‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle éd (volume 2)Chapitre 128 sur 231 · LETTRE LU · texte numérisé non relu

LETTRE LU

Enfin vos prophéties sont accomplies, et M, le Cardinal nous veut pousser tout de bon; ce ne sera pourtant pas sans trouver de la résistance. Je ne sais si nous serons en état de lui faire autant de peur que lorsque vous opiniez à ne pas demeurer en repos. Vous aviez judicieusement prévu qu'on seroit contraint de prendre les armes à sa commodité; mais néanmoins,

î. Il éloit certainement Normand, et on peut croire <ju'il ^ppartenoit à la même famille que Jean-Baptiste Lesso, sieur de la Thirière et de Valliquerville, premier président de la chambre des comptes et de la cour des aydes de Normandie. Ôstte famille avoit été anoblie en 1609, pour, services rendus pendant le blocus de Cherbourg par les AngtoÛL

36û Lettres

par l'état où sont vos affaires, je ne prévois pas qu'il y trouve toute la facilité qu'il s'est persuadée. Vous en serez mieux instruit par la lettre que je vous envoie avec celle-ci. Je vous proteste, Monsieur, que, si quelque chose me console dans les désordres où nous allons entrer, c'est la joie que j'ai de vous revoir bientôt à Sedan, dont je ne fais aucun doute, vu les sentimens où vous m'avez toujours témoi^é être, et même dans la dernière lettre que vous avez écrite à votre.

A Bruxelles , ce 2 juin 1 64 1 .

A M. DE SAINT-YBALT.

LETTRE LIIL

Je ne vous convie point de nous venir trouver promptement ; je sais que votre parole vous y engage assez, et que vous êtes trop gracieux pour perdre cette occasion de faire connoitre que votre mécontentement n'a pas été jusqu'à vous tirer des intérêts où vous vous étiez embarqué de si bonne grâce. Si vous aviez besoin de persuasion pour vous pousser, j'emploierois , afin d'y réussir, toutes les belles paroles que je pourrois trouver ; mais, étant fort assuré de vos sentimens sur cette matière, je me contenterai, de vous répondre que vous serez le très-bien venu. Je suis certain, après cela, que le séjour de la Haye n'est pas assez charmant pour vous y retenir. Vous savez. Monsieur, la joie qu'aura votre» A Bruxelles, ce i juin 1641.

d'Alex, de Campion. )6i

a m. le comte. LETTRE LIV.

J'ai reçu votre lettre du ler de juin , que vous m'avez envoyée par M. de Pragues, et les ordres qu'il m'a apportés de bouche de votre part. Je satisferai aux uns et aux autres, et il vous dira que les affaires sont en assez bon état : -j'avois même fait envoyer un ordre à Lamboy ', avant son arrivée, d^aller partout où vous lui commanderez, et tous les officiers généraux qui sont dans le Luxembourg ont reçu le même commandement. Les affaires sont à présent établies ici d'une manière que je ne proposerai rien de '^otre çart qui leur soit possible, que l'exécution n'en soit prompte; mais pour le reste de l'argent, il leur faut donner le temps qu'ils demandent, étant constant qu'ils n'ont pas le sol; de sorte qu'il vous faut faire fonds sur votre argent et sur ^ Celui que j'ai touché, le reste étant dans l'încerlïtude; ce n'est pas que je ne fasse du bruit, afin de leur faire tenter le peu de crédit qui leur reste à; Anvers. J'ai appris avec étonnement la folie de M. de Châtillon, ou la présomption de M. le Cardinal^ de l'envoyer assiéger Sedan avec six mille hommes. Il est constant que, la principale

I . Général de Tarmée de TEmperçur. H se joignit en effet au comte de Soissons, pendant que le cardinal infant étoit obligé de défendre la Flandre contre le maréchal de la Mel- Icrayc.

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