent assez de force pour la préparer au dégoût qu'elle prit depuis pour lui. Elle remarqua au'il faisoit trop le familier avec elle devant toute la Cour; même un matin, qu'elle étoit dans le bain, et qu'il n'entroit nul homme dans sa chambre, nous étions dans la pièce précédente avec la plupart des seigneurs qui attendoient l'heure de la voir : le Duc, devant tout le monde, s'approcha de la porte de la chambre, que l'huissier entr 'ouvrit, et dit qu'on ne voyoit point la Reine ; mais lui , le poussant, entra de force; action dont elle se fâcha si fort, qu'elle le fit sortir avec des termes d'extrême colère: Je le vis revenir fort interdit, quoiqu'il fit le railleur. La Reine savoit, outre cela, qu'il ne bougeoit d'avec la duchesse de Montbason, logée dans le château, ce qui ne lui plaisoit nullement; enfin il sembloit qu'il prit à tâche de se perdre. L'applaudissement général qu'il avoit reçu avoit tellement augmenté sa
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fierté naturelle , qu'il mécontentoit la plupart de ses amis, sans qu'ils le pussent avertir de tout cela, tant il se retiroit de ceux qui avoient eu familiarité avec lui. Il s'assuroit tellement en la Reine qu'il croyoit n'avoir besoin de personne, et se fondoit sur ce qu'elle lui avoit ait qu'elle ne vouloit pas qu'il eût d'autre attachement que le sien ; mais il devoit prévoir que, tout le monde butant à faire changer une femme qui l'eût peutêtre fait d'elle-même, ç'auroit été un miracle si l'on n'en fût venu à bout.
Trois semaines se passèrent delà sorte, pendant lesquelles le Roi ordonna qu'après sa mort la Reine auroit la garde de ses enfans, çouverneroit l'État avec le duc d'Orléans, le pnnce de Condé, le cardinal Mazarin, le chancelier ', les sieurs de Bouthillier > et de Chavi^i, sans que nul des sept pût être changé pendant la minorité du Roi, et que les choses se régleroient entre eux à la pluralité des voix. Le Roi mourut le 14 mai, jour de l'Ascension, auquel étoit mort Henri IV, son père, trente-trois ans auparavant. Sa fin fut la plus constante et la plus cnrétienne dont j'aie ouï parler, et l'on peut dire que sa mort a été beaucoup plus illustre que sa vie. Le lendemain, la Reine mena le nouveau roi Louis XIV à Paris, et ensuite au Parlement, où elle fut déclarée Régente, avec pleine puissance; ainsi, ce que Louis XIII avoit ordonné devint inutile. Le duc de Beaufort la servit bien en cette occasion, de même que le duc de Ven-