‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle éd (volume 2)Chapitre 2 sur 231 · Histoire de la commune de Saint-Martin du Tilleul, p.6j · texte numérisé non relu

Histoire de la commune de Saint-Martin du Tilleul, p.6j

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colonel le régiment aue le duc de Longueville entretint de 1652 à 1655. Il se distingua par son intelligence et par son courage y notamment au siège de Salces en 1630 sous le maréchal de Schomberg, et à celui de Turin sous le comte d'Harcourt, en 1640. Sonnomfiit, en plusieurs occasions , cité dans la Gazette, Brave entre les braves, instruit, studieux, attaché à ses devoirs, il se seroit apparemment élevé aux plus hauts grades de Parmée , si une influence extérieure ne Tavoit pas arraché aux travaux de la guerre pour le jeter dans les aventures de la cour.

Second fils de Hemery de Campion, vieux capitaine mort au service du roi en 1616, il avoit deux frères : Alexandre, son aîné , et Nicolas « plus jeune que lui de quelques années. Ce dernier accepta docilement la destinée que la volonté de sa mère lui avoit préparée. Il fut prêtre ; il vécut et mourut prieur ae Vert-sur-Avre, entre Dreux et Nonancourt.

Alexandre reçut une éducation solide au collège de la Flèche, et, jeune encore, il fut placé auprès du comte de Soissons en qualité de gentilhomme. Il avoit à peine vingt ans. Il sut avec plus d'habileté , plus de souplesse, plus de suite que ne le comportoit son âge, s'établir dans les Donnes grâces du prince, et bientôt il fut en possession de tous les secrets de son maître. Dès 1636 il avoit la confidence du complot d'Amiens contre la vie du cardinal de Richelieu. Quand , après la prise de Corbie , le comte de Soissons, redoutant les dangers que pouvoit lui faire courir la découverte du complot, se retira à Sedan, Alexandre de Campion tiit chargé de traiter de ses intérêts avec la Cour. Il s'acquit

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beaucoup de réputation dans ces négociations difficiles. Le ministre le ménagea , et les mécontens le recherchèrent comme un homme de résolution et de ressource, dont il étoit possible de se servir avec utilité.

Ce fut dans ce temps qu'il écrivit à Henri , alors en Piémont , pour l'engager à se rendre à Paris , l'assurant à demi mot qu'il ne manqueroit pas d'emploi. Le comte de Soissons méditoit déjà l'alfiance qu'il contracta l'année suivante avec les Espagnols, et dont sa mort mystérieuse, dans le premier enivrement de la victoire de la Marfée , trompa à la fois le succès et les espérances. Alexandre vouloit sans aucun doute enrôler son frère sous la bannière du prince. Henri , qui se plaignoit de n'avoir pas obtenu la compagnie du chevalier du Repaire, tué devant Turin, accourut aussitôt; mais le traité de Bruxelles n'étoit pas conclu encore. Il ne reçut d'Alexandre que des paroles va^es, plus vagues même que celles de la lettre qui l'avoit fait venir, et le roi lui refusa la permission de vendre sa lieutenance.

N'osant plus retourner à son régiment, qu'il avoit quitté en annonçant. sa ferme volonté de n'y plus reparoître, Henri de Campion crut à un calcul, à un artifice; il se tint quelque temps éloigné de son frère. Les événemens cependant se précipitèrent tout à coup. Le comte de Soissons prit les armes, livra une batailte qui sembla l'avoir rendu maître de la France, et mourut victorieux , laissant son parti sans direction et sans force. Les Espagnols se retirèrent ; le duc de Bouillon fit son accommodement. L'Etat ainsi pacifié, Alexandre revint à Paris; il s'at-

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tacha à la maison de Vendôme , ou plutôt il resta dans une sorte de complicité avec la duchesse de Chevreuse, et il détermina Henri à se donner au duc de Beaufort.

Tous les Campion étoient dans une habitude d'oppîbsition au gouvernement qu'avoit continué et développé avec une rigueur inconnue avant hii le cardinal de Richelieu. Ce n'étoit pas qu'ils n'appréciassent les grandes qualités du premier ministre ; mais ils regrettoient « la liberté que les François avoient toujours prise de murmurer, sous les 'règnes les plus doux, non-seulement chez eux et à la campagne, mais dans les villes et à la Cour même » » ; ils gémissoient de Poppession qui tenoit la noblesse surtout « sous le |oug d'une patience muette * ». Le prieur mettoit dans les ressentimens communs une modération et comme une mansuétude c|ui alloient bien à son caractère de prêtre; Henri les exprimoit avec la simplicité et la franchise d'un soldat ; Alexandre y portoit l'entêtement d'un cœur ambitieux et la subtilité d'un esprit accoutumé à l'intrigue. Sa vie en effet se passa presque tout entière dans les factions. Après avoir été de toutes les conspirations du comte de Soissons , il entra, quoique domestique de la Reine, aussi avant que personne dans le complot du duc de fieaufort contre le cardinal Mazarin, et, pendant la Fronde , il s'offrit au duc de Longueville , qui l'associa à sa fortune. Avec un courage intrépide, il ne fit la guerre, poup ainsi parler, que

1. Entretiens sur divers sujets d'histoire, de politique et de morale,

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