I . Premier valet de chambre du cardinal
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possible pour vous. Il m'a conseillé de retourner à Sedan ^ vu la grande haine que M. le Cardinal a contre moi; vous me le commandez aussi ; mais, comme je crois être nécessaire ici, pour m'assurer de tous vos amis et serviteurs, ]è ne suis pas résolu d'en partir. Toutefois, afin que vous ne soyez pas persuadé que je veuille entrer dans la Bastille comme un fou , je vous dirai que j'ai fait agir la dame aue vous savez ', qui est entrée en négociation de votre part, et qui fait espérer que vous prendrez confiance en la parole de M. le Cardinal et que vous vous accommoderez in&illiblement, mais que^ comme je n'y suis pas porté, il me faut cacher le traité, pour lequel elle attend une lettre de créance de vous. Cependant je fais ici ce que je veux pour vos affaires, M. le Cardinal n'ayant garde de s'assurer der^moi tant qu'il espérera vous pouvoir avoir vous-même ; et j'ai si peu d'appré-
I . L'abbé de Campion parle de cette dame dans le neuvième Entretien, celui qui est intitulé : Du plus sûr appui de l'autorité souveraine; mais il ne la nomme pas non plus. Ezicrate (Alexandre de Campion), pressé de fuir par ses amis, ^ui ont appris que son nom avoit été prononcé dans le cabinet du ministre, refuse d'abord, parce que «nous avons, dit-il, affaire à un prince de l'Église, qui fait profession d'être ami de la justice, et qui, du moins, en conserve toujours les apparences » ; puis parce (^ue , « envoyé par un prince du sang pour justifier sa retraite contre la calomnie de ses enitemis et' pour traiter des moyens de sûreté qu'on lui peut •donner contre la pubsancede ceux qui le veulent opprimer», il ne peut s'éloigner sans compromettre les intérêts de son maître; enfin il annonce qu'il a été trouver une dame «qui lait la zélée pour le prince et qu'il sait gagnée par le ministre, pour consulter avec elle sur les moyens de renouer quelques propositions de traité dont il a feint que la rupture apparente avoit fort étonné le prince. »
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hensions que )'ai même été à la comédie de Mirame dans le carrosse de madame la princesse , où étoient mademoiselle de Bourbon > et mademoiselle votre nièce ^y que j'avois Phonneiir de meher. La première étoit ^belleet si triomphante que, si vous l'aviez vue en cet état, je ne doute pas que vous ne lui domiasâez L'avantage sur toutes les beautés que vous avez jamais connues. Je me suis trouvé assis assez près de M. le Car* dinal , qui avoit tant d'attention au récit de sa comédie qu'il ne pensoit qu'à s'admirer soimême en son propre ouvrage. Je vous expUouerai toute cette affaire à mon retour, et je vous ûirai seulement , en attendant, que j'y trouve quantité de défiants , qu'il faudroit être bien hardi pour publier ici , vu qu'il s'intéresse plus à l'honneur de cette pièce qu'il n'a jamais liait à l'événement de toutes les campagnes passées ). Je ne doute point du déplaisir que vous avez eu de l'éloignement du Père de Gondy et des deux présidents; je me doutois bien qu'on sauroit qu% seroient venus à l'hôtel de Soissons, et que madame votre mère , pour votre justification^ diroit à ses serviteurs que vous ïfaviez rien fait que par l'avis de ces trtfis personnes. J'avoîs eu cette
1. Anne-Geneviève de BourboDrCondé, plus tard duchesse de Longueville.
2. Marie d'Orléans, connue d'abord sous le nom de sademoiselle de Longueville, et puis sous celui de duchesse de Nemours. Elle etoit fille de Henri II d'Orléans, duc de Longueville , et de Louise de Bourbon-Soissons.
3. Alexandre de Campion exprime son opinion sur Jf/rame dans le onzième Entretien recueilli par l'abbé, celui qui a pour titre, De ta conduite dit ministre : « l^irame, où il a dépeint avec tant d*art les plus tendres seatimeos d'une
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consotalion que, depuis près de cinq ans que vous me faites l'honneur de me confier vos affaires^ l'on n'a découvert aucun de ceux avec qui j'ai conféré de votre part. Madame votre mère est à présent tout à tait persuadée du tort • de M. le Cardinal et de la justice de votre ressentknent ; elle fera ce qu'elle pourra pour nous faire avoir de l'argent , et vous avez bien des serviteurs ici qui vous en envoient. La dernière voiture part demain ; je ne vous: écrirai plus , et, sitÊrtque j'aurai vu encore deux hommes, je me retirerai sans dire adieu.
De Paris, ce 21 janvier 1641.
AU MÊME