Il étoit le dixième major du régiment
î. Henri de Grammont, comte de Toulongeon. Il étoit enseigne en 1637. L'année suivante, il fut blessé au combat de Policny. Capitaine en 164 1 , il fut blessé d'un coup de pierre devant Coni en montant à Tassaut, et reçut une mousquetade à la jambe pendant le siège de Tortone le 13 novembre 1642.
pour donner à notre gauche et à notre droite un | peu avant nous, avec chacun cent hommes. En ] cet ordre nous descendîmes la montagne, et leî 1 autres régimens à-peu-près de même. Lorsque nous fûmes près du bas de la hauteur, à la pw- j lée du mousquet desretranchemens, le maréchal | de Schomberg et le duc de Saint-Simon s'arrêtèrent au coin d'un coteau, à la tête d'un escadron de volontaires, près duquel il y avoii ' encore un escadron de cavalerie. Le vicomte « d'Arpaion et le sieur d'Argencourt firent la même i chose du côté del'éiang, et le sieur deLecques de i celuIdelamonlagnedeSalces.LeprincedeCondé. j avec le reste de l'armée, étoit demeuré en haut, | d'oùil voyoil comme d'un théâtre tout ce qui se passoit dans la plaine, et par un fort beau jour.
Sitôt que nous fûmes au bas de ta montagne, j es Espagnols commencèrent à tirer et nous i marcher droit à eux, dans un terrain uni comme ^ une salle. Us nous tuèrent quelques soldats pendant cette marche, que nous exécutâmes, ainsi | que le virent et le dirent après le Prince et i toute l'armée , avec le même calme que s'îi eûl été question de taire l'exercice, observant les j distances des rangs et des files, enfm d'une ma- j nière qui marquoit la résolution de tout le corps, quoiqu'il tombât toujours du monde. Quand nous ^ fûmes au milieu de la plaine, quasi à la portée du pistolet, les ennemis tirèrent tous leurs ca- . nons chargés à balles, et firent en même temps une salve du premier rang de leurs mousque- j taires. Un de leurs boulets donna dans le milien de notre bataillon, et le coup, joint aux mousquetades , nous emporta six files ou trente-six hom-
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épaules, et l'apporta au milieu du bataillon à vue des Espagnols, cet enseigne ayant eu enun coup de mousquet au derrière sur ces
ÉEÛtes. Comme les ennemis se disposoient à
!^3^mber sur notre régiment dans sa retraite, le ^iiic de Saint-Simon descendit de sa montagne, Çi^t marcha si audacieusement à eux avec les volontaires, tandis que le maréchal de Schomberg fit de même avec l'autre escadron qui étoit ivec lui, qu'ils rentrèrent dans leur retranchement.
Pendant ce temps nous remontâmes la hauteur, sur laquelle l'armée campa hors de la vue des ennemis. L'on trouva que sur trente-cinq officiers ^ue nous étions avant l'action, il y en avoit vmgt-neuf de morts ou hors de combat.
Deux cents soldats étoient tués et autant blessés. Les autres régiments en perdirent environ trois cents et beaucoup d'officiers.
Le lendemain de cette malheureuse attaque , le
Î)rince de Condé se retira à Narbonne, et envoya 'armée dans les quartiers le long des montagnes dans le Bas-Languedoc. On envoya ensuite le régiment de Normandie à Castelnaudari. Je fus si malheureux, que tous les lieutenans des capitaines qui avoient été tués s'étant trouvés présens au combat, où ils furent blessés sans péril de la vie, le Roi ne put se dispenser de leur donner les compaçiies; ainsi je restai lieutenant, mais je g^éris de ma blessure. Le sieur d'Espenan ménageoit les vivres dans Salces le mieux qu'il lui étoit possible, et trouva moyen de faire sortir un homme par lequel il informa le prince de Condé , qui étoit à Toulouse , qu'il
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renversé dans le fossé à coups de pique. La poudre, comme on le sut depuis, avoit manqué aux ennemis, ce qui sauva le reste de notre régiment. De Breuil, mon captaine, reçut deux coups de pique à la gorge, qui, quoique dangereux, ne se trouvèrent point mortels. Espan^, le chevalier de Sévigné, Soion et quantité d'autres furent blessés à cou^ de pierres, sans que tout cela einpèchât les omciers et les soldats de faire leurs efforts pour gagner le haut du retranchement, jusqu'à ce que le maréchal Schomborg, ayant pitié de voir des hommes si résolus se perdre inutilement, envoya au galop un aide de camp pour commander que l'on se retirât. Espa* nelle rallia le mieux qu'il put ce qui restoit de sain , et fit emporter quelques-uns des officiers morts et tous les blessés. Je le fus par quatre soldats de la compagnie où j'étois lieutenant'.
Sitôt que les ennemis virent notre corps s'éloigner, ils ouvrirent un cheval de frise qui fermoit leur retranchement, d'où ils firent sortû* deux escadrons de cavalerie et quelqu'infanterie, pour achever de nous défaire. Dans ce moment un de nos enseignes, ayant une jambe cassée et ne pouvant se retirer, cria au sieur de la CoudreUe >, capitaine, et fils de celui qui commandoit à Remiremont en 1635, lequel avoit le pouce de la main droite emporté et une blessure à la cuisse, que s'il ne le secouroit il étoit perdu. L'autre, tout blessé, revint sur ses pas, le chargea sur