Le 1$ décembre 1650. Il étoit maréchal de camp du 24 mai
2. Petite ville sur laSioule, dans la Basse-Auvergne, aux confins du Bourbonnois. Saint-Pourçain étoit remarquable surtout par Tabbaye de Tordre de Saint-Benoit qui lui a donné son nom. C'est aujourd'hui un chef-lieu de canton de Tarrondbsement de Cannât, département de T Allier.
Année 1657, 75
Laurent -de -la -Roche', bon château que nous primes en six jours ; après nous en soumîmes plusieurs autres^, et allâmes assiéger Bletterans, bonne place qui soutint dix jours de siège et fut emportée d'assaut comme lès autres ^ . Troisville 4, notre major, monta le premier sur la brèche, et fit merveille. L'on y mit notre régiment pour quelque temps, la campagne finissant et la place étant importante.
Dans la fin de l'été , la peste se mit si violente dans l'armée (k cause de la multitude de femmes et d'enfans qui y étoient et du pillage, et, à ce que je crois, en punition de tous les maux que ron faisoit) , qu'il mourut plus de la moitié des soldats et quantité d'officiers. D'Alvimar J, mon camarade , mort depuis maréchal de camp à la
- I. Il y avoit autrefois un prieuré en commende à la nomination du pape. Saint-Laurent-de-la-Roche est dans le canton de Beaufort, arrondissement de Lons-le-Saulnier.
2. Entr'autres le château du Pin, devant lequel il commanda les enfants perdus, le 27 iuillet. Gazette, extraord. du 4 août 1637. Le Pin est une commune du canton de Voiteur, arrondissement de Lons-le-Saulnier.
i. Attaquée le 26 août, la ville fut prise le )i , et le château capitula le 3 septembre. Bletterans n'étoit déjà plus ni une place forte ni même une ville au temps d'Expilly, qui la qualifie de paroisse au diocèse de Besançon , sur une petite rivière à 8 kilomètres N. 0. de Lons-le-Saulnier. Elle appartient au canton et à l'arrondissement dont cette ville est le double chef-lieu, département du Jura.
4. Pierre-Arnaud de Peyre, sieur de Troisville. Il étoit le neuvième major du régmient. On verra phis loin comment il fut tué devant Salces en Roussillon.
5. Pierre d'Alvimar, soldat et diplomate, fiit sons-gouverneur du duc d'Orléans, frère de Unis XIV, sous le maréchal dn Plessis-Praslin.
76 MÉMOIRES DE CaMPION.
bataille de Réthel', eut cette maladie, et fiil abandonné de tout le monde, hors de moi, (juile fis mettre en lieu où je l'allai voir tous les )ours jusqu'à ce qu'il fût hors de danger. La plupart des domestiques du duc de Longueville moururent; enfin la perte d'une bataille n'eût pas tant ruiné l'armée. Je tombai moi-même malade d'une dysr senterie, et me retirai à Mâcon où j'avois habitude. Mon mal fut si violent que , nonobstant tous les remèdes, je n'en pus guérir entièrement. Au bout de trois mois, j'allai encore, tout malade, joindre le régiment, qui étoit en garnison à Ganat et Saint-Pourcin*, en Auvergne. Après y avoir été deux mois, j'assemblai plusieurs bons médecins, qui me dirent que si l'air du lieu de n» naissance ne me remettoit, ilnefalloit point que j'espérasse de guérir. Cela me fit partir, contre la résolution que j'avois prise de ne point retourner au pays que mes chagrins contre mon frère ne fussent passés. Je revins chez ma mère, toujours fort mal; mais huit jours après mon arrivée je me trouvai en une santé qui m'a duré plus de quinze ans.
Je passai tout le printemps en Normandie, et à l'entrée de la campagne je me rendis à Chàlonssur-Saône. Le duc de Longueville assembloit son armée à la fm du mois de mai, entre cette ville