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Normandie, puisque je m'jr trouvois. Il aiouta , lu'ayant été nommé à Paris lieutenant-général lu ciuc de Beaufort quand il auroit une armée , il venoit en Normandie lever des troupes, et j'acceptai la lieutenance colonelle d'un régiment d'infanterie qu'il me dit qu'il alloit mettre sur pié.
Peu de jours après, la ville de Rouen, le parlement, toute la noblesse et les villes de la province, à la réserve de celles qui avoient garnison, se déclarèrent pour le duc de Longueville, qui donna en même temps des commissions pour lever force cavalerie et infanterie, ayant fait pour cela saisir les deniers du Roi et ordonné de vendre par*tout le sel à moitié meilleur marché lu'auparavant, afin d'amasser plus promptement le l'argent. Dans ce temps-là, je fis venir ma femme à Rouen, où j'avois loué un logis, et m'occupois à lever le régiment du comte de Fiesque, dont j'avois le commandement. Le comte de Harcourt, qui avoit alors sept à huit cents chevaux et attendoit de l'infanterie , tenoit toute la i)rovince en alarme, à cause que l'on n'avoit point encore de troupes à lui opposer. Il se rendit maître de Pont-Audemer et ae Quillebeuf, fit force gentilshommes prisonniers, et en obligea plusieurs à prendre son parti, pillant le plat pays, particulièrement aux environs de ma maison, où je né perdis pourtant rien, à cause que les sieurs de Montpoignant, mes cou- ^ns-germains, étoient avec lui, et me sauvèrent de leur parti, comme je les garantis du nôtre. Le duc de Longueville, informé que le comte de Harcourt se vouloit saisir d'Évreux, y envoya
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de' ses gardes avec le sieur de Farceaux, qui, secondé de Quelques gentilshommes du pays, fortifièrent si bien les bourgeois qu'ils restèrent dans nos intérêts ; mais le comte s'étant approché de la ville quand il eut de llnÊmterie, ib envoyèrent demander du secours au duc de Lonfueville, qui avoit alors sur i»é six r^^imens 'infanterie et auinze cents chevaux. Il partit de Rouen, disant nautement ^u^ alloit attaquer le Pont-Audemer pour fiidbter la jonction des troupes que le âeur de Chambm > lui levoit en basse Normandie. Il fit embarquer du canon sur la Seine, comme s'il eut eu ce dessein, et même y init partie de l'infanterie, et avec le reste de ses forces marcha jusqu'à Moulineaux ', où il nous fh loçer, étaolissant des grandes gardes autour du viUaee, de crainte de surprise , à cause que le comte de Harcourt, lui croyant le projet que l'on pubiioit, s'approcha à deux lieues de nous, quittant le chemin d'Evreux pour se mettre entre nos troupes et le Pont-Audciner. Le Duc