‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle éd (volume 2)Chapitre 32 sur 231 · Cette attaque eut Heu le 2 novembre · texte numérisé non relu

Cette attaque eut Heu le 2 novembre

2. Charles de Pilliers, sieur de la Coudrelle. U vivoie encore en 1 666.

Année 1639. 119

ses épaules 9 et l'apporta au milieu du batafllon à là vue des Espagnols , cet enseigne ayant eu encore un coup de mousquet au derrière sur ces entrefaites. Comme les ennemis se disposoîent à tomber sur notre réciment dans sa retraite, le duc de Saint-Simon oescendit de sa montagne, et marcha si audacieusement à eux avec les volontaires, tandis que le maréchal de Schomber^ en fit de même avec l'autre escadron qui étoit avec liû, qu'ils rentrèrent dans leur retranchement.

Pendant ce temps nous remontâmes la hauteur, sur laquelle l'armée campa hors de la vue des ennemis. L'on trouva que sur trente-cinq cfliciers ^ue nous étions avant l'action, il y en avoit vingt-neuf de morts ou hors de combat. Deux cents soldats étoient tués et autant blessés. Les autres régiments en j)erdircnt environ trofa cents et beaucoup d'officiers.

Le lendemain de cette malheureuse attaque , le prince de Condé se retira à Narbonne, et envoya Tannée dans les quartiers le long des montagnes dans le Bas-Languedoc. On envoya ensuite le régiment de Normandie à Castebiaudari. Je fiis si malheureux 2 que tous les lieutenans des capitaines qui avoient été tués s'étant trouvés présens au combat, où ils furent blessés sans péril de la vie, le Roi ne put se dispenser de leur donner les compa^ies; ainsi je restai lieutenant, mais je guéris de ma blessure. Le sieur d'Espenan ménageoit les vivres dans Salces le mieux qu'il lui étoit possible, et trouva moyen de faire sortir un homme par lequel il informa le prince de Condé , qui étoit à Toulouse , qu^U

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tiendroit jusqu'au mois de janvier, et aue les ennemis étoient fort affoiblis par les maladies. Le Prince manda ces détails à la Cour, ajoutant que le maréchal de Schomberg avoit assez de crédit en Languedoc pour remettre les troupes en état de tenter encore une fois le secours de Salces. L'on croit qu'il écrivit ainsi malicieusement, afin que le Maréchal ne réussissant pas , comme il y avoit apparence, cela le mît mal à la Cour, et lui facilitât les moyens d'obtenir son gouvernement, qu'il désiroit depuis long-temps ». Quoi qu'il en soit, on envoya ordre au Maréchal d'assembler les troupes, la noblesse et les milices, et d'aller encore attaquer les lignes des Espagnols. On lui adressa en poste un ingénieur qui fit faire à Narbonne des machines roulantes, pour qu'on pût approcher à couvert des retranchemens des ert-inemis; mais quand elles furent construites, la difficulté de les conduire les rendit inutiles : on auroit dû y réfléchir auparavant.

La plupart de la jeunesse de la Cour arriva en poste à Narbonneavec le duc de Nemours^ et le marquis de Coilin). Nous eûmes ordre de nous rendre à Sigean au commencement de janvier 1640, le sieur d'Espenan ayant fait une composition fort honorable avec les Espagnols,

1 . Schomberg avoit été nommé gouverneur du Languedoc le 22 octobre 1632 en survivance de son père. Il céda son gouvernement au duc d'Orléans en 1644 et reçut en échange celui des Trois Evèchés avec la charge de colonel général des Suisses.

2. Henri de Savoie, duc de Nemours, celui qui fut tué en 16$ 2 par le duc de Beaufort, son beau-frère.

3. Pierre-César de Cambout, marquis de t:oislin,colond général des Suisses et Grisons.

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