Hippolyte, comte de Béthune
}. Voir les lettres 83, 84, 85 , 86 et 87 d'Alexandre de Campion, adressées au duc de Vendôme, au duc de Retz, à M. de Harlay, à M. Valliquerville et à M. de la Frette.
Année 1649. ^37
de Vendôme, il leur fit voir, par un écrit qui fut ensuite montré par-tout, que l'accusation dont il étoîti'objet étoit fausse et ridicule, puisque, le duc de Beatrfbrt ayant été cinq ans prisonnier et coupable sans que l'on eût seulement trouvé matière à l'interroger, il falloit que ses complices eussent été tout-à-fait fidèles, n'v ayant eu rien de si aisé, sur-tout à lui Alexandre de Campion, que de le convaincre, sans que l'on sût que cela vînt de sa part, puisqu'il n'avoit qu'à faire prendre le sieur de Lié, qui en savoit tout autant que lui, et n'avoit bougé de France, auquel l'on eût aisément fait tout confesser, par le moyen des prisonniers qui l'avoient vu à la première assemwée, et dont les dépositions eussent fourni manière à lui donner la géhenne. Ces raisons et quantité d'autres qui firent connoitre à ceux que mon frère avoit pris pour juges que le duc de Beaufort étoit le premier criminel qui, sans être convaincu , s'étoit plaint injustement de ses complices, les engagèrent à prendre de si bonne sorte la défense de mon firère, qu'ils firent connoitre son innocence à toute la Cour, sans néanmoins le pouvoir raccommoder avec la maison de Vendôme, ces princes s'imaginant qu'il y auroit de la honte pour eux à voir un homme qui s'étoit élevé si hardiment contre leur injustice. Ces tracasseries furent cause que le duc de Beaufort me fit prier d'attendre quelque temps à le voir, prenant pour prétexte qu'il me vouloit raccommoder avec le Duc son père, auprès duquel on a vu que j'étois assez mal , et dont il savoit que je n'étois pas satisfait; disant que la chose seroit plus facile si je ne reparoissois dans leur
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maison qu'à son retour d^tadie, d'où il revenoit aTcc la perEBÎssion du Roi. Le fils avoit aussi obtenu celle de demeurer dans ses maisons. Quoique )e visse que le dessein qui l'obligeoit à me tenir éloigné de hii ne pouToit partir de nuU bons sentimens pour, moi, je me voulus tenir dans l'obéissance, tant pour ne lui donner aucun prétexte que parce que je savois qu'il se loooit de moi, en disant mille ch(»es avantageuses à tout le monde. Mais il n'en étoit pas de même à l'égard de mon frère, soit que MM. de Vendôme crussent encore quelque diose des méchancetés que l'on avoit dites , ou qu'ils trouvassent qu'il s'étoit défendu avec trop de fierté , si plutôt ce n^^toit pour être fâchés de l'avoir offensé en croyant ces choses trop facilement, ils persistèrent à ne le point voir, se contentant de ne parler plus de l'affaire; et j'en fèrois de même sr : ce n'étoit qu^à présent, le cardinal Mazarin étant mort • , il n'y a plus à craindre de leur nuire ni à personne en disant les choses comme elles sont. * Nos affaires étoient en cet état, c'est-àh-dire que mon frère se justifioit et que j'attendois des nouvelles du duc de Beaufort^ quand l'on forma le blocus de Paris, au commencement duquel les ducs de Bouillon et d'Elbeuf ayant pris le parti du parlement et du peuple, peu de jours» après , le prince de Conti » et le duc de Lor^eville firent la même chose, quittant Saint-Germain pour se rendre à Paris, où le duc de Beaufort
1. Cela du moins a été écrit après le 9 mars i66l, date de la mort du cardinal Mazarin.