‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle édChapitre 43 sur 150 · C'étoit un cabaret · texte numérisé non relu

C'étoit un cabaret

2. On lit dans le troisième Carnet du cardinal Mazarin : « M. de Bellegarde m'a dit avoir su que si, en revenant de Maisons, je n'avois pas été dans le carrosse de S. A. R.,

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puis exprimer, et i'idkû représenta' au duc de

river; pus il me dit qu'il penseroit à mes réfleuons, mais qu'il en vouloit conférer avec quelques personnes qu'il ne me nomma point, et au'apr& il me communiqueroit sa dernière résolution. Je crois qu'il alla trouver les duchesses de Chevreuse et de Montbason, qui assurément lui avoient mis cette entreprise en l'esprit, et qu'elles le réprimandèrent de ce qu'à tardoit tant à &ire ce qu'il leur avcnt promis: car il revint si animé contre le cardinal, qu'il me déclara qu'il ne pouvoit plus attendre, et que , puisque de jour il se rencontroit toujours des obstacles, il étdt résolu d'exécuter le coup de nuit; que le cardinal alloit tous les soirs au Louvre, qu'il le Moit attaquer au retour, avoir des chevaux prêts dans quelque hôtellerie voisine, et que quand le ministre seroit chez le Roi, il s'y tiendroit aussi avec Beaupuis et moi, et que sitôt qu'il sortiroit, nous nous avancerions pour faire venir les autres, qui, en attendant, se tiendroient à cheval sur le quai, le long de la rivière et tout auprès du Louvre : que ceui se pouvoit la nuit sans soupçon ' ; que tout ce que

Tassassinat de Beaufort contre moi aurait été exécuté. » Et encore : ttPlessis Besançon a dit qu'autour de rnôtel de Vendôme, il y avoit plus de Quarante personnes annéa. » . I . « Comme nous parlions ae l'affaire , le sieur Du Buisson de Bemay nous dit ^ull savott de bonne part que la supposition ae Tentreprise étoit que Ganseville, avec un autre que je crois se nommer Giquet, tous deux appartenant i

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l'on avoit à craindre étant les gardes qui s'opposeroient peut-être à l'entreprise , qui ne pouvoir s'exécuter qu'en leur présence , à cause du peu de distance du logis du cardinal au Louvre, il se résolvoit à mettre dans sa confidence le sieur des Essarts', capitaine au régiment des Gardes, et absolument à lui, afin de choisir le jour de sa garde, et de le prier de commander à ses soldats que, quoi qu'ils vissent faire, ils ne s'en mêlassent point, et ne songeassent qu'à garder le Roi. Je ne pus ôter ce dessein au Duc,

M. de Beaufort, avoient exprès feint une querelle , pourquoi ils montèrent à cheval de grand matin ; et en même temps tous ceux de la maison en firent de même , feignant de les chercher pour trouver l'occasion de rencontrer Son Éminence, et pour ce sujet passèrent plus de dix fois dans la rue où demeuroit mondit seigneur. » Avis touchant l'affaire de M. de Beaufort. « Le comte d'Orval a dit çiue ses gens , trois ou quatre jours durant, avoient vu quinze ou vingt hommes armés de pistolets entre l'hôtel de Créquy et le sien, de sorte (fat l'aurois été pris au milieu. » Troisième Carnet de Mazann.

I . « Nous avons vu très-assurément cjue les nommés Beauregard, Brillet, Fouqueret et GanseviUe y étoient (à Anet), et vu Brillet, avec le baron Desessart, monter à cheval avec pistolets et fusil , étant à la chasse au chien couchant , d'où ils retournèrent à deux heures de là , et n'allant qu'à un quart de lieue d'Anet. Le baron Desessart l'a quitté six jours par mécontentement de l'avoir reÂisé d'un cheval de M. de Beaufort. » Avis touchant l'affaire de M. de Beaufort,

Des Essarts étoit de la branche de Lignières et de Maigneux. Lieutenant aux gardes en 1638, il se distingua dans le combat du 25 juin devant Saint-Omer. Il fut tué au siège de La Motte en 1645. « Le 18 juin, ceux de la ville tirèrent une volée de canon sur le régiment des gardes, à la tète duquel étoit le sieur des Essarts, qui le commandoit,... du-

Suel coup il fut tué sur son cheval. » Gazette, extraordinaire u 24 jutn.

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qui paria à des Essarts, leqod lui pronût tout ce qu'il voulut. Les ordres se dcmnèrent pour quand il seroit de f^ccàt. Je mourois de peur

3ue Ton ne fit de nuit ce que l'on avoit manqué e jour; mais il arriva, heureusement pour le cardinal, que ce soir-là des Essarts devoit être au poste derrière le Louvre, et la compagniecoloneUe devant. Cela pensa désespérer le Duc; néanmoins madame de Chevreuse, Beaupiûs et

l'mtmie ami de la duchesse et pas trop satisrait de la Cour, ne feroit pas de difficulté, sans entrer plus avant dans l'affaire, de commander au premier sergent de la coloneUe que. Quelque oruit qui smvtnt, il empêchât les soloats de prendre parti pour personne, et leur fit seulement ffrder la porte du Louvre.

Cet expédient fut trouvé si bon que la duchesse de Chevreuse parla le jour même au duc d'Epemon, qui, je pense, se douta bien , par la connoissance qu'il avoit des affaires, de ce que cela signifioit, à moins que la duchesse ne le lui dit, comme il y a plus d'apparence, par l'amitié qui étoit entre eux. Quoi qu'il en soit, le Duc promit ce qu'elle désiroit. Je ne sais s'il lui tint parole; mais je suis bien assuré que ce soir-là, tous ceux qui étoient des assemblées étant venus avec moi aux deux Anges , sur le quai près du Louvre, il se trouva force gens qui nous observèrent, quoique ce f(it un heu où l'on ne se dût pas étonner ae voir des chevaux, sur-tout n'y en ayant que huit ou dix. Cela se dit néanmoins chez la Reine comme une chose extraor-

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dinaire < ; mais ce qui fait mieux voir que le cardinal étoit averti, est qu'il ne vint point au Louvre comme il avoit accoutumé, et que Pon dit tout haut qu'il s'agissoit d'une entreprise sur sa personne. Cela me fait tenir pour assuré, ne pouvant en soupçonner d'autres, (et paroissant assez par la suite des choses que le cardinal n'a jamais su les circonstances du complot, ni ceux qui en savoient le fond et qui y étoient employés), que le duc d'Epemon, qui n'avoit appris qu'en gros le dessein du duc de Beaufort, et i^orant ceux en qui il se confioit pour cette affaire , rapporta seulement au cardinal la proposition de madame de Chevreuse et ce qu'elle lui avoit appris, ce qui engagea le ministre à faire épier ce qui se passoit à Pnôtel de Vendôme, et à ne bouger de chez lui. Une autre raison qui me fait tenir cette opinion pour infaillible, est que le duc d'Epemon, qui alors n'étoit pas bien avec le cardinal, a depuis été tellement bien uni avec lui, que ce ministre a mieux aimé que la Guienne se révoltât que de lui en ôter le gouvernement, comme tout le conseil le vouloit, jusqu'à ce que M. d'Epemon lui-même, quand les choses ont été à l'extrémité, a demanaé ce changement pour son intérêt et sa sûreté >. De

1. « L'Argentière rencontra Beaufort et Beaupuy qui ren^ troient au Louvre, d'où le premier étoit parti au moment oà la reine s'étoit retirée dans son oratoire ; l'Argentiére lui dit : Mon maître , il faut qu'il y ait quelque querelle ; car j'ai rencontré quinze ou vingt gentilshommes à cheval , bien montés, avec des pistolets. » Beaufort répondit : « Que veux-tu que j'y fasse P » Troisième Carnet dt Mazarin.

2. Le duc d'Epemon céda en 16^1 son gouvernement au prince de Condé, qui lui céda le gouvernement de Bourgogne .

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plus, Paffadre» qm avoit duré deux, mois sans qœ l'on en eût rien soupçonné, fiit divukuée deux ou trois heures après que l'on en ewt p^rlé â M. d'Epemon.

Quoi qu'il en sent de mes conjectures , l'on dit hautement à la Cour que le duc de Beai^rt avoit voulu tuer le Cardinal; et il persévéra toujours dans la même pensée, quoique je lui conseillasse d'aller faire un tour à la campagne. Le lendonain il ne laissa pas de se montrer au Louvre, et de se trouver ensuite à une colbtion que faisoit la Reine au bois de Vincennes, chez M. de Chavi^ K Je ne le vis point ce joupjà, à cause ^ue )e le passai avec une fille trésniche que j'étois près d'épouser. Le soir je l'entretins long-4emps, sans lui pouvoir persuader de se retirer. Il me dit que le bruit commençoit à s'appaiser, et qu'il espéroit dans peu exécuter son dessein. Je le laissai dans cette idée et ne le vis point depuis ; car la reine ayant assemblé le duc d'Orléans, le prince de Condé et tous les ministres, leur apprit les soupçons qu'il y avoit contre le duc de Beaufort, lesquels furent trouvés si graves, qu'ils opinèrent tous d'une voix qu'il le falloit arrêter^ tant pour juger si l'accusation étoit bien fondée, que pour la haine qu'ils avoient contre lui. Cela étant résolu et les ordres donnés en conséquence, le Duc alla seul au Louvre le soir d'après celui où je lui parlai, quoique la plupart de ses amis l'eussent averti de prendre garde à lui. Là il fut arrêté > par le sieur de

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