François d'Avancourt ou Abancourt
2. Il s'agUsoit de ces fameuses lettres de madame de FouqtieroUes au marquis de Maulevrier que la duchesse de Montbason trouva un jour dans sa chambre où elle avoit reçu plusieurs personnes de la cour, et qu'elle fit courir sous le nom de la duchesse de Longucville. On sait que cette perfidie, qui excita les plus vives susceptibilités die la princesse de Condé, fut cause du duel de Coligny et du duc de Guise.
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sa personne pour nous opposer à ceux qui voudroient résister, et qu'incontinent après raffaire faite, nous sortirions tous de Paris pour nous mettre en sûreté.
Le duc de Beaufort ne voulut point que mon frère fût aux assemblées ni à l'action, afin qu'il pût assister la duchesse de Chevreuse < dans le besoin que l'on auroit d'elle pour essayer d'appaiser la Reine et de la raccommoder avec le duc de Beaufort, quoiaue cette duchesse ne fût alors guère en mesure de rien faire à l'avantage de ses amis. Le premier jour que ceux destinés à l'entreprise se réunirent, fut dans la rue Champ- Fleuri* où j'allai avec eux, et fis mener un cheval pour moi et un pour le Duc. En retournant le trouver chez le baigneur Prudhomme, où il étoitavec Beaupuis, je passai devant lé logis du cardinal, et le vis sortir en carrosse avecPabbé de Bentiviglio?, plusieurs autres ecclésiastiques et quatre ou cinq valets à sa suite. Je demandai
1 . « Le sieur de Campion étant à l'hôtel de Chevreuse et voulant s'en retourner au Louvre fut conseillé par MM. de Cuise et d'Épemon, qui étoient pour lors aussi audit hôtel, de n'y point aller, et prit résolution d'attendre le retour de madame de Chevreuse, qui étoit chez la reine, au retour de laquelle il se résolut de n'y point aller et même ne fut pas coucher en son logis, qui étoit rue de Grenelle chez des baigneurs ; et lui fiit dit que le bruit couroit chez la reine qu'il étoit arrêté. » Avis de ce qui se faisait et disait à Aaet et touchant Campion. Voir la Lettre 78e d'Alexandre de Campion à M. de Beaupuis.
2 . Elle n'existe plus. Elle conduisoit des derrières du Louvre à la rue Saint-Honoré, à peu près à la hauteur de la rue des Bons-Enfants.
3 . Neveu du célèbre cardinal de ce nom , Guy Bentivoglio,, cardinal en {621 , mort en 1644.
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à l'un<i'«\ix où il ailoit, et l'on me répondit, chez le maréchal d'EstréesK Je vis <]ue si )e voulois donner cet avis^ sa mort étoit infaillible ^ mais je crus que je serois si coupable devant Dieu et devant les hommes, ^ue je n'eus pas la moindre tentation de le faire; au contraire, j'allai dire au Duc que l'on m'avoit assuré chez le cardinal qu'il ne sortiront point ce jour-là ; de sorte qu'il me dit de faire retourner ceux que j'avois réunis à l'hôtel de Vendôme, où nous logions tous; ce que j'exécutai aussi-tôt. Le Duc allant, quelques heures après, en carrosse parla ville, rencontra le cardinal qui retoumoît chez lui. Il me le dit le soir, et je répondis que l'on m'avoit trompé. Ma pensée fut, lorsque je vis que je ne pouvois rompre ce dessein, de le retarder le plus que je pourrois, afin que le temps fournit quelqu'occasîon de le changer; mais en cas qu'il s'en présentât, contre mon désir, pour le tenter, j'étois résolu d'en souffrir l'exécution, plutôt que de trahir un Prince qui avoit mis une entière confiance en moi. Telle étoit ma détermination, que rien n'eût été capable de changer; cependant je priois continuellement Dieu de faire naître quelque conjecture qui fît avorter le complot sans qu'il en arrivât mal au Duc. Un jour après, il apprit que lé cardinal alloit
I . FrançoiS'Annibal d'Estrées, connu d'abord sous le nom de marquis de Cœuvres, maréchal de France le 10 octobre 1626. Il avoit connu le cardinal Mazarin pendant son ambassade de Rome.
Son hôtel étoit dans la rue Barbette ; et les jardins donnoient sur la rue de la Perle.
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feire collation à la Barre vers PontCHseS où étoit la duchesse de Loncueville, qui en avoH aussi prié la Reine , laquelle étoit déjà partie ; de sorte que le cardinal n'avoit que son seul carrosse, où étoit le comte de Harcourt. Le duc de Beaufort me commanda de faire assembler notre monde pour courir après, ce que j'exécutai, et Pallai ensuite trouver avec Beaupuis» Je lui dis, jugeant que mes autres raisons seroient inutiles, que s'il se défaisoit du cardinal en pré^ sence du comte de Harcourt, il falloit se décider à les tuer tous deux, le second étant trop généreux pour souffrir cette action sans pénr ;ivec le premier; qu'il considérât qu'outre aue l'assassinat du comte le déshonoreroit, il lui donneroit toute la maison de Lorraine pour ennemie irréconciliable, et que je croyois que, pour éviter ces inconvéniens, il falloit attendre un autre jour. Beaupuis fut, celui-là, de mon avis; et je sauvai encore une fois le cardinal, sans qu'il m'en dût obligation, puisque je ne le faisois que pour la justice et pour l'intérêt du Duc, que cette action eût avili et entièremennt perdu, selon ma croyance. Peu après il eut avis que le cardinal devoit aller le lendemain diner à Maisons 2 et que le duc d'Orléans iroit aussi. Je fis encore consentir le Prince que, si le ministre
1 . C*étoit une maison qui appartenoit à madame du Vigean. Elle étoit située à rentrée de la vallée de Montmorenqr. :
2. Maisons-sur-Seine et non Maisons-Alfort entre Paris et VilIeneuve-Saint-<}eorges comme le propose le général de Grimoard. Cela résulte évidemment des aispositions prises par le duc de Beaufort. On sait que le couvent des capudns étoit derrière l'hôtel Vendôme dans'la direction de Maison»,
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étoit dans le carrosse de son Altesse royale, le dessein ne s'exécuteroit pas; mais il dit que, s'il étoit seulj il falloit qu'il mourût. Le matin il fit préparer des chevaux, et se tint dans les Capucins avec Beaupuis, près de l'hôtel de Vendôme, postant un valet de pié dans la rue pour l'avertir quand le cardinal passeroit, et m'enfoignant de me tenir avec ceux que i'avois coutume d'assembler à l'Ange s dans la rue Saint-Honoré, assez proche de l'hôtel de Vendôme, et que si le cardinal alloit sans le duc d'Orléans , je montasse à cheval avec tous ces messieurs, et l'allasse prendre en passant aux Capucins où il seroit aussi-tôt prêt que nous. J'avoue que je n'eus jamais tant de chagrin que celte fois, voyant qu'il m'étoit impossible de sauver le ministre. Les sieurs de Lié et de Btillet, qui désapprouvoient autant que moi cet odieux dessein, étoient au désespoir. Le sieur de Lié n'étoit pas avec nous, ne s'étant trouvé qu'à la première assemblée, à cause d'une blessure qu'il avoit au bras; mais il ne laissoit pas d'être à toutes les consultations qui se faisoient. Je iiis dans l'inquiétude que l'on peut penser, jusqu'à ce que voyant passer le carrosse du duc d'Orléans, >'apperçus le cardinal dans le fond avec lui 2. Cela me donna une joie que je ne
au lieu où est aujourd'hui 4e lycée Bonaparte. Le cardinal Mazarin alloit diner chez Rénè de Longuetl, marquis de Maisons, président à mortier au parlement de Paris.