Le 15 décembre 1650. Il étoit maréchal de camp du 24 mai
2. Petite ville sur laSioule, dans la Basse-Auvergne, aux confms du Bourbonnois. Saint-Pourçain étoit remarquable surtout par l'abbaye de Tordre de Saint-Benoit qui lui a donné son nom. C'est aujourd'hui un chef-lieu de canton de l'arrondissement de Gannat , département de TAllier.
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et Bletterans, dans la pensée d'aller attaquer Salins , place la plus importante du comté de Bourgogne, quoique beaucoup moins forte que Dôle et Grai; mais les salines, qui, je crois, lui donnent son nom , valant quinze cent mille livres de rente au roi d'Espagne, qui ne tire que cela de la province , la rend plus considérable que les autres villes, puisque ceux qui Tont sont maîtres de ces salines. Le duc de Lonmieville pensoit faire de grands progrès en Franche- Comté, croyant qu'elle seroit abandonnée , comme l'année précédente, à ses seules forces; mais les habitants du pays avoient engagé le duc de Lorraine, tant par leur argent que par l'intervention de l'Espagne, de Tes secounr avec ses troupes composées de plusieurs nations , au nombre de près de dix mille hommes, tant cavalerie qu'infanterie, tous vieux soldats. Il étoit à Salins pendant que le duc de Longueville assembloit son armée, qui devoit être de dix mille hommes de pié et de trois mille chevaux, dont plusieurs n'étoient pas encore arrivés. Il eut avis que le duc de Lorraine marchoit avec toutes ses forces du côté de Poligni, et soit par complaisance, comme l'on fait souvent, ou pour ne le savoir pas, on l'assura qu'il n'avoit que quatre ou cinq mille hommes ; ce qui le détermina à marcher dès le lendemain aux ennemis, avec ce qu'il avoit de troupes ensemble, qui faisoient à-peu-près dix mille hommes , tant cavalerie qu'infanterie. L'armée passa près de Bletterans, et après avoir emporté d'assaut un château, dont l'on pendit le gouverneur pour avoir tenu dans un lieu qui ne devoit pas attendre le canon, on alla camper à deux lieues de
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Poligiû, au pié d'une montage couverte de boi qui ont plus de demi-lieue de traverse. Il falkii n^nchir ces bois pour aller aux ennemis, postés leur débouché, entre Poligni et le lieu où nos étions. Ils étoient aussi mal avertis que noQ général; car comme nous les croyions la mât plus foibles que nous, ils nous supposoient fa fois plus forts qu'eux, et se retranchèrent dai leur camp, qui étoit si près du bois que les foi (fui défendoient les ailes et le milieu de lea lignes en étoient à la i)ortée du mousquet.
Le duc de Longueville, qui avoit le sieur < Feuquières * pour lieutenant-général, et les sien de la Motte-Houdancourt 2, et de Sauvebei pour maréchaux de camp, tint conseil le soir, mit en délibération si l'on hasarderait de travi ser le bois et la montagne, malgré l'incommod du défilé, pour s'aller mettre en bataille sous! forts des ennemis , et y essuyer le feu de \i artillerie et de leur mousqueterie. Les unsfiin d'avis d'attendre le reste des troupes, pour toi ner le bois et la montagne, afin d'aller aux eni mis avec égal avantage; mais les autres, dans croyance de la foiblesse et de la crainte du d de Lorraine, ou qu'on l'étonneroit en mardu droit à lui, et que sa défaite rendroit la conqui
1. Manassès de Pas, marquis de Feuquières. Il avoit nommé lieutenant général le 14 juillet de l'année pr^ dente.
2. Philippe, comte de La Motte-Houdancourt, marée de camp du 31 mars 1637; plus tard maréchal de Fram duc de Cardone et vice-roi de Catalogne; mort en 1657.
3. Charles-Antoine de Ferriéres, marquis de Sauvebœ' nommé maréchal de camp le 12 mai 1637. Il a joué unr assez considérable pendant la Fronde.
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le la Franche -Comté infaillible, firent prendre 1 résolution d'aller le lendemain les attaquer, ce [ue l'on exécuta sans remise.
Le régiment de Normandie, et celui de cavaerie d'Enghien , comme les premiers corps de 'aimée, ayant le choix des postes, prirent Taile jauche , sachant que les ennemis avoient à leur lile droite leurs meilleures troupes, et qu'elle Huit beaucoup plus près du bois que la gauche > )ui s'en trou voit hors de la portée du mousquet. Les régimens d'infanterie de Conti, de Sus, de Serré, de Rebais et plusieurs autres, les suivirent avec le tiers de la cavalerie. Les sieurs de Feuquières et de la Motte se mirent à leur tête. On posta à l'aile droite les régimens d'infanterie d'Enghien, de la Motte, de Vendi, de Melun, de RoncheroUes et plusieurs autres, avec ceux de cavalerie de Beauregard,*Champeron, Saint-André-Montbrun, etc., faisant les deux tiers de la cavalerie , à cause que le lieu :>ù ils dévoient donner étoit une belle plaine où les troupes à cheval pouvoient s'étendre sans peine. Le sieur de Sauvebeuf commandoit cette aile. Le duc de Longueville, à la tête des compagnies franches , et ayant ses gardes devant lui , se tint entre les deux ailes , pour se porter où il seroit nécessaire.
L'on passa le bois sans trouver nulle opposition de la part des ennemis ; mais sitôt que notre aile gauche en sortit , ils firent grand feu du fort le plus proche, tant de leurs canons que de leurs mousquets. Cela ne nous empêcha pas de nous mettre en bataille , et d'aller à eux fort résolument. En abordant le fort de leur aile droite^
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avoient fui se furent rsdliées, la nuit vint, et obligea chacun de se tenir dans son poste , les deux années croyant avoir eu du pire ; nous à cause que la plupart de notre aile droite avoit été en déroute , et les ennemis parce que nous avions emporté les retranchemens de la leur et pris trois piSces de canon. La nuit, il arriva une chose qui n'a gutie d'exemple : c'est que le duc de Lorraine, faisant prendre les devants à son artillerie, car il n'àvoit point amené de bagage non plus que nous, se retira à Salins, et que le duc de LongueviUe, en même temps, faisant repasser les bois à son armée, retoumoit au lieu d'où il étoit venu ; les deux généraux pensoient avoir eu du désavantage. Le lendemain le reste de nos troupes arriva, et nous eûmes l'avis de la retraite aes ennemis; ce qui nous fit retourner au champ de bataille, et nous rendit maître des morts , montant de notre côté à cina ou six cents, et de celui des ennemis à près ae mille. Ce retour, joint aux trois pièces de canon que nous avions gagnées, nous donna l'honneur du combat.
Le duc de LongueviUe, se voyant fortifié de trois mille hommes, alla assiéger Poligni, où l'on fit brèche au bout de quatre jours. Les assiégés attendirent l'assaut à leur ordinaire. Troisville , notre major, monta le premier à la brèche, qui fut forcée. Renti», capitaine dans notre régiment , y eut une mousquetade dans le corps, et la Fonds ^, lieutenant, une dans l'épaule.
1 . La Gazette le nomme parmi ceux qui se distinguèrent au siège de Tortone en 1642.