I. Charles IV, duc de Lorraine
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à la cour de France par lequel il s'oblige de joindre M. le maréchal de Cnâtillon avec son armée s et à attaquer Sedan, auprès de qui même j'apprends qu'il y a des gens de M. le car* nal de Richelieu , j'avoue que j'ai peine à me persuader que mon voyage puisse faire changer ses desseins. Toutefois, pour vous obéir et pour ne rien omettre qui puisse servir, je vous dirai que M. de Guise et M. le marquis de Malvezzi feront le même voyage , et qu'ils pourront y servir beaucoup, l'un comme son proche parent, et l'autre comme ministre du roi d'Espagne. J'ai écritaussi en diligence à madame de Chevreuse , pour tirer une lettre de créance d'elle , comme )'en ai une de vous. De plus, j'y mène M. l'abbé de Mersy et M. le marquis de Ville, afin de ménager par leur moyen ceux qui approchent ce pnnce. Enfin , je n'omettrai rien de ce que je. croirai utile au dessein que vous avez; et j'agirai, de mon mieux, si je le vois disposé, pour peu que ce soit, à s'umr avec vous; mais préparezvous, s'il vous plaît, à vous contenter de mes bonnes intentions et de mes soins, si je ne réussi^ pas à un dessein dont l'exécution est si difficile , et où il n'y a aucune apparence d'un probable événement.
Ji Luxembourg, ce 25 juin 1641.
1 . Le duc de Lorraine venoit de signer, à Saint-Germain ,. le traité du z avril, qui Tobligeoit à secourir le roi toutes les. fois qu'il en seroit requis .
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AU MÊME
LETTRE LVIL
Je ne doute point que vous n'ayez Ken de \sk joie de.rheureux succès de notre voyage. Nous avons vu tous séparément M. de Lorraine: il est résolu de s'unir à vous, et il n'a rien demandé, sinon que je m'enea^easse pour vous: que vous ne vous accommodenez jamais sans le comprendre dans votre traité, et sans ^'îl rentrât dans la possession de son duché de Lor7 raine. I^ous avons aussi arrêté que vous donneriez l'ordre chacun votre tour,- en cas de jonction, et que vous vivriez toujours dans l'égaâilé. Je l'ai entretenu assez longtemps, et j'ai fait amitié avec ses principaux serviteurs , qui m'ont traité. Ils ont une grande joie de vouJ voir unîs. MM. de Ville et de Mersy m'ont fort aidé et Vous ont bien servi. Il a renvoyjé en France M. l'abbé, de Saint-Martin 'et M. de Graves », écuyer de M. le Cardinal, qui étoient auprès de kiî. Enfin il doit partir demain de l'abbàye de Meteloc, où il est, pour venir à Sedan; mais, comme on dit qu'il a l'esprit irrésolu , je ne le quitterai point qu'il n'ait passé la Moselle , afin qu'il ne s'en puisse dédire. Il doit signer un traité nouveau avec l'Espagne. Le marquis de Maluezzî se doit trouver chez lui ce soir. M. de Guise en
I. Bernard de Graves, plus tard lieutenant des gardes du Cardinal.
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fut reçu hier avec de grandes caresses. J'ai beau*^ coup d'impatience de vous aller rendre compte du détail de tout; mais celle que j'ai (]ue vous receviez de si bonnes nouvelles me fait dépêcher ce porteur avec précipitation, pour vou^ donner une joie qui ne sera pas petite. A Sarbôurg sur Sar, ce 2 juillet 1641.
AU MÊME
LETTRE LVilL
La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire par M. de Chambor > me donine tant, de joie que je n'en aurai jamais de pareille. C'étoît trop, pour le service que je vous ai rendu, de me faire connoitte que vous étiez satisfait de moi, sans y ajouter tant de témoignages de recpnnoissançe, qui me rendent confus. Mais, sans vous importuner davantage de mon ressentiment, je vous dirai qu'enfin nous avons fait passer la Moselle à M. de Lorraine avéc son armée, et que ses troupes ont reçu aujourd'hui le pain de munition par les mains des commissaires espagnols, et qu'dles sont logées dans letir pays: Je rèmène M. de Châmbor- c4|ucher à Luxem*^ bo^urg, d'où nous pr^endôns aller demain à Se-^ dan y moyennant tes relais que vous avez en-
. I." n étoit major au rfciment du Terrait. La Gazette le nomme dans la relation du combat de Poligny en 1638. Elle le cite comme « ayant fait des merveilles » à la bataille de Lens.
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yoyés à moitié chemin. J'ose vous supplier trèshumblement de souffrir encore (quelque temps, et de ne point combattre M. de Châtillon que M. de Lorraine ne vous ait joint, afin d'aller à une victoire certaine. Vos affaires sont en si beau chemin que ce seroit une affliction étemelle pour vos serviteurs si vousiaisiez quelque chose qui les troublât; et, vu les intelligences que vous avez en France et l'engagement de la principale armée au siège d'Aire , il est impossible qu'on vous empêche d'aller jusqu'à Paris, où vous serez reçu avec joie. Au nom de Dieu , ajoutez encore deux ou trois jours de patience à celle que vous avez eue jusqu'ici, et, puisque vous êtes satisfait de ma négociation , ne regrettez pas le conseil que je prends la liberté de vous donner. A Grevemaquer, ce samedi au matin.... juillet 1641.
A MADAME LA DUCHESSE DE CHEVREUSE