‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle édChapitre 27 sur 150 · village du canton de la Tour de France · texte numérisé non relu

village du canton de la Tour de France

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me ferois tuer mal-à-propos. Je repris mon chapeau et me rendis auprès du vicomte et d'Espalielle , qui se trou voient dans Pembarras, à cause que les soldats qui étoient montés avec eujt avoient mis le feu à de la poudre et s'étoient tous brûlés, en sorte qu'il n'y avoit Qu'eux deux seuls en état de se défendre. Ils m'oraonnèrent d'aller quérir du monde; mais comme je partois, les ennemis montrèrent un drapeau blanc, pour indiquer Qu'ils vouloient pariementer. On leur commanaa d'envoyer quelqu'un, à quoi ils obéirent après qu'il fut entré un de nos aides de camp avec eux. Celui qui sortit alla trouver le prince de Condé, lequel, après quelques contestations, les reçut prisonniers de guerre, et établit dans la place le sieur d'Espenan, qui en obtint depuis, du Roi, le gouvernement.

Pendant le siège, il y avoit eu près de Perpignan un combat de cavalerie, où le maréchal de Schomberg fit merveille de sa personne et en emporta l'honneur ». La Favrie, capitaine dans notre régiment et aide de camp auprès de sa personne, y fut tué. Le prince ae Condé réunit toutes les troupes en un corps, alla prendre Canet 2, petite ville près de la mer, et retourna à Narbonne après avoir fait démolir le fort de

1 . « Boissat, mestre de camp d*un régiment de cavalerie, et qui commandoit la cavalerie légère, y fit du mieux , ayant judicieusement réservé trois escadrons qui servirent à détaire les ennemis. » Gazette, extraord. du 14 juillet. Ce combat eut lieu le 26 juin.

2. Bourg avec titre de vicomte et bureau des traites foraines sur la rivière de Teth, à 2 kilomètres de la mer; aujourdhui commune de l'arrondissement et canton de Perpignan.

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Lecques et d'Argencourt proposèrent de garder le retranchement, qui étoit assez bon , et de donner promptement avis au prince de Condé à Narbonne de l'état des choses, afin qu'avec notre cavalerie, la noblesse et les milices du pays, il nous vint secourir avant que les ennemis eussent le. temps de se retrancher; ce qui n'étoit pas sans apparence d'un bon succès. Le maréchal de Schomberg balançoit et sembloit porté à suivre ce sentiment, tant pour les raisons qu'on lui avoit alléguées aue pour les difficultés de la retraite, lorsque le sieur d'Espenan remontra que si nos troupes, quifaisoient encore huit mille hommes de pié, sans les valets, se laissoient assiéger, il n'y auroit pas de vivres dans Salces pour plus d'un mois, délai trop court pour qu'il fût vraisemblable que le prince de Condé se trouvât en état de venir forcer les ennemis, d'autant qu'il n'auroit que des milices, et que la nature des lieux rendroit la cavalerie comme inutile; que s'il étoit besoin d'attaquer les Espagnols, comme il lecroyoit, il paraissoit à propos que notre infanterie, la meilleure du royaume, allât joindre le prince, pour, avec ce qu'il rassembleroit d'ailleurs, revenir faire un effort, que, selon les apparences, les ennemis ne pourroient soutenir. Que si on lui vouloit laisser deux régimens avec ce au'il avoit déjà de monde, il répondoit de tenir dans Salces, et de donner quarante jours de temps pour le secourir.

Le Maréchal se laissa entraîner à ce dernier avis, et après avoir fait entrer dans la place les deux rq^mens qui, avec ce qui y étoit déjà ,

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faisoient deux mille hommes, et laissé ce qu'il y avoit de plus difficile à emporter, il résolut de partir la nuit suivante. L'artillerie, les charrettes et chevaux de bagage de l'armée, avoient été heureusement envoyés quelques jours auparavant dans des quartiers ae fourrages avec la cavalerie, de sorte que n'y ayant que de l'infanterie et des chevaux de bât à raire retirer, et peu de distance jusqu'aux montagnes, on ju^ea la chose faisable; et pour y mieux réussir, on détacha à deux heures de nuit des hommes pour aller escarmoucher du côté de Leucate, où il y avoit apparence que nous nous retirerions. En même temps l'on fit sortir du retranchement toute l'infanterie, que l'on mit en bataille. On plaça à la tète ce qu'il y avoit de bagages, précédés par des hommes détachés, et l'on commença à prendre sur la gauche, vers les montages les plus difficiles, sans battre le tambour ni faire aucun bruit.

Nous trouvâmes quelques escadrons des ennemis entre le camp et les montages , mais les décharçes qu'on leur fit les obligèrent à nous laisser Te passage libre, à cause qu'ils n'avoient .point d'infanterie. Sitôt que nous eûmes gagné le pié des montagnes, on commença à défiler, et l'on rappela ceux qui escarmouchoient du côté de Leucate. Le défilé dura plus de deux heures, pendant lesquelles les ennemis, s'étant apperçus de notre dessein, firent venir de l'infanterie pour nous charger en queue. Elle arriva comme notre régiment, qui couvroit la retraite, commençoità marcher.

Nous avions un capitaine, un lieutenant et

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un enseigne détachés à notre queue avec quatrevingts hommes, qui tinrent ferme pendant notre mouvement, et dont le feu tua plusieurs des ennemis et arrêta les autres, lesquels craignirent de se compromettre dans Pobscurité , qui étoit grande. Durant cette incertitude, nos nommes détachés gravirent la montagne après nous, et nous fîmes encore près de quatre lieues , toujours dans ce terrain difficile. Les Espagnols nous suivirent encore quelque temps, mais sans oser nous attaquer. Il est certain que s'ils l'eussent entrepris vigoureusement, ils nous auroient infailliblement défaits ; pouvant dire que je n'ai pas vu les soldats du régiment de Normandie plus étonnés que cette fois, et ils se seroient débandés dans les montagnes si on les eût chargés vertement, quoi que les officiers eussent pu faire pour les retenir. Cela prouve qu'il est difficile ae faire une retraite la nuit devant une armée ennemie sans hasarder de tout perdre, les soldats songeant plus à se sauver à la faveur de ^obscurité qu'à obéir à leurs chefs.

Lorsque nous fûmes en sûreté , l'on nous mit dans des quartiers de rafraîchissement, et le maréchal de Schomberg alla trouver le prince de Condé à Narbonne, où le vicomte d'Arpajon étoit aussi. Après lui avoir rendu compte de l'état des choses, le Prince résolut de secourir Salces avant que les ennemis ftissent retranchés devant la place. Pour exécuter ce dessein, il assembla en diligence la noblesse et les milices du pays, où tout le peuple est armé et s'exerce les |ours de fêtes à tirer. L^autorité du Prince et au Maréchal, gouverneur de la province, fit

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faisoient deux mille hommes, et laissé ce qu'il y avoit de plus difficile à emporter, il résolut de partir la nuit suivante. L'artillerie, tes charrettes et chevaux de bagage de l'armée, avoient été heureusement envoyés quelques jours auparavant dans des quartiers de fourrages avec la cavalerie , de sorte que n'y ayant que de i'inftinterie et des chevaux de bât à faire retirer, et peu de distance jusqu'aux montagnes, on jugea la chose faisable; et pour y mieux réussir, oçj détacha à deux heures de nuit des hommaf^ pour aller escarmoucher du côté de LeucaMij où il y avoit apparence que nous nous reli rions, En même temps l'on fit sortir du retra chement toute l'infanterie , que l'on mit ( bataille. On plaça à la tête ce qu'il y avoit é bagages, précédés par des hommes détachés, 1 l'on commença à prendre sur la gauche, vp les montagnes les plus difficiles, sans battre i tambour m faire aucun bruit.

Nous trouvâmes quelques escadrons des e mis entre le camp et les montagnes, mais décharges qu'on leur fit les obligèrent à noe laisser ïe passade libre, à cause qu'ils n'avoies . point d'infanterie. Sitôt que nous eûmes gagne le pié des montagnes , on commença à défiler, et l'on rappela ceux qui escarmouchoient du côté de Leucate. Le défilé dura plus de deux heures, pendant lesquelles les ennemis, s'étant apperçus de notre dessein, firent venir de l'infanterie pour nous charger en queue. Elle arriva comme notre régiment, qui couvroit la retraite, commençoii à marcher.

Nous avions un capitaine, un lieutenant 1

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hamp avec elle , il répondoit de la défaite des Ispagnois; et afin de prouver ce qu'il avançoit, il ; mena en lieu d^où il pût voir leur étonnement. .e Prince répondit qu'il croyoit ce que nous viens là de monde capable de battre les ennelis, mais qu'il ne falloit pas entreprendre avec asard et perte ce que l'on feroit sans combat uand toute l'armée seroit arrivée, et qu'en ttendant au lendemain matin le succès étoit ifaillible. Tous ceux qui étoient présens conlurent avec le Prince qu'il seroit impossible ux Espagnols de nous résister, vu même que 'on savoit que leur cavalerie se rafraîchissoit lansles montagnes à plus de dix lieues de Salces. L'on ne songea plus qu'à se reposer jusqu'au endemain. Le soir toutes les troupes arrivèrent. ^e maréchal de Schomberg et le duc de Saintiîmon», général de la cavalerie, soupèrent à lotre tête avec nous, n'ayant amené aucun bajage non plus que le reste de l'armée. Le temps ut clair et tout-à-fait serein jusqu'à une heure ie nuit, qu'il commença à pleuvoir avec une :elle violence que l'on n'avoit jamais vu chose pareille en ce pays; outre cela, le vent et les klairs nous incommodoient autant que la pluie. ^^ous étions sur des montagnes pleines oe ro- :hers, et si nues qu'il n'y avoit ni arbres ni naisons à plus de deux lieues de nous, hors à Salces. De plus, la plupart n'avoient point apporté de manteau, tant la beauté du temps nous

I. Claude de Rouvroy, duc de Saint-Simon depuis le mou de janvier 163$. Il avoit été le favori du roi, et il fut le père de Hauteur des Mémoires.

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qa'cn qmnze îoors fl se tminn qiniiiie nulle kxDBes depié de mi&ces et denz mâle gentilsh on m e s à Sigem, où éioil encore noire rendez- TOUS. Ces farces, avec les troopes de Tannée, faicnâiiif Ting-den Bille h o mâ e s dlnCuiterie et quatre ^e cfaevaox. Le Prince, après les avQu- vos en faatadlle, les fit mardier vers Leucate au coomiencenient d'octobre. L'on campa ce iour-U près de Leocate, et le kndemam on s'avança par ks montagnes pour gagner celles qui sont au-dessus de Sakes. Le régiment de Normandie avoit Tavant-garde, et nous arrivâmes sur les trois heures à portée de voir ce qui se &isoit au camp des ennemis. Leurs retruidiemens n'étoient point encore en état, et même il y avoit un endroit près du |»é de la montagne où deux escadrons pouvoient entrer de front dans le camp, les lignes n'y étant pas encore jointes. L'on mit notre avant-garde en bataille sur le haut de la montagne , pendant que les ennemis s'y mettoient dans la plaine, mais en gens étonnés. L'on voyoit courir les chefs de côté et d'autre, et des bataillons et des escadrons quitter des postes, puis les reprendre, comme ne sachant ce qu'ils taisoient.

Nous découvrions beaucoup de poussière sur le chemin de Perpignan, et sûmes de|)uis que c'étoient leurs bagages qu'ils commençoient à y faire filer, jugeant qu'ils ne pourroient nous empêcher de secourir Salces. Le sieur d'Espenan étoit déjà monté à cheval pour nous recevoir. Le maréchal de Schomberg, qui étoit à la tète de l'avant-^arde, alla trouver le prince de Condé, et lui dit que s'il approuvoit qu'il donnât sur-le-

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ivec son canon. Le maréchal de Schomberg resta à notre tête pour couvrir la retraite. Comme lous commencions à quitter le haut de la monagne , deux escadrons des ennemis y montèrent, ït voulurent s'emparer d'un de nos canons qui itoit embarrassé dans des pierres, mais un es- :adron de cavalerie qui nous étoit resté alla si ésolument à eux qu'ils se retirèrent. Nous narchâmes ensuite sans obstacles jusqu'au plus )rochain village, qui étoit à deux lieues de là, lans les montagnes. Notre régiment, qui étoit de nille deux cents hommes avant la pluie , ne se rouva pas de deux cents en arrivant au quartier. Le mauvais temps dura jusqu'au lendemain matin, et l'armée étoit tellement dissipée que l'on ne put rassembler six mille hommes. Tous les miliciens et la plupart des gentilshommes s'étoient retirés chacun chez soi, et un grand nombre de soldats des troupes se trouvoient si écartés que l'on n'en avoit aucunes nouvelles. Je crois que c'a été la première armée défaite par la seule pluie. Après ce fâcheux accident, le prince de Condé nous envoya dans des quartiers, pendant qu'il alla à Narbonne essayer de rassembler les débris des troupes du pays. Il fut près d'un mois à employer tous ses soins et son crédit pour se remettre en état d'aller aux ennemis, car la perte d'une bataille ne nous eût pas tant coûté que cette pluie.

Le prince de Conaé, ayant ordre de secourir Salces à quelque prix, que ce fût , nous assembla encore à Sigean, au nombre de douze mille hommes de pié et de trois mille chevaux , et nous fit avancer près de Leucate, d'où nous

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avoit trompés, et nous n'avions tous que des i habits d'été , à cause de la chaleur du climat; ' aussi ce déluge nous mit fort en désordre. Sa violence faisait espérer qu'il ne dureroit pas; mais quand on vit que la pluie augmentoit toujours, chacun commença à craindre. Pendant la nuit nous voyions des feux an haut des piques I de nos soldats, à-peu-près comme des vers luisans. Je crois que cela venoit de cause naturelle, mais beaucoup ne laissoient pas de s'en étonner. Nous attendions le jour avec impatience , mais sa venue ne nous consola point, la pluie augmentant toujours, et n'y ayant dans l'armée ni un mousquet en état de tirer, ni un homme qui ne fût à moitié noyé et transi de froid. Nous voyions les ennemis dans leurs lentes, à la réserve des escadrons et des hommes détachés qui étoient de garde. Le mauvais temps augmentant toujours, le sieur de Lecques proposa de faire donner tout le monde l'épée à la main; mais II connaissance que l'on eut que les armes des Esn pagnols étoient â couvert avec eux, jointe à l'»« ■ Dattemeni dans lequel le froid ei la pluie avoîeiW J jeté nos soldats, firent juger que nous aurioaitfl trop de désavantage dans ce combat. ^H

Après midi, la noblesse et les milices, voya]^| toujours augmenter la pluie sans qu'il y eùtd|^| bois pour se chauffer, ni nui couvert, comment Gèrent â se retirer par les montagnes dans les villages les plus proches, abandonnant même leurs piques ou leurs mousquets. Bientôt beaucoup de cavaliers , soldats et officiers des troupes^ n'en pouvant plus , firent la même chose , ce qi" engagea le prince de Condé à se retirer aui

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xvec son canon. Le maréchal de Schomberg resta à notre tète pour couvrir la retraite. Comme nous commencions à quitter le haut de la montagne , deux escadrons des ennemis y montèrent, et voulurent s'emparer d'un de nos canons qui êtoit embarrassé dans des pierres, mais un escadron de cavalerie qui nous étoit resté alla si résolument à eux qu'ils se retirèrent. Nous marchâmes ensuite sans obstacles jusqu'au plus prochain village , qui étoit à deux lieues de là , dans les montagnes. Notre régiment , qui étoit de mille deux cents hommes avant la pluie , ne se trouva pas de deux cents en arrivant au quartier. Le mauvais temps dura jusqu'au lendemain matin, et l'armée étoit tellement dissipée que l'on ne put rassembler six mille hommes. Tous les miliciens et la plupart des gentilshommes s'étoient retirés chacun chez soi, et un grand nombre de soldats des troupes se trouvoient si écartés que l'on n'en avoit aucunes nouvelles. Je crois que c'a été la première armée défaite par la seule pluie. Après ce fâcheux accident, le prince de Condé nous envoya dans des quartiers, pendant qu'il alla à Narbonne essayer de rassembler les débris des troupes du pays. Il fut près d'un mois à employer tous ses soins et son crédit pour se remettre en état d'aller aux ennemis, car la perte d'une bataille ne nous eût pas tant coûté que cette pluie.

Le prince de Conaé, ayant ordre de secourir Salces à quelque prix. que ce fût, nous assembla encore à Sigean, au nombre de douze mille hommes de pié et de trois mille chevaux, et nous fit avancer près de Leucate, d'où nous

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panimes le jour de la Toussaint pour .

camper dans les roortagnes, et le lendemaft 2 novembre, jour des Morts, nous fûmes non mettre en bataille sur la hauteur au-dessus d Salces. Pendant le mois employé à rétablir let troupes, les Espagnols avoient rendu très-bal^ leurs reiranchemens , qui étoient si élevés qtu l'on n'y pouvoit monter sans échelle; ils avoieil creusé des fossés larges et profonds , constmi des redoutes de cent en cent pas , un fort ai de la montagne, vers la forteresse, un autn

Jirès de l'étang , et entre eux un tri orme de tenaille , excellent et qui défendoit l'a pace entre les reiranchemens et les montagnes seul endroit par où on pouvoit attaquer . pare que pour prendre les Espagnols de l'autre côtÉj il auroit fallu faire un grand détour et se mettn entre Perpignan et leur camp, qui étoii aua bien retrancné dans cette partie, sans que k troupes que l'on y eût envoyées eussent pu conder celles du lieu où nous étions, ni en i aidées, et sans qu'elles pussent se sauver, moins (jue de forcer les ennemis, à cause é grand circuit qu'il auroit fallu prendre et de 1 difficulté des montagnes. On se déterm' à n'attaquer qu'entre l'étang et la n au-dessus de Salces.

Le marquis de Spinola avoii , dès le commen cément du siège , attaqué la place fort vigoureu sèment; mais le sieur d'Espenan s'étoit si bia défendu , et lui avoit tant tué de monde en plu sieurs sorties, et si bien gardé le fossé par iT hommes qu'il y avoii retranchés , iju'il n'avoit pr' été possible aux assiégeans d'y faire de descent

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»t que le sieur de Soion^ lieutenant dans re régiment, et neveu de Guitaut^, depuis itaine des gardes de la Reine, avoit quelque ps auparavant reçu un soufflet d'un de nos itaines très-brave, appelé du Tue 3, et avoit jiteété contraint par le maréchal de Schomberg s'accorder; mais n'étant pas content, il me , comme son intime ami, de le servir contre Tue, sitôt que nous ne serions plus sous la rge du Maréchal. Je le lui avois promis avec , et nous attendions la fin de la campagne r vider cette affaire, qui m'inçiuiéta fort dans :asion hasardeuse où nous étions, parce que toujours eu grande vénération pour la reli- 1, quoique grand pécheur. Je ne parlai pas imoins de mon embarras à mon ami, me entant de lui dire tout haut devant son eni , que dans la circonstance il ne falloit sonqu'à bien servir le Roi et le public.

otre bataillon étoit de huit cents bons solet de trente<in(j officiers, desquels on comda les deux capitaines, lieutenans et ensei- : de tour pour la garde de fatigue de se ' à la queue de la troupe pour empêcher que loldat se débandât. L'on détacha deux canes, deux Ueutenans et deux enseignes.

Ou Soyon. Quel lien de parenté avait-il avec mademoile Soyon, fille d'honneur de Madame, qui entra chez les élites pour échapper aux poursuites du duc d'Orléans, en après la disgrâce de Tabbé de la Rivière et eut part Nivemement de la petite cour du Luxembourg ? Mim. tdame de MottevilU.

François de Comminges, seigneur de Guitaut.

Roussel, qui le cite comme capitaine en 1636, yapde Tug.

garde d'empÈcher les ennemis de défaire les troupes qui auroient attaqué, et de se retirer ensuite sans risque, à cause de l'avantage des montagnes. Ayant communiqué ce projet au maréchal de Schomberg, au vicomte d'Arpajon, aux sieurs de Lecques et d'Argencouri , nous eûmes ordre de donner avec l'avant-garde , composée de six mille hommes. Nous choisîmes l'attaque du milieu, à la tenaille dont j'ai parlé, comme le point le plus périlleux et le plus utile à emporter.

Deux autres régimens furent chargés d'attaquer les lignes sur notre droite et notre gauche ; le régiment de Navailles et deux autres, le fort et les lignes près de l'étang; enfin le régiment de Languedoc avec encore deux autres, le fort et les lignes au pie de ta montagne près de Salces. Tous ces ordres furent donnés à une heure après midi. L'on fit avancer deux pièces de canon au milieu de la descente de la hauteur, pour tirer dans lalenaille.

Nous allâmes, le sieur d'Espanelle et moi, dire au maréchal de Schomberg que s'il vouloii faire descendre le canon au bas de la montagne, cela favoriseroit extrêmement notre attaque. ^ repartit avec un visage affligé du péril où l'o^ nous ailoit mettre inutilement, que ce n'étoit p l'intention du prince de Condé. Nous jugeân* alors qu'on ne vouloit hasarder que nous , et n solûmes de mourir de bonne grâce. Nous avioi,

firesque tous, le jour d'auparavant, fait ce qu es chrétiens ont accoutumé de faire quand w vont i des actions si périlleuses; mais j'avais ' dans l'esprit un scrupule qui m'embarrassoit :

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)s. Les autres régimens reçurent aussi un S>"and échec, et prirent tellement l'épouvante, Svi'ils firent demi-tour à droite, et regagnèrent *^ montagne, malgré les efforts des officiers, ^ont la plupart de ceux qui combattoient près de ^ctre régiment se vinrent mettre avec nous. Ce désordre ne nous empêcha point d'aller résolurent à la tenaille. En abordant le fossé, l'on ^ous fit une décharge de toutes les lignes , qui ^'étoient plus occupées que de nous. De cette ^Ive, du Tue, Piolens « etJourdon, capitaines, ftirent étendus morts sur le bord du fossé , de tnéme que du Parc*, major, un lieutenant et deux enseignes, Orgemont et Epeville, capitaines, hors de comoat, avec trois lieutenans; et moi j'eus dans le côté un coup de mousquet, dont la balle ayant emporté une grosse pièce du bois de ma pique , que je portois traînante le fer en avant, ce bois me donna dans le flanc avec tant de violence qu'il me fit une grande contusion et me renversa évanoui. Le reste des officiers et des soldats se jetèrent dans le fossé, où ils furent un peu plus à couvert du feu des Espagnols. Ils essayèrent de monter sur le retranchement. Toulongeon, lieutenant ?, s'y jeta, et fut

t I. Il étoit déjà capitaine en 1631. La Gazette le cite panni les morts de cette journée. Extraordinaire du 28 novembre 16^9.

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