‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle édChapitre 21 sur 150 · Le 24 octobre · texte numérisé non relu

Le 24 octobre

Année 1638. 85

milieu de son camp, et rencontra le sieur de Guébriant>, commandant les troupes irançoises jointes à son armée, auquel il dit à Poreille que les choses étoient quasi désespérées, mais qu'il falloit mourir de bonne grâce. L'autre lui ayant répondu que les sixrégimens du duc de Longueville passoient le pont et entroient dans le camp, il lui ordonna de les faire avancer en diligence; et allant lui-même rassembler ce qui lui restoit de monde , plein d'espérance et de résolution , il chargea les ennemis, qui s'avançoient droit à Brisach. Ils soutinrent le premier choc fort courageusement, tuèrent beaucoup d'hommes et en perdirent encore plus; mais, dans la chaleur du combat, l'infanterie françoise nouvellement arrivée donna si hardiment sur celle des Allemands, qu'à la première décharge cette dernière se mit en déroute, et repassa les retranchemens pour se rallier derrière les troupes restées au-delà. La cavalerie fit la même chose, et le duc deWeimar, les voyant hors de ses lignes , ne jugea pas à propos de les pousser plus loin , se contentant de les avoir chassés avec perte de deux mille de leurs meilleurs soldats. Cet échec mit Goetz hors d'état de rien entreprendre avant l'arrivée d'un grand renfort.

Cependant le duc de Lorraine s'avançoit avec ses troupes pour attaquer les retranchemens du duc de Weimar sur la rive gauche du Rhin, et qui étoient gardés par peu de monde; mais le

I. Jean-Baptiste de Budes, comte de Guébriant, depuis maréchal de France, tué en 164). Il étoit alors maréchal de camp du.ier avril 16)7.

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d'en continuer le ûége. Il construisit sur le RIôb un pont de bateaux au-dessus de la place, qu'il environna d'une fort bonne ligne de circonvallition qui avoit plus de quatre lieues de draà Il y fit, comme maître de la campagne, travat 1er les paysans du Brisgau et de la Fortt-Noiic, d'où il tira les matériaux nécessaires pour ces ouvrages. Ils s'exécutèrent avec tant de Slir

§ence , que la circonvallation étoit en état de éfense avant que l'Empereur eût remplacé les troupes qui avoient été défaites dans les den précédentes batsdlles ; mais comme le duc n'avdt pas plus de cinq mille chevaux et de deux nSk hommes de pié pour garnir ses retranchemeBS, il fut obligé de demander au Roi de llnfanterie pour les garder. Le duc de Longueville eut ordre d'y envoyer partie de la ûenne ; en sorte que ks régimens de Vendi, de Melun et quatre autres, marchèrent droit au camp devant Brisach, parle pays des Suisses. La fortune voulut qu'ils arrivassent à leur destination le jour même que le général Goetz , après avoir remis sur pié une armée considérable, attaquoit les lignes du doc de Weimar ».

Ce prince, après avoir repoussé les ennemis de plusieurs postes , ne put empêcher^ ayant si peu de monoe et une si grande étendue à carder, qu'ils ne pénétrassent par un point, penoant qu'il étoit occupé à en défendre d'autres. Informé aue les Allemands se préparoient à marcher à la ville , il quitta les lignes sans les dégarnir, poussa à son corps de réserve qui étoit au

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