‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle édChapitre 32 sur 150 · Le 28 septembre · texte numérisé non relu

Le 28 septembre

4. Henri de Lorraine, comte d'Harcourt, plus tard grand écuyer de France.

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les sieurs du Plessis-PrâHn * et de la Motte-Hoodancourt, aussi maréchaux de camp. Le derniff commandoit un corps à part des troupes quek duc de Longueviile avoit laissées.

A l'arrivée du comte de Harcourt , le sieur de la Motte n'ayant pas encore joiiit , il ne se trouva que trois mine hommes de pié et trois mille che vaux. Avec ce petit corps il s'alla poster à Quiers, à cinq milles de Turin, au-delà du P6 j tant pour y sulxsister, parce que c'est une assez grande vilk dans un bon pays, que pour incommoder te ennemis. Après y avoir été environ six semaines, le prince Thomas sortit de Turin avec six mille hommes de pié et douze cents chevaux, et marcha droit à Quiers, en même temps que le marquis de Léganès, gouverneur du Milanois pour le roi d'Espagne et général de ses armées en Italie, passant du Miknois dans le Montferrat, se porta aussi par cette direction sur Quiers avec quatorze mille honimes de pié et quatre mille chevaux. Le comte de Harcourt, informé de l'ajyproche des ennemis par ces deux points, sortit de C^ers, et voyant qu'il n'y avoit pas d'autre parti à prendre que d'aller au-devant du marquis de Léganès ou du prince Thomas, résolut de marcher au dernier, tant parce qu'il se trouvoît le plus foible, qu'à cause que c'étoit le chemin pour regagner Pignerol. Le Prince attendit les François, que le marquis suivit en queue ; mais ils tombèrent si brusquement sur l'armée du pre-

1 . césar de Cholseul , comte du Plessis-Praslin , maréchal de France en 164 j, duc et pair en novembre 1665. Il etoit alors maréchal de camp du 21 juin 16 J5.

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mier , qui étoit à la Rotta, qu'ils la défirent entièrement. Le Prince se sauva à Turin avec sa cavalerie. Plus de la moitié de son infanterie fut taillée en pièces, et le reste pris ou dispersé dans les collines ou les bois voisins du Pô. Le marquis de Léganès se contenta d'escarmoucher avec la queue des troupes du comte de Harcourt pendant ce combat , sans entreprendre de les enfoncer, ce qui fit croire, avec beaucoup d'apparence, qu'il avoit voulu laissé battre le prince Thomas, tant pour le contraindre par le mauvais état de ses affaires de remettre Turin entre les mains du roi d'Espagne , que par suite de la mauvaise intelligence que tout le monde savoit qui étoit entre eux , et qui , dans cette occasion comme dans les suivantes, procura bien de l'honneur au comte de Harcourt, lequel, après cette victoire, alla rafraichir ses troupes aux environs de Turin, sans que personne s'y opposât.

Le marauis de Léganès, sans s'inquiéter du Piémont, alla investir Casai , où il se hâta de faire une circonvallation. Le comte de Harcourt, trop foible pour secourir cette place, envoya donner avi$ à la Cour de l'état des choses; mais sur ces entrefaites le sieur de la Motte-Houdancourt le joignit, et il se trouva à la tête de cinq mille hommes de pié et de trois mille cinq cents chevaux, tous troupes d'élite. La Cour lui ayant laissé la liberté d'agir à son gré , il résolut d'aller attaquer les Espagnols, quoique de la moitié plus forts et bien retranchés, son humeur des plus hasardeuses ne lui permettant pas de balancer. Il marcha donc à Casai et attaqua les retranchemens. Son infanterie fut d'abord re-

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les Meurs du Plessis-PràUn ' et de la Mtrtle-HoBdancourt, aussi maréchaux de camp. Le dernier commandoit un corps il part des troupes que 1« duc de Longueville avoit laissées.

A l'arrivée du comte de Harcourt , le sieur de J la Motte n'ayant pas encore joint , il ne se Iroin que trois mille hommes de pié et trois mille cbè vaux. Avec ce petit corps il s'alla poster à Quien, à cinq milles de Turin , au-delà du P6 , tant pQ» y subsister, parce que c'est une assez grande vin dans un bon pays, que pour incommoder 1 ennemis. Après y avoir été environ six semaîneu le prince Triomas sortit de Turin avec six m'" hommes de pié et douze cents chevaux, et it ^ cha droit à Quiers, en même temps que le maV quis de Léganès, gouverneur du Milanoîs poÉ le roi d'Espagne et général de ses armées en Itii lie, passant du Milanois dans le Montferrat, et A porta aussi par cette direction sur Quiers avac I quatorze mille hommes de pié et quatre mille cbo-J vaux. Le comte de Harcourt, Informé de ['af' proche des ennemis par ces deux poîms, soill de Quiers, et voyant qu'il n'y avoit pas d'auol parti à prendre que d'aller au-devant du marq4 de Léganès ou du prince Thomas, résolut j" marcher au dernier, tant parce qu'il se trouvd le plus foible , qu'à cause que détoit le cherrt pour regagner Pignerol. Le Prince attendit tî François, quele marquis suivit en queue; maisfl tombèrent si brusquement sur l'armée du prtf

césar de Choiseul, comte du Plessis-PrasHn ,

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ens de guerre qu'en son armée. L'on se saisit 'abord a'un faubourg entre la place et le Pô , ensuite des Capucins, qui sont de l'autre côté de la rivière , sur un coteau où il 7 avoit deux petits forts qui commandoient le pont. L'on éleva la circonvallation, d'un bord du Pô^ près le Valentin, maison de plaisance de madame de Savoie; à l'autre, enceignant la ville et environ trois lieues de pays. Lorsque la circonvallation contre les secours fiit en défense, on en commença une autre contre les assiégés, à cause de leur grand nombre et de leurs fréquentes sorties , qui contraignoient nos troupes d'être toujours sous les armes.

Tandis que l'on y travailloit, le marquis de Léganès, ayant assemblé son armée, marcha vers Turin pour le secourir avant que les deux drconvallations fussent achevées. Lorsqu'il eut passé le Pô à Montcalier, le vicomte de Turenne alla avec une partie de la cavalerie et quelqu'infanterie , pour lui empêcher le passage d'une autre petite rivière » qm étoit entre son armée et les lignes. Il y eut un grand combat, où M. de Turenne fit merveilles et tua beaucoup de monde aux ennemis , jusqu'à ce qu'ayant reçu une mousquetade au travers du corps, il fiallut l'emporter, et ses troupes se retirèrent, laissant le passage libre aux Espagnols. Le marquis de Léganès se posta ensuite à la vue des lignes, où il resta un mois pour couper les vivres à notre armée , qui essuya de grandes nécessités.

I . La Sangone , qui se jette dans le Pô entre Turin et Montcalier.

uauptime pour auer passer le iviom-< delà de Briançon , et de-là par la val gelas à Pignérol , d'où , n'osant al Turin» à cause de Tarmée ennemi devant nous, nous gagnâmes Veill vicomte de Turenne, qui n'étoit pas e guéri de sa blessure, nous vint joii n'avions pas plus de trois cents cheva châmes fort serrés. Pendant ce temps .

de Léganès, n'osant venir à nous de { comte de Harcourt le suivant , il ne entre deux années, résolut d'attaque Il trouva moyen d'avertir le prince jour et de l'heure , et fit deux attaqu jour ' , l'une le long du Pô , vers l< près le quartier du comte de Harcoun il commanda lui-même les deux tiers mée ; l'autre à environ une lieue plus I de la plaine , sur le chemin de France . I de la Gatta , général de la cavsderie , duite de cette attaque, dirigée contre du sieur de la Motte , et formée par ( hommes de pié et quinze cents cheva

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cens de guerre qu'en son armée. L'on se saisit d'abord d'un fauDourg entre la place et le Pô, ensuite des Capucins, qui sont de l'autre côté de la rivière , sur un coteau où il y avoit deux petits forts qui commandoient le pont. L'on éleva la circonvallation, d'un bord du Pô, près le Valentin, maison de plaisance de madame de Savoie; â l'autre, enceignant la ville et environ trois lieues de pays. Lorsque la circonvallation contre les secours fut en défense, on en commença une autre contre les assiégés, à cause de leur grand nombre et de leurs fréquentes sorties, qui contraignoient nos troupes d'être toujours sous les armes.

Tandis que l'on y travailloit, le marquis de Léganès, ayant assemblé son armée, marcha vers Turin pour le secourir avant que les deux circonvallations fussent achevées. Lorsqu'il eut passé le Pô à Montcalier, le vicomte de Turenne alla avec une partie de la cavalerie et quelqu'infanterie , pour lui empêcher le passage d'une autre petite rivière ' qui étoit entre son armée et les lignes. Il y eut un grand combat, où M. de Turenne fit merveilles et tua beaucoup de monde aux ennemis, jusqu'à ce qu'ayant reçu une mous-, quetade au travers du corps, il fallut l'emporter, et ses troupes se retirèrent, laissant le passage liSre aux Espagnols. Le marquis de Léganès se posta ensuite à la vue des lignes, où il resta un mois pour couper les vivres à notre armée, qui essuya de grandes nécessités.

I . La Sangone , qui se jette dans le P6 entre Turin et Montcalier.

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Ce fut alors que l'on nous envoya ordre , dans le Vivarais , de marcher en diligence au camp devant Turin. Nous étions environ huit mille hommes de pié, qui traversèrent aussi-tôt le Dauphiné pour aller passer le Mont-Genève audelà de Briançon , et de-là par la vallée de Pragelas à Pignerol , d'où , n'osant aller droit à Turin, à cause de l'armée ennemie qui étoit devant nous, nous garâmes Veillane, où le vicomte de Turenne, qui n'étoit pas encore bien guéri de sa blessure, nous vint joindre. Nous n'avions pas plus de trois cents chevaux, et marchâmes fort serrés. Pendant ce temps, le marquis de Léganès, n'osant venir à nous de peur que, le comte de Harcourt le suivant, il ne se trouvât entre deux années, résolut d'attaquer les lignes. Il trouva moyen d'avertir le prince Thomas du jour et de l'heure, et fit deux attaques en plein jour I , l'une le long du Pô, vers le Valentin, près le quartier du comte de Harcourt, à laquelle il commanda lui-même les deux tiers de son armée ; l'autre à environ une lieue plus loin du côté delà plaine , sur le chemin de France. Don Charles de la Gatta, général de la cavalerie, eut la conduite de cette attaque, dirigée contre le quartier du sieur de la Motte , et formée par quatre mille hommes de pié et quinze cents cnevaux. Ces attaques commencèrent en même temps au signal de trois coups de canon. Le marquis de Léganès fut repoussé après un combat fort opiniâtre ; mais don Charles de la Gatta fit donner l'infanterie espagnole si hardiment que la nôtre lâcha le

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