I . Il s'appeloit Boyer
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dans la matinée, elle ressentit les douleurs de l'enfantement, quoiqu'elle ne fût que dans son huitième mois, et rendit bientôt l'esprit, en mettant au monde une fille qui mourut cinq ou six jours après elle. J'étois navré et tombai dans un état à taire pitié. Mon frère le bénéficier et ma sœur de Vacueil me menèrent à Conches : j'y restai dix-sept jours, et revins ensuite au Boscferei, pour donner ordre à mes affaires. Je demeurai seul avec trois fils et deux filles : 1°. l'aîné, Edme, eut dix ans le 16 mai.
2°. Nicolas, huit ans le j février. 3°. Alexandre, trois ans le 1 9 septembre ' . 4°. Marie-Magdelaine, sept ans le 14 mars. 5°. Enfin, Magdelaine, quatre ans le 10 octobre. Outre ma fille aînée Louise-Anne, et une autre petite appelée Anne, qui étoient mortes, j'eus encore le malheur de perdre, le 24 octobre 1659, Marie-Magdelaine. Ne pouvant tenir dans ma maison , qui me rappeloit sans cesse mes chagrins, j'en avois pris une à Conches , où je demeurai jusqu'au 2 de juin 1 660 , que voyant que le regret de mes pertes me suit également par-tout , je suis revenu chez moi au Boscferei avec mes enfans, et j'y vis dans une grande tristesse, n'ayant d'autre consolation que de faire célébrer l'annuel de ma femme bien-aimée au Thuitsignol, et dans ma chapelle du Boscferei. J'ai fait mettre deux tom-
I. Alexandre detCampion, écuyer, sieur du Feuguerei, fiit capitaine de cavalerie au régiment de Nassau. Il vivoit encore le 4 novembre 1696; mais le 18 mai 1706, noble dame Catherine de Garencières est qualifiée , dans un acte passé au notariat d'Amfreville-la-Campagne , veuve en dernières noces de messire Alexandre de Campion.
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bes jointes ensemble , à la principale place du chœur de l'église du Thuitslgnol, ma paroisse, et près de mon banc , l'une sur le lieu où repose le corps de la meilleure, de la plus chérie et de la plus regrettée des épouses, et l'autre pour moi. J'ai fait graver l'épitaphe sur les tombes, et il n'y manaue plus que le jour et l'année de ma mort, que l'on ajoutera quand elle sera arrivée.
On voit que l'affliction qui consumait M. de Campion, lui rendoit la vie insupportable. Il mourut d'une maladie de langueur le 1 1 mal 166;, âgé de cinquante ans et trois mois. Sa postérité est éteinte. {Note du général de Crimoard.')
Ce fût son frère le bénéficier qui eut la tutelle de ses enfans mineurs. II !a garda jusqu'à sa mort, qui arriva vers 1671. Nous avons dit en effet qu'il fut remplacé, cette année là, par le fils de M. de Vacueil.