‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle éd (volume 2)Chapitre 30 sur 231 · François de Comminges, seigneur de Guitaut · texte numérisé non relu

François de Comminges, seigneur de Guitaut

3. Roussel, qui le cite comme capitaine en 1636, l'appcUe de T4ig,

Il6 MÉMOIRES DE CaMPION.

pour donner à notre gauche et à notre droite un peu avant nous, avec chacun cent hommes. En cet ordre nous descendîmes la montagne , et les autres régimens à-peu-près de même. Lorsque nous fûmes près du bas de la hauteur, à la portée du mousquet des retranchemens, le maréchal de Schomberg et le duc de Saint-Simon s'arrêtèrent au coin d'un coteau, à la tète d'un escadron de volontaires, près duquel il jr àvoit encore un escadron de cavalerie. Le vicomte^ d'Arpajon et le sieur d'Argencourt firent la mêrhe chose du côté de l'étang, et le sieur de Lecques de celuidelamontagnedeSalces. Leprince deCondé^ avec le reste de l'armée, étoit demeuré en haut, d'où il voyoit comme d'un théâtre tout ce qui se passoit dans la plaine, et par un fort beau jour. Sitôt que nous fûmes au bas de la montagne , es Espagnols commencèrent à tirer et nous à marcher droit à^ux, dans un terrain uni comme une salle. Ils nous tuèrent quelques soldats pendant cette marche, que nous exécutâmes, ainsi que le virent et le dirent après le Prince et toute l'armée, avec le même calme que s'il eût été question de faire l'exercice, observant l^ distances des rangs et des files, enfin d'une manière qui marquoit la résolution de tout le corps, quoiqu'il tombât toujours du monde. Quand nous fûmes au milieu de la plaine, quasi à la portée du pistolet, les ennemis tirèrent tous leurs canons chargés à balles, et firent en même temps une salve du premier rang de leurs mousquetaires. Un de leurs boulets donna dans le milieu de notre bataillon, et le coup, joint aux mousquetades , nous emporta six files ou trente^ix hom-

Année 1639. '*?

mes. Les. autres régimens reçurent aussi un ^and échec, et prirent tellement l'épouvante, qu% firent deroi-tour à droite, et regagnèrent la montagne, malgré les efforts des officiers, dont la plupart de ceux qui combattoient prés de notre régiment se vinrent mettre avec nous. Ce désordre ne nous empêcha point d'aller résolument à la tenaille. En abordant le fossé, l'on nous fit une décharge de toutes les lignes, qui n'étoient plus occupées que de nous. De cette salve, du Tue, Piolens > et Jourdon, capitaines, furent étendus morts sur le bord du fossé, de même que du Parc *, major, un lieutenant et deux enseignes, Orgemont et Epeville, capitaines, hors de combat, avec trois lieutenans; et itioi l'eus dans le côté un coup de mousquet, dont ia balle ayant emporté une grosse pièce du bois de ma pique, que je portois traînante le fer en avant, ce bois me donna dans le flanc avec tant de violence qu'il me fit une grande contusion et me renversa évanoui. Le reste des officiers et des soldats se jetèrent dans le fossé, où ils furent un peu plus à couvert du feu des Espagnols. Ils essayèrent de monter sur le retrancnement. Toulongeon, lieutenant 5, s'y jeta, et fut

1. 11 étoit déjà capitaine en i6}i. La Gazette le cite parmi les morts de cette journée. Extraordinaire du i8 novembre 1659.

Page 1