Le 4 décembre
). Chef-lieu de canton dans Tarrondissement de Dieppe. Saint-Valery, situé sur les côtes de la Manche, entre Dieppe
l€2 M£«OTll£S I>£ CaAPIOIQ.
qn^ y avost oràrt mbl ^viDei A^Miétct tons les Fnoçoâ qra ûndroient dPlagVii m. Le Roi jyin iff oot cf fymipif*w*ff**^^*^ joDi oe leoir eft~ cure oiielqiies temps les cnléskondB tvjwbêêc^ pour snrc cnare ooe ce ^pa s^émt ftài pfiwiwit Il vie un cmfiBil stvot, été et mb par mcNH Tcoictt, ne oâgnaot rien ttnt, alors 4|rï se voyait Bare, ânon que Ton crte ip^ xrat été eoBveraé par m de ses sqett. Celte famaisiT' robfigei à tore le sévère enoore cndqaes mais amtre sonsendoienL De Saôtt-Vilerî k duc et Bcaofat vint seanèfemcnt à Anel, nuisoin de rbrisamcT du Doc, son pte, rà éloit b Docfaesse et le reste de sa nmôUe. On naos y fit teoir huit îcans cachés, pendant lesqnds on obtint dn Roi, avec assez de pdne, pennission pourhn de demeorer en Fiance dans sesnudsoBs; de sorte qœ noos commençJimes à nous divertir à Anet, en attendant qu'il pût aller à la Cour, ce qull eq)éroît incessamment.
Au commencement de 164^, le duc de Beaufort envoya le sieur de Vaumorin à la Cour pour négocier le retour du duc de Vendôme, son père, et son rétablissement auprès du Roi; mais voyant que Vaumorin n'acheminoit pas les choses avec la facilité qu'il espéroit, il se figura que c'étoit manque de prudence ou d'adresse, résolut de me substituer à lui, et me communiqua son dessein en termes tout-à-£adt obligeans. Je le remerciai de la bonne opinion qu'il a voit de moi, et lui dis que Vaumorin étant très-fi-
et Pécamp, étoit autrefois le siège d'une amirauté et d'un grenier à sel.
dèle, judicieux, et bien instruit de leurs desseins et de leurs intérêts, étoit plus capable que personne de Êdre réussir cette affaire ; qu'ainsi , le rappeler seroit lui faire injustice, et m'envoyer pour agir avec lui, ruiner les choses dont il étCMt chargé, sachant, par la connoissance que j'avois de l'humeur de Vaumorin , qu'encore qu^l fût rempli de zèle, il ne laisseroit pas, si on lui donnoit un compagnon, de songer plutôt à l'enipècher de réussir qu'à travailler au bien des affaires. Le Duc répondit que, nonobstant mes raisons, il étoit nécessaire que j'allasse à la Cour, et que sans dire à Vaumorin que j'eusse la même commission que lui , je m'adressasse au Père la Boulaye, dont j'ai déjà parlé, et qui, à sa prière, étoit venu du couvent de l'Oratoire de Vendôme, où il étoit supérieur, à celui de la rue Saint-Honoré à Paris, pour agir avec Vaumorin dans ce qui intéressoit la maison de Vendôme '. Il me remit une lettre pour ce Père, afin de l'obliger à travailler de concert avec moi, sans y appeler de tiers. Il me donna ensuite les instructions nécessaires pour négocier
I . Vaumorin et le Père la Boulaye ont été de toutes les affaires de la maison de Vendôme. Après l'arrestation du duc de Beaufbrt, un espion du cardinal Mazann écrivoit : « Il est très-vrai que le nommé Vaumorin et le Père Boullé ou Boullay sont perpétuellement à Paris pour faire le récit de ce qui se passe aux Coureurs ; » c'est-à-dire aux hommes que le duc de Vendôme envoyoit d'Anet pour apprendre des noureHes. Avis touchant l'affaire de M. de Beaufort. On Ut dans une lettre de Cangé^ autre espion, le 1 1 septembre 16x4 : ce Vaumorin, domestique du duc de Vendôme, voit la duchesse de Chevreuse à Tours. » Et plus bas : « La même route (par la Guyenne) a été prise par le sieur de Vaumorin qui partit de Vendôme dans les premiers jours d'août. »
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part do Doc. Je reparus (piH pooroit connaître, par la lettre qo^îl a^^oît entre les mains , que je ne le devois dire ^'à cdoi à qui elle s^adres- ^, mais que puisqa'îb étoient si ums qu'ils n'avoient rien ae caché Tun pour l'autre, je croyois qu'un tiers leur sennt unportun, et les engageroft peut-être à retarder les choses dont le Duc sounâtoit l'avancement; oue î'allois lui dire qu'il falloit les laisser a^r seuls ou les rapoelcr et en envoyer d'autres qui, sans leur concert, travaillassent à leur mode. Je voulus sortir en même temps; mais Vaumonn ine prenant à part , me représenta le tort que Im faisoit
,. H.-A. de uménic, comte de Bricnnc, mort en 1660.
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le Duc , d'en envoyer un autre à sa place, après les services qu'il avoit rendus à sa maison. Il ajouta qu^ se sentoit plus d'estime et d'amitié pour moi (^ue pour personne du monde , mais que je considérasse que si je prenois l'emploi qu'il avoit eu d'abord, l'on croiroit qu'il auroit fait quelque &ute honteuse, méritant un traitement si extraordinaire, et que si je voulois travailler avec le Père et lui, il seroit ravi d'une assistance si utile.
Je répondis à Vaumorin qu'il voyoit par la lettre du Duc au Père la Boulaye l'ordre que j'avois, et que puisque celui-ci, en le lui montrant, m'ôtoit les moyens de l'exécuter, je me retirois en l'assurant qu'il ne tiendroit pas à moi qu'il ne continuât sans trouble sa négociation. Je retournai donc à Anet , et dis au Duc ce qui s'étoit passé. Il en voulut toujours mal depuis au Père la Boulave; mais la crainte de fâcher le duc de Vendôme, qui avoit croyance entière en lui et en Vaumonn, fut cause qu'il n'osa les troubler dans leur emploi. J'ai rapporté ce qui m'arriva avec eux pour faire voir qu'il est dangereux à un prince a'employer plusieurs hommes égaux dans une même affaire, s'ils ne sont de profession différente ; car en ce cas la connoissance qu'ils ont que ce qui est propre à l'un ne l'est pas à l'autre les fait agir sans envie. Mon retour augmenta beaucoup la bonne volonté que le duc de Beaufort avoit pour moi, par la certitude qu'il eut que la crainte de nuire par ma présence à son rétablissement m'avoit fait quitter de moi-même une commission trèshonorable.
Peu de temps après, le duc de Mercœur eut
CàBFIOll.
Im Ftave vrecun
Fimitosé
^!QM\ ^ MRS ^ fai CQOBOBSBKe dcs «flEûres ^ :t^«;M<nie. «iit;aK Trifeîoie de se Toir délho^ 4^ >Nwiie ^U i i qjit fa it pbtAt comme son ^>nttK'<^»^iM^ ^ comme 3QB mmîstre, quil ne >cti|;5MÈ f^us ;pt'à cherdtar les mofciis d^ Cure la <M^>( . ^d^ >aiMi3i|Kr SMt peii^« Cl de ranettre h $^^^»*v^ ^ l'^àt fc ciaàjt où le rai Henri-levdr«tii ^ 9M 9^. F^evqit faiasée; mais je crois for t\M «eNtwBtt posqne cetoi qui, par sa tK»bk»i{e. ««^ CMse «t on moins soQffot tous iesmanx ^«voient jilB^b chrtfenté pendant soB règjK» eAt bi gloire ^ apporter les remèdes néccsnres, conme assm ém e nt 3 en avoit le demem. La jastke dhrine Touhit retrancher les jours à cdm qui aroit persécuté sa mère jusqu'à m mon. Le roi tomba mabde le Carême , d'une msisdie de langueur, accompagnée d'un flux
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hépatique qui le mincit peu à peu. Ses médecins en eurent très-mauvaise opinion dès le commencement, de sorte que tout le monde étoit en attente de ce grand changement.
Le Roi, après la mort du cardinal de Richelieu , se servit des mêmes ministres qu'il lui avoit donnés, et prit pour chef de son conseil, à sa place et à sa recommandation, le cardinal Mazarin, sa créature, homme qui s'étoit employé heureusement dans plusieurs grandes négociations , d'un esprit souple , accommodant , et toutà-fait propre pour le cabinet. Quoiqu'il fût Italien , le crédit de la France lui avoit procuré le cardinalat , et il y avoit si longtemps qu'il étoit à la Cour, qu'il la connoissoit panaitement. Il -savoit que la plupart des princes et des grands seigneurs avoient été persécutés par son prédécesseur, (^ui ne s'étoit maintenu que par la violence , et )ugea qu'un étranger comme lui , sans amis ni parens, devoit s'établir par d'autres voies. Il chercha à s'appuyer des plus considérables personnages du royaume, et comme il savoit que la maison de Vendôme avoit été la plus exposée à la persécution, il crut qu'elle lui seroit d'autant plus obligée s'il la relevoit. Il connoissoit outre cela que le duc de Beaufort étoit alors le prince le plus estimé du royaume pour son courage, son audace, et sur-tout sa probité, tant son voyage d'Angleterre, qu'il n'avoit fait que pour ne pas accuser ses amis, lui avoit acquis de réputation. *Il considéroit de plus que ni lui, ni le duc de Mercœur, son frère, n'étant mariés, il pourroit, en leur faisant épouser ses nièces, contracter une liaison sûre avec ces prin-
l68 MÉMOIRES. DE CAMPION.
ces , dont les ^nds biens et le crédit l'aideroient à se maintenir. Ces motifs le déterminèrent à tenter toutes sortes de moyens, et à faire des ouvertures très-avantageuses pour gagner la maison de Vendôme; mais le duc de Beaufon, dont Pesprit n'est pas capable de soutenir une bonne fortune, et encore moins de l'établir, voyant que toute la Cour avoit les yeux tournés sur lui, et se persuadant que la Reine, c^ui l'aimoit beaucoup alors, se gouvemeroit entièrement par ses conseils quand elle seroit maîtresse, se mit en l'esprit, persuadé outre cela par la duchesse de Montbason et par tous ceux ^ui avoient été ennemis du cardinal de Richelieu, de ruiner ses parents et ses créatures , qui composoient alors ce qu'il y avoit de puissant, dans l'État, s'imaginant qu'après la mort du Roi, qu'il regardoit comme très-prochaine, la seule affection de la Reine et l'aide des persécutés lui suffiroient pour en venir à bout. Ces pensées furent cause qu'après avoir refusé l'amitié du cardinal Mazarin, il se déclara hautement l'ennemi de tous ceux ui avoient tenu à son prédécesseur, ce qui renit tous les ministres ses ennemis. Le cardinal Mazarin, se voyant méprisé de la maison de Vendôme , se rallia à la cabale de celle de Richelieu ui , étant appuyée du prince de Condé et du uc d'Enghien, soÀ fils, qui avoit épousé sa nièce', ne se pouvoit perdre sans mettre l'État en grande confusion.
I. Claire-clémence de Maillé-Brézé , fille d'Urbain de Maillé-Brézé et de Nicole du Plessis-Richelieu , sœur du cardinal.
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t* toutes les puissances se trouvèrent contre » à la réserve de la Reine, près de laquelle commencèrent à chercher les moyens de le ^tre mal.
L.e cardinal, par son adresse et sa libéralité, gna d'abord plusieurs des femmes de cette ncesse , à laquelle elles dirent que le duc de •aufort, tout en tirant vanité d'être bien avec Majesté, ne se soucioit réellement que de îdame de Montbason, avec laquelle il avoit e intelligence si entière, qu'il ne s'attachoit 'à lui plaire et faisoît gloire de tout mépriser ur elle. Ces discours touchèrent sensiblement Reine, et quoiqu'ils ne lui ôtassent pas la contice qu'elle avoit au Duc , ils eurent assez de ce pour la préparer au dégoût qu'elle prit deis pour lui. Elle remarqua au'il faisoit trop le niher avec elle devant toute la Cour; même un itîn, qu'elle étoit dans le bain, et qu'il n'en- >ît nul homme dans sa chambre, nous étions ns la pièce précédente avec la plupart des sei- .eurs qui attendoient l'heure de la voir : le jc, devant tout le monde, s'approcha de la •rte de la chambre, que l'huissier entr'ouvrit, et t qu'on ne voyoit point la Reine; mais lui, le ►ussant, entra de force; action dont elle se fâa si fort, qu'elle le fit sortir avec des termes extrême colère. Je le vis revenir fort interdit, loiqu'il fit le railleur. La 'Reine savoit, outre :1a, qu'il ne bougeoit d'avec la duchesse de ombason , logée dans le château , ce qui ne lui aisoit nullement; enfin il sembloit qu'il prît à che de se perdre. L'applaudissement générai l'il avoit reçu avoit tellement augmenté sa
MSMOLRES DE. CaXPION. I
3anireile . ^ulî mécontentoh la plupart itW ses omis . sans qu'ils Le pussent avertir de toir '--^ jsa. ■ant ii se rêcrottde'ceuxquiavoienteufhl^^ Tiiîînr ng avec lui. Il s'assuroit tellement en h p;^ Eleine qu'il cro jœi n avoir besoin de Dersonne, r f et se âandoit sûr ce qu elle Lui avoit dit qu'efc F- Te vQuioit pœ qu'il eut d autre attachement q« r^ .e fies : mais il devait prévoir que, tout le wxà p butant à aire changer une femme qui reùtpeiit;!'^ être iài d'eile-méme, çauroit été un miracle à P /an l'es tut venu à bout. r
Trois semaines se passèrent de la sorte, pe^ v iant lesquelles le Roi ordonna qu'après sa moit V .3L Aeine auroit la garde de ses enfans, couver- , leroit l'^tac avec Le duc d'Orléans, le pnnce k .Zonde. le cardinal Mazarin. le chancelier -,1fi^ sieirs de Bouthillier ^ et de Chavi^, sans qoc Tui des sert çùt être diangé pendant La minorité iu A ji . et ::'je '.es choses se régleroient entre eux j jx riuraiite ces vcix. Le Roi mourut le . 4. mm , car de /.Aicensioa , auquel étoit mort Henr. I".'. son rère. rr^nte-trois ans aui^aravant. 5j :tiî fu: ;j rl^s c-:::stL":te e: Li plus cîirétienae iont -'aie eu: varier, e: Ton peut dire que S3 .nort a ew beaucoup plus illustre que sa \ie Le lencemaL-î. la Reine mena le nouveau ro -juis XIV à Fans, et ensuite au Parlement, oi elle r^t déclara Résente , avec pleine puissance: Jinsi. sTe que Louis'XIII avoit ordonné devini .::ut:Le. Le i-c ce Beautort la sen-it bien er c^t:e cccasicrt. de même que le duc de Ven-
^»îr-- N«!{îuier. -•hjncftier ec ;oî;. mort en :o': Vaut» .e Scucîiilier. Jur.a^Kîdaat des àiuaces
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iOur toutes les puissances se trouvèrent contre lui, à la réserve de la Reine, près de laquelle ils commencèrent à chercher les moyens de le mettre mal.
Le cardinal, par son adresse et sa libéralité, ga^a d'abord plusieurs des femmes de cette pnncesse , à laquelle elles dirent que le duc de Beaufort, tout en tirant vanité d'être bien avec Sa Majesté, ne se soucioît réellement que de madame de Montbason, avec laquelle il avoit une intelligence si entière, qu'il ne s'attachoit qu'à lui plaire et faisoit gloire de tout mépriser pour elle. Ces discours touchèrent sensiblement la Reine, et quoiqu'ils ne lui ôtassent pas la confiance qu'elle avoit au Duc , ils eurent assez de force pour la préparer au dégoût qu'elle prit depuis pour lui. Elle remarqua au'il faisoit trop le ramilier avec elle devant toute la Cour; même un matin, qu'elle étoit dans le bain, et qu'il n'entroit nui homme dans sa chambre , nous étions dans la pièce précédente avec la plupart des seigneurs qui attendoient l'heure de la voir : le Duc, devant tout le monde, s'approcha de la porte de la chambre, quel'huissier entr'ouvrit, et dit qu'on ne voyoit point la Reine; mais lui, le poussant, entra de force; action dont elle se fâcha si fort, qu'elle le fit sortir avec des termes d'extrême colère. Je le vis revenir fort interdit, quoiqu'il fit le railleur. La 'Reine savoit, outre cela, qu'il ne bougeoit d'avec la duchesse de Montbason , logée dans le château , ce qui ne lui plaisoit nullement; enfin il sembloit qu'il prît à tâche de se perdre. L'applaudissement général qu'il avoit reçu avoit tellement augmenté sa
174 MÉMOIRES DE CaMPION.
Roi et Tun des confidens du Duc, et par m»' frère, que la duchesse de Chevreuse, (^uirairai beaucoup ' , avoit donné quelques mois aupan- W- ^ vant à la Reine, après qu'il eut quitté le duc k F— "^ Vendôme, qui, pour cela, lui en voulut toujouis F't^ mal depuis, quoiqu'il y eût consenti. Us sop- f:«gèrent à se défaire du cardinal ; dessein premè- ^^ rement concerté entre les deux duchesses et la V-;-duc, qui le communiqua ensuite à Beaupuis eià F^ mon frère, lesquels Tapprouvèrent, le prercier ïj"^ croyant que c'étoit pour lui le chemin d'arriver à P^ ' de plus grandes charges, et mon frère y voyant V'^^ l'avantage de madame de Chevreuse , et par coiv- l séquent le sien. Ils demeurèrent d'accord qu'il v^ falloit me communiquer le projet , pour chercher r^ avec moi les moyens de l'exécuter ; ce que le duc l-de Beaufort fit, comme je le vais raconter avec toutes les circonstances de cette entreprise , qui
pris le titre de comte de Maillé après avoir épousé Margueriiî Hurault, fille de Philippe Hurault, comte de Chiverni et ce Limours, qui avoit eu les seigneuries de Maillé et de Rochecorbon pour les conventions de son premier mariage avec Guy de Laval, marquis de Nesle, comte de Joigny et àt Maillé, etc., gentilhomme de la chambre du roi et capitaine de cinquante hommes d'armes.
I. Voir la Lettre 54 d'Alexandre de Campion au comte de Soissons à la fm du volume.
Le cardinal Mazarin a écrit sur son 3e Carnet^ août 164? « Visita di Campion affettionatissimo di la dama. »
Et on lit dans une lettre du P. Carré, dominicain, de la fin de 1643 : « La nuit, MM. le prince de Guise et de Beaufort et Campion alloient chez madame de Chevreuse. Elle souvent quittoit ces deux princes et s'enfermoit en particulier avec Campion dans sa chambre. Souvent elle sortoit, la nuit à onze heures, en carrosse et alloit par la ville, accompagnée de CQ% princes et de Campion. » Madame de Chevreuse et ^hidame de Hautefort, par M. Cousin.
Année 164^. 173
dôme, son père, revenu à la Cour, comme tous les exilés, pendant la maladie du Roi.
La duchesse de Chevreuse ' revint aussi de Flandre. Comme ion ne Tavoit exilée qu'à cause de la Reine, ayant toujours été sa principale confidente, l'on croyoit qu'elle la gouvemeroit; mais la duchesse, pour avoir voulu demeurer unie avec le duc de Beaufort et ses anciens amis, se perdit avec eux; car le cardinal Mazarin avoit si bien su gagner la Reine par son adresse, que le lendemain qu'elle fut déclarée régente elle le nomma son premier ministre, et lui en bailla le brevet, sans en parler au duc de Beaufort ni à ses anciens confidens, lesquels jugèrent bien que c'étoit leur ruine ; mais il étoit trop tard pour y donner remède. Le Duc fut encore deux mois sans perdre espérance, pendant lesquels il vivoit avec la Reine d'une manière qui acnevoit de le ruiner auprès d'elle, témoignant trouver à redire à toutes ses actions , et lui baillant de continuelles attaques de son changement , d'autant qu'ayant toujours été dans ses intérêts et des mieux auprès d'elle, il ne le pouvoit supporter. A la fin, la duchesse de Chevreuse et lui se voyant entièrement décrédités par les mauvais offices du cardinal Mazarin, unique cause de leur malheur, ils conçurent contre lui la plus forte haine. Elle se trouva partagée par la duchesse de Montbason, le sieur de Beaupuis 3, guidon des gendarmes du
1 . Marie de Rohan-Montbazon , veuve du connétable de Luynes et femme de Claude de Lorraine, duc de Chevreuse.
2. Il étoit fiU unique du comte de Maillé, dira Campion un peu plus loin. Arnaud le Dangereux , seigneur de Beaupay, en Gascogne ou mieux peut-être en Languedoc , avoit
174 MÉMOIRES DE CaMPIÛN.
Roi et l'un des confidens du Duc, et par mon frère, que la duchesse de Chevreuse, q^uil'aimok beaucoup^, avoit donné quelques mois auparavant à la Reine , après qu'il eut quitté le duc de Vendôme, qui, pour cela, lui en voulut toujours mal depuis, quoiqu'il y eût consenti. Us songèrent à se défaire duxardinal; dessein premièrement concerté entre les dtm duchesses et le duc, qui le conimuniqua ensuite à Beaupuis et à mon frère, lesquels l'approuvèrent ^ le prediar croyant que c'étoit pour lui le chemfai d'arriver à de plus j^andes charges , et mon frère y voyant l'avantage de madame de Chevreiise , et par conr séquent le sien. Us demeurèrent d'accord qu'il felloit me communiquer le projet, pour chercher avec moi les moyens de l'exécuter; ce que le duc de Beaufort fit, comme je le vais raconter avec toutes les circonstances de cette entreprise , qui
pris le titre de comte de Maillé après avoir épousé Marguerite Hurault, fille de Philippe Hurault, comte Je Cbivemi et de Limours, qui avoit eu les seigneuries de Maillé et de Rochecorbon pour les conventions de son premier mariage avec Guy^ de Laval, marquis de Nesle, comte de Joigny et de Maillé, etc., gentilhomme de la chambre du roi et capitaine de cinquante hommes d'armes.
I. Voir la Lettre 54 d'Alexandre de Campion au comte de Soissons à la fm du volume.
. Le cardinal Mazarin a écrit sur son 3e Carnet, août 1643 : « Visita di Campion affettionatissimo di la dama. »
Et on lit dans une lettre du P. Carré , dominicain , de la fin de 164) : « La nuit, MM. le prince de Guise et de Beaufort et Campion alloient chez madame de Chevreuse. Elle souvent quittoit ces deux princes et s'enfermoit en particulier avec Gimplon dans sa chambre. Souvent elle sortoit, la nuit à onze heurei, en carrosse et alloit par la ville, accompagnée de cet prineei et de Campion. » Madame de chevreuse et ma-dame ie Hautefort, par M. Cousin.
Année 1643. 175
m'a causjé de si longues peines, quoique j'aie agi avec tant de sincérité et ae justice. Je crois néanmmns que le dessein du Duc ne venoit pas de son sentiment particulier, mais des persuasions des duchesses de Chevreuse et de Montbason, qui ayoient un entier pouvoir sur son esprit, et une haine irréconciliaole contre le cardinal. Ce qui me feit penser ainsi , c'est que pendant qu'il fiit dsms cette résolution, je remarquai toujours qu'il y avoit une répugnance intérieure qui, si je ne me trompe , étoit emportée par la parole qu'il pouvoit avoir donnée à ces dames.
Le duc de Beaufort ayant définitivement résolu avec le sieur de Beaupuis et mon frère d'ôter du monde le cardinal Mazarin, m'envoya quérir un matin de chez Prudhomme, baigneur, où il logeoit : c'étoit vers la fin du mois de juillet. L'étant venu trouver, il me tira à part et me dit que la connoissance qu'il avoit de mon afFection et de ma probité l'ooligeoit à me donner une preuve de son amitié, qui me feroit voir que )'étois dans sa dernière confiance. Je repartis en peu de mots, selon ma coutume', que de quelque nature que fût la chose qu'il avoit à me communiquer, il n'auroit jamais sujet de se repentir de s'être fié à moi. Il appela ensuite Beaupuis, qui étoit seul dans la chambre avec nous, mais un peu éloigné, et me dit en sa présence qu'il croyoit que j'avois remarqué que le cardmal Mazarin rétablissoit à la Cour et par tout le royaume la tyrannie du cardinal de Richelieu, avec plus d'autorité et de violence qu'il n'en avoit paru sous le gouvernement de celui-ci ; qu'ayant entièrement gagné l'esprit de la Reine,
176 MÉMOIRES DB CaMPIOM.
et mis toos les mini i tf c s à sa dévotion, 3 étok impossible d'arrêter ses mannrads desseins qu'en lui fttant la vie; que le bien pdriic l'ayant fût rte>udre i^ prendre cette voie, il m'en instniisoft, en me priant de l'assister de mes conseils et de ma personne dans l'exécution. Fort surpris d'un si étrange dessein, je repartis que, lorsque je m'étois attaché ^ sa fintune, j'avois résolu de la suivre dans tous les acddens qui lui poorroient arriver, et de ne le point abandonner, quelque parti qullpût fM'endiie; qu'en cdui-d, quekiu'uilustice qui m'v parût, je ne laîssennspas de lui faire vou* qu'il n'avoit pas mal placé son secret. Beaupuis prit alors la parole pour représenter avec chaleur les maux que la trop grande autorité du cardinal de Richelieu avoit causés à la France, et conclut en disant qu'il Êdloit prévenir de pareils inconvéniens avant que son successeur eût rendu les choses sans remècle. Je repartis que, quand même ce qu'il disoit des cruautés du feu cardinal seroit vrai , celui dont il s'agissoit avoit jusqu'à présent vécu avec tant de douceur qu'il talloit demeurer d'accord que, si nous le punissions, ce seroit des violences de son devancier, ou pour nous venger de ce qu'il étoit plus spirituel , plus politique et plus heureux que nous; que ces torts ne me sembloient pas mériter la mort, et qu'ainsi j'avouois nettement que je ne pouvois approuver la pensée qu'ils avoient de se rendre illustres par un assassinat; que je me croyois obligé de dire mes senûmens au Duc , pour après le servir avec fidélité et en homme d honneur. Mes raisons ébranlèrent ce prince au point qu'il me dit de voir mon frère.
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me résoudrois jamais à m'y trouver, tandis ^ s'il y étoit lui-même , je me tiendrois sans copule près sa personne, pour le défendre ^is les accidens c[ui pourroient arriver, mon ^ploi auprès de lui et mon affection m'y obliant également. Il m'accorda ces deux choses, L témoignant m'en estimer davantage , et ajouta l'il se trouveroit à l'exécution , afin de l'autoler par sa présence. Je ne fis donc plus de fficulté d'y être moi-même, avec les réserves le j'avois faites. Il communiqua encore son desin à deux de ses anciens et fidèles domestiles; l'un le sieur de Lié, capitaine de ses Lrdes, et l'autre le sieur de Brillet, son uyer ».
Nous demeurâmes tous- d'accord qu'il falloit endre le temps où le cardinal iroit par la ville ; le le duc de Beaufort, avec ceux qui lui seient nécessaires pour l'entreprise, feroit arrêr le carrosse et donner le coup de la mort à n ennemi. Il alloit alors si peu accompagné l'il ne menoit que quelques bénéficiers et cmq I six pages ou lacjuais ; de sorte que la chose iroit été facile, si le Duc, y devant être et étant pas de condition à attendre dans la rue 1 dans les logis voisins de celui du cardinal ns donner de soupçons, ne l'eût, par cette ison, rendue moins aisée. Il fut résolu, après ^oir bien raisonné sur ce sujet , que les sieurs î Lié et de Brillet, qui savoient le projet, et les
1 . On verra plus loin qu'ils sont nommés tous deux dans ; Carnets du cardinal Mazarin et dans les rapports de ses siens.
178 MÉMOtRES Dr GaMPIÛN.
croyoit capable de lui fiâre hâter Hezédutton àt cette honteuse entreprise. Gida me toucha fcuv tement, voyant bien qde tous, «nés efforts se** roient inutiles contre ces doux h<»nmes, et f&rn ticulièrement les dewcfeÉinies qui gouvemôient alors entièrement le premier. J'âois plus étonnf de mon frère que oes autres , M connoissant des mœurs douc^ et une assez grande bom»§ naturdOie. Je crus alors,, commcr j'ai toujours bit depuis, que la lon^e habitude qu'il avioit eue avec les factieux, pendant^u'il étoit atiprès 4u comte de Soissons, lui^aVoit, contre son pen* chant, inspiré le désir de voir toujours la Coiir et l'Etat en troubles : il a donné déjpùis plusieurs autres marques de cette ihcHnaftion, plutôt ac^ quise que naturelle.. Cependant mes raisons ébranlèrent de telle sorte le duc de Beaufort qu'il me dit qu'il voulbit avoir l'avis de c]piebues personnes. Je crois que c'étoit celui des^ deux duchesses. Il s'en alla faire sa conférence, après laquelle l'étant revenu chercher au même heu, je le trouvai si bien confirmé dans sa première résolution qu'il me dit le soir en présence de Beaupuis qu'il étoit décidé à exécuter promptement ce qu'il m'avoit communiqué, et qu'ainsi il me prioit de ne plus lui opposer de raisons, puisqu'elles seroient inutiles. Je répondis que , cela étant, je ne lui enparlerois plus, et leservirois à son gré, mais qu'avant d'aller plus loin, je lui demandois deux choses : l'une , ae ne pas mettre la main sur le cardinal, puisque je me tuerois plutôt moi-même que de faire une action de cette nature; l'autre, que s'il faisoit entreprendre l'exécution hors de sa présence, je
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s des cabarets proche le logis du carétoit à l'hôtel de Clèves, près le Louvre, ils attendroient de moi Pordre de ce DÎent à faire; que je serois toujours et avec le Prince , et que ceux qui sa-
dessein s'informeroient avec soin cardinal sortiroit, pour en avertir le n qu'on ajouteroit encore à ceux qu'on is mis dans la confidence , les sieurs jrt» et de Brassi, Picards, gens fort s et intimes amis de Lié. L'on convint rois à tous, de la part du Duc, que la princesse de Condé et madame de n, ayant, comme il étoit vrai, un lêlé 2, et la première annonçant qu'elle e affront à l'autre, le Duc vouloit tenir un nombre de gentilshommes, aux et pistolets, en lieu où il les pût îint nommé , pour s'opposer à ce des- Prince régla en outre avec Beaupuis,
et moi , que quand on en viendroit à n, il ordonneroit à Ganseville et à
faire arrêter le cocher du cardinal , et irt et à Avancourt d'aller chacun à une tt de le tuer, pendant que lui-même heval dans la rue avec Beaupuis , moi îs autres ci-dessus nommés autour de
m d' Avancourt ou Abancourt.
issoit de ces fameuses lettres de madame de Four marquis de Maulevricr que la duchesse de Monta un jour dans sa chambre où elle avoit reçu rsonnes de la cour, et qu'elle fit courir sous le duchesse de Longueville. On sait que cette per- :cita les plus vives susceptibilités de la princesse ut cause du duel de Coiigny et du duc de Guise.
l8o IHMOimiS DS CâMPIOM.
senn de GmefSeS de h Landes d'Hériamt, de PrénoittS de Ciné et de Rochette- Fresefière, tons donesâqnes de la maison de Vcndftme, qu^on vl^mvA point nos dans la confitoice, se mwiv e to ic B t tons ks jours dès ie
1. WïïmçBnétCmqmgjKf^ mm et Camélias. Nonsapprenon par TAwis twmUawi tâ§Êin àtM. àt Bau^i^n qne sa dencHre^ « OBC saçk ■HÔsoB , » éloit sitoée dan» le YÎllase de Tané <mi Tanaj^ aa imuTM aM O Mane de Chapeilcsles-Onnidi, ci<iimi de DiqîIBl, awoBdi iigiutm de Bernay. Le cuémA de Rcta k dk cb i6|6 ècDjer et a i6$ i fie»« teBaat des gadesdadac deBeanlnt.
Est-ce son fih^in^IMMsa me CaoïpMo? Uenste dans les ■nnies da BQianMd*AaAefille-1a-Ca]iipagiie, soas U da^ 24 dèoenbre 1671 , mm acte par leqwl Nicolas de Campion, srign e T de MaiitpoiflM,aQiiMpoiiyoir de le représenter dau k OMBeO de amlfedes^eifinits oùnenn de dame Louiae de Campioii, ^reove de mesare Pierre de Canqnigny, en son Tirant seignenr de Ganseville; des lettres patentes an roi du 28 ianrîer 1670 acaNdantàlaifiie dame la garde noUe de ses enfuds. L'acte est passé devant les ubeUions de Becthomas.
2. Gaston de Bonnechose de la Londe, sieur de Tannay. Il avott sa maison dans le village de Saint-Jeao-du-ThenneT, paroisse d'Orbec {Am toucluuit Vaffain de M. de Bea^rVij aujourd'hui commune et canton d'Orbec , arrondissement de lizieux. On lit dans le même Avis : « Nous apprenons que la Londe a dit que l'heure n'ètoit pas venue qu'il devoit faire un coup et qu'après cela c'ètoit le mojtn de sortir de toutes affaires et d'avoir par force la femme qu'il n'a pu avoir de bon gré. p
La Lonae se distingua à la bataille de Lens, le 19 août 1648. Il étoit attaché en qualité de volonuire à l'aile gauche de l'armée que commandoit le maréchal de Gramont. Gazette, extraord. du 26 août. On le trouve en 1652 lieutenant des chevau-légers d'ordonnance du duc d'Orléans, et il fut tué, la même année, au siège d'Étampes.
3. Capitaine dans le régiment de Vitry ; il fiit blessé en 1637 à la prise du fort de Sainte-Mar^erite. En 16^4, il commanda le résiment de la Reine au siège de Gravelines : <f Le 2) juillet, Te sieur de Prémont, commandant le régiment de la Reine, fut blessé d'une mousquetade, cette même nuit. » Gazette du )o juillet.
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matin dans des cabarets proche le logis du cardinal, qui étoit à l'hôtel de Clèves, près le Louvre, et que là ils attendroient de moi l'ordre de ce qu'ils auroient à faire; que je serois toujours et Beaupuis avec le Prince , et que ceux qui savoient le dessein s'informeroient avec soin quand le cardinal sortiroit, pour en avertir le Duc; enfin qu'on ajouteroit encore à ceux qu'on n'avoit pas mis dans la confidence, les sieurs d'Avancourt» et de Brassi, Picards, gens fort déterminés et intimes amis de Lié. L'on convint que je dirois à tous, de la part du Duc, que madame la princesse de Condé et madame de Montbason, ayant, comme il étoit vrai, un grand démêlé *, et la première annonçant qu'elle reroit faire affront à l'autre, le Duc vouloit toujours tenir un nombre de gentilshommes, avec chevaux et pistolets, en lieu où il les pût avoir à point nommé , pour s'opposer à ce dessein. Le Prince régla en outre avec Beaupuis, mon frère et moi , que quand on en viendroit à l'exécution, il ordonneroit à Ganseville et à Brillet de faire arrêter le cocher du cardinal, et à Héricourt et à Avancourt d'aller chacun à une portière et de le tuer, pendant que lui-même seroit à cheval dans la rue avec Beaupuis, moi et tous les autres ci-dessus nommés autour de