‹ Mémoires de Henri de CampionChapitre 53 sur 151 · I. Dans le canton d'Amfreviile-ia-Campagne , arrondis · texte numérisé non relu

I. Dans le canton d'Amfreviile-ia-Campagne , arrondis

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lui taillât une tombe, où l'on écrivît mon affliction : elle fut telle , que je n'ai pas eu depuis de véritable joie. Je m'étois si bien mis en l'esprit que ma fille seroit la consolation de mes dernières années , et j'avois si bien commencé à l'associer à toutes choses avec moi, que je crois que c'est lui voler son bien que de prendre plaisir à quelque chose sans- elle.

Le 12 mai je partis avec ma femme, quasi aussi affligée que m(M, et nous nous retirâmes chez madame de Vacueil, ma sœur, où ma femme demeura trois moi». Lorsque je pensois que j'étois séparé pour toute ma vie de ce qui m'étoit le plus cher, je ne pouvois aimer le monde , hors duquel étoit ma félicité. Je sais que beaucoup me taxeront de foiblesse , et d'avoir manqué de constance dans un accident qu'ils ne tiendront pas des plus fâcheux; mais à cela je réponds , que les choses ne font effet sur nous , que selon les sentimens que nous en avons , et qu'ainsi il n'en faut pas juger généralement comme si nous avions tous la même pensée. Il faut savoir le prix que nous estimons les choses , avant aue de louer notre patience quand nous les perdons. L'on prend souvent l'insensibilité ou la dureté pour de la constance , comme l'amour et l'amitié pour de la foiblesse. J'avoue que je jouerois le personnage d'une femme si j'importunois le monde de mes plaintes; mais chérir toujours ce que j'ai le plus aimé , y penser con-

seifient de Louviers, département de l'Eure. Il existe encore à Thuitsignol un moulin dit de la Rose, dont le meunier devoit offrir, le jour de Noël de chaque année, une rose fraîche et naturelle au seigneur du Boscférey.

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tinuellement en éprouvant le désir de m'y rejoindre, je crois que c'est le sentiment d'un homme qui sait aimer, et qui , ayant june ferme croyance de l'immortalité de l'ame , pense que l'éloignement de sa chère fille est une absence pour un temps , et non une séparation éternelle. *Que si l'on dit que ces vifs attachemens peuvent être excusables pour des personnes faites , et non pour des enfans , je réponds que ma fille ayant incontestablement beaucotfp plus de perfections que l'on n'en avoit jamais eu à son âge, personne ne peut avec raison me blâmer de croire qu'elle eût été toujours de bien en mieux, et qu'ainsi je n'ai pas seulement perdu une aimable fille de quatre ans, mais une amie telle qu'on peut se la figurer dans son âge de perfection. Quoi qu'il en soit, mon déplaisir m'ôta tous les soms que j'avois d'élever ma maison , mon principal but en cela ayant été l'intérêt de ma fille. Je ne laissois pas de souhaiter de faire instruire mes autres enfans selon leur condition, et leur laisser de quoi vivre de même ; mais ce n'étoit plus avec mon ambition et mon activité passées. Je ne songeois plus qu'à mener une vie sombre et retirée, contre mes premiers goûts et ceux de la plupart des affligés , cjui cherchent à voyager et à agir pour se distraire.

Je fis ce que je pus pour persuader au duc de Longueville de faire casser son régiment^ mais loin de suivre mon sentiment, il voulut tfUô- j'allasse à la Cour solliciter le payement dîe notre cj^uartier d'hiver. Je tâchai d'év\ter cette commission; mais voyant que je ne le pouvois sans blâme, après l'honneur qu'il ra'avoit fait de me

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bataille, n'en risqueroient pas une pour dégager Rocroi , et qu'ils préféreroient d'attaquer une de ses places qu'ils pussent prendre aussi-tôt que lui Rocroi, il supposa qu'ils se porteroient entre Sedan et Stenai pour attaquer Mouson, à douze lieues de lui. Avant de marcher vers Rocroi, il envoya donc en diligence à Mouson deux régimens d'infanterie, pour le défendre en cas de siège.

Les maréchaux n'eurent pas plutôt avis du décampement du Prince et de la route qu'il prenoit. Qu'ils marchèrent du même côté. Un capitaine de notre régiment vint prompteraent m'en donner avis, le jour même que je commençai à me lever. Il pensa, de même qu'un autre qui m'avoit accompagné à Ham pour me faire soigner, que ma foiblesse ne me permettant pas d'agir, il falloit achever de me guérir avant de quitter Haro. Mais je jugeai que si je laissois éloigner l'armée, j'aurois difficulté à la rejoindre; que s'il y avoit quelque chose à faire de toute la campagne, ce seroit dans cette circonstance ; que beaucoup de capitaines du régiment ne s'y tenant qu'à ma considération , il fmiroit par se débander si je n'y étois^ je me décidai à partir. On me mit à cheval aussi-tôt, et j'allai joindre l'armée vers la Fère , où elle campa ce soir-là. Une pluie très-abondante qui tomboit me redonna la fièvre, malgré laquelle je ne laissai pas de suivre le lendemain et les jours suivans, que, sans s'arrêter que pour passer la nuit, on alla en huit marches de Ham camper à la vue de Mouson, qui en est éloigné de plus de quarante lieues.

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les porta à ma tente , d'où , après avoir été pansés, je les envoyai à Sedan par la Meuse.

Le lendemain, Picardie emporta les dehors que les ennemis abandonnèrent sans résistance. Ensuite le régiment des Gardes arriva, de sorte <]ue nous n'allâmes à la tranchée que de cinq jours l'un. J'en fus encore deux fois avec notre régiment, qui perdit bon nombre de soldats.

Pour moi , je fiis si heureux , qu'agissant continuellement dans les pluies et la fange, j'achevai de me guérir. Le sieur d'Eclainvilliers', commandant de la cavalerie, disojt que j'étois le premier homme qui s'étoit sauvé où les autres se fussent perdus. Nous gagnâmes pié àpié le fossé, et après avoir fait une galerie, l'on attacha le mineur à la muraille. Le maréchal de la Ferté fit la même chose; sa mine étant la première prête, il la fit jouer, et se logea sur la brèche , ce qui obligea les ennemis, sachant notre mine en état, de capituler le dix-neuvième jour du siège*. Ils sortirent le lendemain avec armes et bagages, tambour battant et mèches allumées.

Nos généraux marchèrent vers Rocroi, qui n'étoit pas encore rendu. L'armée étoit diminuée de moitié par les fatigues du sié^e, les pluies et le manque de fourrage, qui avoit ruiné la cavalerie. Nous allâmes en trois jours camper près de Mézières et de Charleville , où nous apprîmes la reddition de Rocroi. Alors les généraux nous me-

1 . Timoléon de Séncourt d'Edainvilliers. H étoit mestre de camp d*un régiment de cavalerie qu'il avoit levé par commission du I $ octobre 164$.

2. Et le 28e de septembre 1653. C'est à ce siège que Louis XI v fit sa première campagne.

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nèrent reposer huit ou dix jours du côté de Rhétel, et pendant ce temps allèrent voir le Roi , qui étoit à Laon avec le conseil. Là on résolut que le maréchal du Plessis iroit assiéger Sainte-Ménehould avec les troupes de la maison du Roi et celles qui venoient de Guienne, et que les maréchaux de Turenne et de la Ferté s'opposeroient à l'armée des ennemis. M. de Turenne, sachant qu'ils se portoient vers la Picardie comme pour y entreprendre quelque siège, envoya notre régiment et celui de Gèvres, moi les commandant tous deux, avec le comte de Beaujeu», lieutenant-général, qui avoit à ses ordres un camp volant, afin qu'il nous jetât dans la place qui seroit menacée. Nous fûmes plus d'un mois à marcher vers toutes les villes d'où les ennemis approchoient, avec des fatigues continuelles ; nous allâmes à toutes les places de l'Artois et des frontières de Picardie, ce qui empêcha d'en attaquer aucune, les ennemis n'osant s'y embarquer dans l'hiver, sur-tout y sachant assez de ' monde. Après cette promenade le long des frontières, nous fûmes quelques jours à Hédin, d'où, sur l'avis que les ennemis étoient en corps aux environs de Saint-Omer, l'on m'envoya avec notre régiment gagner Montreuil, pour essayer de me jeter dans Ardres, à laquelle on croyoit qu'ils en vouloient ; ce que j'exécutai fort heureusement, quoiqu'il y eût beaucoup de monde aux environs. Les ennemis, voyant cette ville en état de soutenir un siège, ne l'attaquèrent pas.

I . Claude-Paul de Beau jeu de vilfiiers, comte de Beau jeu ^ lieutenant général du lo juillet 1652.

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Pendant les trois semaines que je passai à Ardres, le gouverneur espagnol de Saint-Omer, ayant détaché quatre cents chevaux sous la conduite d'un de ses parens pour aller piller des villages aux environs de Boulogne, où étoit le maréchal d'Aumont, cette entreprise s'exécuta; mais en qualité de gouverneur de la ville et du pays, il manda la noblesse et les milices, poursuivit cette cavalerie, et envoya en diligence prier le sieur de Rouville » , gouverneur d'Ardres , car il falloit oue les ennemis passassent près de cette place, a'en sortir avec ce cju'il pourroit de forces pour leur couper la retraite. Le gouverneur commanda aussi-tôt sa compagnie de Chevaux-Légers, me priant d'y joindre quelquesuns de nos officiers de bonne volonté. J'en fis sortir vingt des mieux montés, avec lesquels, et deux cents soldats de la garnison conduits par un de nos capitaines, nous allâmes du côté où dévoient passer les Espagnols , qui croyoient se retirer par la seule coupure qu'on trouve à un fossé qui traverse toute la plaine d' Ardres. Je me saisis de ce débouché avec mon infanterie , et les ennemis, qui étoient à la portée du mousquet, se voyant exclus du passage , se jetèrent sur la droite pour arriver à l'extrémité au fossé, et se retirer par les bois, quoique fort incommodes pour la cavalerie; mais le maréchal d'Aumont, paroissant alors à leur queue avec quelques cents chevaux, et la troupe à cheval du sieur de Rouville quittant notre infanterie pour les aller at^

I. Hercule-Louis, marquis de Rouville, lieutenan général et gouverneur d'Ardres et du comté de Guines.

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dant espagnol avec les officiers prisonniers , il le traita de orùleur de maisons , à cause d'une qui l'avoit été par ses gens près de Boulogne.

L'autre ayant répondu assez fièrement qu'il étoit homme d'honneur, le maréchal s'emporta jusqu'à lui faire tomber son chapeau avec sa canne, et à lui en donner dans le visage, accompagnant cette violence de paroles aussi offensantes que les coups. Cela me toucha si fort, que le maréchal, près duquel j'étois, voyant à mon air que je désapprouvois son action, me dit pour s'excuser que les Espagnols lui avoient autrefois* donné cent coups en le faisant prisonnier; ce que je trouvai une mauvaise raison, n'y en ayant pas là un seul de ceux qui l'avoient maltraité. Il {)rétendit aussi que l'officier dont je parle n'avoit pas rendu assez de respect à sa dignité ; mais je crois qu'il n'y a nulle excuse pour un homme qui en maltraite un autre sans armes, hors de la chaleur du combat. Le prisonnier témoigna le ressentiment que peut faire paroître un homme délicat hors d'état de se venger. On le mena avec ses compagnons à< Ardres.

Peu de jours après, j'eus ordre d'en partir pour marcher vers Sainte-Ménehould, que l'on croyoit encore en état de tenir long-temps ; mais en passant à Montreuil j'en appris la prise '. Comme toutes les troupes avoient leur route pour les quartiers d'hiver, elles s'y acheminèrent. Le nôtre étoit à Reims, mais sachant que l'on re-

I. Sainte -Menehould se rendit au maréchal Du Plessis- Praslin le 26 novembre 16 $5.

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d'ombrage; mais il ordonna à mon frère et à moi de raccompagner. Il fut très-bien reçu du Roi, de la Reine et du cardinal, demeura dix jours à Paris, après lesquels on lui permit de retourner à son gouvernement, et il nit congédié avec de grandes marques de confiance. Il revint donc bien vite en Normandie , pour, selon ma croyance , y passer le reste de sa vie , ayant alors aversion pour la Cour, et son âge, de près de soixante ans , fui faisant chercher le repos. Peu après son retour, son régiment de cavalerie fut cassé, ce qui Tempècha de demander l'augmentation de celui d'infanterie. Je lui dis qu'après avoir commandé les deux dernières campagnes un corps de trente compagnies, où il y avoit quatre-vingt-dix gentilshommes officiers et beaucoup de soldats , l'on se moqueroit de moi si je paroissois à la tète de dix compares. Il répondit qu'il seroit bien marri que j'eusse ce déplaisir ; qu'il ne vouloit donc pas que j'allasse à l'armée que le régiment ne fût rétabli sur le même pié qu'auparavant; mais au'il me prioit de mettre les dix compagnies en oon état, d'établir pour les commander le sieur de Thuitsimé S mon cousin germain et premier capitaine, m'assurant qu'après la campagne il demanderoit le rétablissement des vmgt compagnies supprimées ou le licenciement total du

I . Nicolas de Campion , chevalier, seigneur et patron de Thuitsimer; il étoit premier capitaine depuis l'origine du réglRient. Il appartenoit à la branche de Montpoiffnant.

Thttttsimer est une commune du canton d'Amtreville-la- Campagne, arrondissement de Louviers, département de l'Eure.

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corps, me procureroit un autre emploi et feroit pour moi tout ce qui dépendroit de lui. Pour obéir au Duc, je touchai l'argent du quartier d'hiver et des recrues, le distribuai aux capitaines, auxQueis j'avois donné rendez-vous à Evreux, et les fis partir pour Reims, d'où on les envoya en garnison à Sainte-Ménehould, pendant que le Roi assiégea Stenai et l^s ennemis Arras. Le Roi, après avoir pris Stenai, en partit le 20 août.

J'étois revenu d'Evreux chez moi au Boscferei , où j'ai vécu depuis avec une grande douceur, ne témoignant rien de ma mélancolie, fréquentant mes parens et voisins, et voyant de temps en temps le duc de Longueville, qui me traita toujours fort obligeamment. Voilà ce qui m'est arrivé de plus remarquable depuis ma naissance, le I) février 1613 jusqu'au 20 août 1654, que j'ai

Juarante et un an passés, et ma femme trente-cmq e la Magdelaine dernière '. J'imagine, tant par le souhait que j'en fais c^ue par l'état des choses, passer le reste de ma vie en repos dans ma province, mais toujours néanmoins dans le ressentiment de la perte de ma chère fille Louise-Anne, pouvant assurer que je n'ai pas encore été une neure sans y penser, quoiqu'il y ait plus d'un an

3ue je l'ai perdue. Je n'ai point décrit beaucoup e choses qui me sont arrivées en ma jeunesse sur deux matières où j'étois fort enclin : l'une , les démêlés particuliers que j'ai eus souvent tant pour moi que pour mes amis, et dont je suis toujours

1. La fête de Sainte-Madeleine se célèbre le 22 jaillet, Madame de Campion étoit donc née le 22 juillet 161 9.

avantageusement sorti , ayant honte de dire que 3*ai cherché des choses que tout le monde doit fiiir avec soin. L'autre, sont les inclinations d'amourettes sans lesquelles je n'ai guère été juscju'à mon mariage; ce n'est pas que tantôt la timidité, tantôt le respect et souvent la paresse et le bonheur ne m'aient empêché de faire rien de criminel , mais je ne laissois pas de l'être de volonté. Ce que j'ai écrit suffit pour faire connoître à ma famille mes moeurs , inclinations, fortunes et actions. Je ne désire aujourd'hui que de pouvoir faire instruire mes enfans selon leur qualité, de les voir en âge et en état de se passer de moi, et ensuite de sortir du monde, pourvu que ce soit avant ma femme , pour rejoindre ma fille chérie, enfin que nos corps soient enterrés au Thuitsignol auprès du sien.

Le régiment de Longueville, que je commandois toujours, fut licencié à la fin de 1655. Depuis ce temps je ne me suis mêlé que de mes affaires et de celles de mes amis quand ils m'en ont prié. Malgré mes efforts pour être bien avec mon voisinage , j'eus quelques différends pour le logement des gens de guerre et pour la chasse , mais sans outre-passer jamais la raison et la justice, et en usant toujours avec fermeté à l'égard de ceux qui prétendoient, par leurs biens, charges ou autres avantages dont l'on ne dépend point, faire les entendus, l'ayant toujours pris, partout où nous nous sommes trouvés , plus haut qu'eux, soit comtes, marquis ou autres, et ayant voulu que ma femme fit cle même avec les leurs. Peut-être m'en aimoient-ils moins , mais ils nous ont cependant plus recherchés que le reste de

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loit rétablir l'ordre vint à eux , les croyant Tun et l'autre de sa troupe , mit l'épée à la main et les frappa. Mon valet, sans considérer autre chose, lui donna du bout de son fusil dans le visage, le mit tout en sang, lui cassa deux dents et le voulut tirer, mais le fusil rata. J'arrivai en ce moment, et ne pouvant passer à cause d'une haie, je menaçai seulement mon valet s'il ne s'arrétoit. Les ' troupes survinrent en même temps , faisant bien cmq cents chevaux , et commencèrent à crier qu'il falloit faire main-basse ; car celui que mon valet avoit blessé étoit malheureusement le commandant de cette cavalerie et chef des gendarmes du cardinal Mazarin '. Je me trouvai fort mal à l'aise , à pié sans autre arme qu'une canne au milieu de ce monde , et considérant que si je me retirois ils • tueroient le valet.. Je restai donc, et leur parlai si hardiment , et avec un si grand sang-froid , que malgré l'animosité du chef et la leur, ils lâchèrent mon homme et suivirent leur route. Je me suis trouvé durant dix ans dans de grands hasards pour ces passages de gens de guerre, y en ayant eu beaucoup, tant de cavalerie que d'infanterie, à l'entrée et à la fin de chaque campagne, sans que mes paysans aient quasi rien perdu; mais cela s'évitoit avec bien de la .peine, à cause de la licence des troupes.

Le 31 janvier 1059, ma femme, étant grosse, tomba malade, se rétablit un peu, puis retomba d'une pleurésie, et ne fit que languir jusqu'au premier juin, qu'elle parut en grand danger. Le 4,^

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