‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle éd (volume 2)Chapitre 120 sur 231 · LETTRE XLV · texte numérisé non relu

LETTRE XLV

J'ai reçu la copie de la lettre que vous avez écrite à madame votre mère, sur les sujets que vous croyez avoir de vous plaindre d'elle. Je la trouve fort bien faite et très-respeaueuse ; mais, comme vous m'avez commandé de vous en mander mon sentiment, je prendrai cette liberté, et je vous -dirai que tout ce que vous dites pour elle sera approuvé de tout le monde, mais que vos emportements contre un de ses domestiques

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le seront de peu de gens. Vous vous souviendrez, s'il vous plaît, que, lorsque je vous suppliai trèshumblement que je ne me mêlasse point de votre domestique à tous deux, l'on vous avoit mandé que plusieurs vous trahissoient, et que vous avez trouvé avec le temps que j'avois raison de vous assurer que vous pouviez en avoir de plus affectionnés les uns que les autres, mais qu'aucun ne vous trahissoit . Peut-être arriverart-il qu'après avoir donné un grand chagrin à madame votre mère, vous trouverez la même chose de celui que vous croyez coupable. Enfin, je vous demande

Eardon si j'ai manqué, et je vous supplie trèsumblement d'attribuer à mon zèle la liberté que j'ai prise de retarder l'ordre que M. Pingard avoit de lui donner votre lettre, jusqu'au re^ tour du porteur, qui sera dans trois jours au plus tard, parce que, si vous persistez dans l'intention que vous en avez, il sera aussi bien alors qu'à présent.

De Paris, ce 12 novembre 1640.

AU MÊME

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