LETTRE LXXII
Enfin M. le Cardinal n'est plus, et je serois bien fâché qu'un autre vous en mandât la nouvelle auparavant moi. Je n'ai plus besoin de
î8î Lettres
vous écrire en chifTres à mon ordinaire. Celm qui ^isoit tant de peur à tout le monde va par sa mon laisser revivre l'anciense libené , et, s'il n'en arrive autre avantage, on aura toujouri celui d'avoir l'usage de la parole , qu'il avoit fait perdre presau'à tout le monde '. Je vous en témoignerois davantage de joie , n'éloit qu'il n'esi pas généreux de se réjouir de la mort d'autruî. Je pars présenlement pour aller voir à Paris s'il y aura lieu de vous i ' quelque service, el au premier ordinaire rez toutes nouvelles
par votre.
A Vert , ce S décembre i <
LETTRE LXXIll.
Je ne doute point ç]ue vous n'ayez été tout à fait surpris de voir par ma dernière comme le Roi vous met à la tête des criminels d'Ëtat '. Ce sont des restes des mauvaises impressions que feu M. le Cardinal lui avoil données de vous,
, gne quand je ha réflerion sur la pleine
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eux ei a a campa^e, mais aans les villes e( à la Cour même, et que je vois mai menant qu'à peine on ose parler de sa propre misère dans sa maison et avec sa famille, j'ai peine i reconnotire la France dans un état si reformé, n ( Neuvième Entretitn sur divers sajtts d'histoire, de politique it de morale : Du plus sûr appui de l'autorité souveraine. )
1. Louis XIHavou, dans son testamenl, nommé le duc de Vendflme parmi les exilés que la Régence ne devoit pas auloriier i rentier en France.
que le temps lui fera perdre ; c'est pourquoi je vous conseille hardiment de prendre patience et de demeurer quelque temps en Angleterre, approuvant fort la résolution que Monseigneur de Beaufort a prise de revenir sans attendre d'ordre : il aura plus aisément la permission de voir le Roi quand il sera à Anet qu'il n'eût eu celle de quitter Londres, et, lorsqu'il sera à la Cour, votre ^aire deviendra facile. Le commandement que vous me faites de vous mander mes sentimens à tous les ordinaires m'oblige à parler si librement. Vous serez toujours ponctuellement averti de tout ce qui se passera, jusqu'aux moindres circonstances , ayant assez d'amis ici pour être instruit de tout ce qui méritera la peine de vous être mandé ; vous avouant , Monseigneur, qu'on vous a écrit la vérité sur l'accueil que tous les gens d'honneur m'ont fait, ce qui me satisfait plus que tout ce (jue la fortune auroit pu faire pour moi; à quoi j'ajoute la joie que j'ai de tant de bontés que vous avez pour votre.
A Paris, ce 8 janvier 1643.
A MADAME LA DUCHESSE DE CHEVREUSE